TITRE V
Des droits d'u8ae:e
s indigènes continueront à exei'cer, dans les endant du domaine de la colonie, les droits actuellement... suivant les conditions dans ent s'exercer.
HTRE VI
:8 et expropriations pour oanse d*utilitè publique.
TITRE VII station et de la poursuite det délits.
TITRE VIII des fordts et des peines applicables.
TITRE IX rexéoutlon des jugements
rbres utilisés pour leur bois (/ans la région a-Betanimena. — Nous croyons utile de
Iài6 CHAPITRE XII. — B0I8 Dtê COLONIES FRANÇAISES
donner ici l'analyse d'un travail réoent se rapportant, partiellement, à la question qui nous occupe (1).
Le pays des Betsimisaraka est constitué par la rég^ion comprise dans l'immense quadrilatère dont les deux grands côtés sont : à TEst la côte de Tocéan Indien, de la baie d'Antongile à Mananjary, à TOuest Taréte Est du bassin du Mangoro et enfin les montagnes difficiles et boisées du pays Tanala.
Cette région présente le plus grand intérêt au point de vue de la colonisation ; toutes les voies de communication reliant Tananarive à la partie centrale de la côte Est, la traversant. Déjà la route carrossable de Tamatave à Tananarive par Mohatsara est à peu près achevée. D'autres voies sont en train d'être créées.
Autrefois la forêt allait jusqu'à la mer, elle a dû reculer à rOuest devant les incendies périodiques et elle devient de plus en plus serrée au fur et à mesure qu'on gagne les montagnes de l'intérieur, où l'on trouve la grande forêt (Ala^Be),
Cette partie boisée de la région moyenne est distincte de la grande forêt qui borne l'Emyrue. Elle en constitue le contrefort vers l'Est. On y trouve de nombreuses essences précieuses. Les bois durs ; ébènes, acajous et palissandres y sont abondants.
ÏSHazomainty (ébénier), \ Hindramena (bois de rose) appelé aussi Hazonandriana, le Savoka ou Voamboana (palissandre), le Rotra (acajou) et divers autres bois durs y sont communs. Les arbres à résine : Kijy, Ramy, Vintanina, Angivolo, Harongana ; les arbres à latex, Hazondrano, Lalotona, Tsibona, Tsiramramy et diverses autres essences y sont également abondantes.
Un fait caractéristique des arbres de la forêt de ces régions est que leur tronc s'accroît beaucoup en hauteur, pour gagner la lumière, tandis qu'il conserve un faible diamètre. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de voir des arbres ayant plus de 30 mètres de hauteur et seulement 50 centimètres de diamètre,
Les bois sont presque toujours durs ; leur couleur varie du
(t) M. le capitaine E. Jeannot. a (.es productions végétales delà région des Betsimisaraka-Belanimena », Revue des culfura coloniales, Paris,
HAbiG&SCAR lS4f
tau blanc pur, ou bien ils sont bruns ou rouges, ombreuses variétés d'ébènes, il n'ast pas rara de uches de bois parfaitement blanc entourant plus régulièrâinent un cœur du plus beau noir. Un ter est que les arbres h latex fournissent généra* )oi8 blanc et tendre, comme par exemple l'Hazonlalotona, le Kangnhuzo du Tsimramy, etc. ;osvE?iANT A l'ébénisterie, Uazonandriana Hitsiky ies). — Sorte de bois rose fréquent dans les forêts 1 moyenne. Bois brun ou noirâtre, dur, excellent ricatioD des meubles peu volumineux.
nty (littéralement : bois noir). — Sous ce nom les nglobent plusieurs variétés d'ébène dont la ooulu noir parfait au noir vei-dAtre. Une variété est Le bois est dur, lourd, mais souvent cassant. Composées), Vernonia merana. — Bois noir, très I sous le nom de bois de fer. Sert à faire des les ustensiles exigeant un bois de grande dureté. (Légumineuses), Afzelia bijuga. — C'est une >ène. La couleur noiro du cœur tranche nettement eur claire de l'aubier.
~- Bois noir, d'un beau grain, très dur. yrtacées), £i/jffnifl? — C'est une aorte d'acajou. Il atdans )a région moyenne où it atteint de fortes . Bois dur, brun ou jeaun&tre.
I. — Bois dur, rougeâfre, souvent veiné de noir. ma (Ijégumineuses), Dalhergia Barani. — C'est e palissandre. Le cœur du bois est brun clair et
I (Légumineuses), Neobaronia phyllanlhaides. ^- 'une belle couleur rougeAtre ou bien noir. >E coNSTaucTiDH (maîsons, meubles grossiers, piro- — Nato (Sapotacées). Arbre & latex peu abondant, âtre, moyennement dur. Planches et membrures
i (Sapotacées), — Arbre habitant au bord des eaux Latex peu abondant. Bois rouge&tre et résistant, de bateaux. Construction des maisons.
. — Bois dur, grisAtre. Constructions.
!. — Arbre & oléo-résinc. Bois rougeAtre ou jau-
nfttre, moyennement dur. Constructions, planches, pagaies.
Tandroroho (Légumineuses), Hymensea verrucosa. — C'est Tarbre produisant la gomme copale. Bois résistant, rougeàtre, souvent violacé au cœur. Constructions, membrures de bateaux, manches d'outils.
Vintanina {Calophyllum spurium). — Arbre produisant une sorte de résine ; employé pour la construction des pirogues.
Lalona^ espèce de Weinmannia. — Bois blanc, assez résistant, mais pourrissant dans la terre.
Varongy (Lauracées), Ocoiea trichophlebia, — Bois blanchâtre de peu de dureté.
Bemafaitra. — Bois blanc, très léger, servant à faire des « lièges » pour soutenir les filets sur Teau.
Filao (Casuarinées), Casuarina equisetifolia. — Arbre très abondant dans la zone sablonneuse du littoral. Il croit jusqu'au bord même de la mer. Bois dur, jaunâtre, employé principalement pour faire des charpentes.
Lalotona. — Arbre à latex. Bois blanc, peu résistant.
Tsiramramy, — Arbre à latex. Bois blanc. Constructions.
Hazondrano. — Arbre à caoutchouc. Bois blanc, léger.
Kiji (Tamarindtis indica ?) — Arbre à résine. Bois jaunâtre, atteignant de fortes dimensions. Constructions, pirogues.
Raphia {Raphia Ruffia). — Beau palmier très abondant dans les marais et dont on extrait une fibre, objet d'un important commerce d'exportation. La côte des feuilles sert à faire les parois et même certaines parties des charpentes des cases indigènes ; elles peuvent atteindre 10 mètres de longueur.
Ravenala (Musacées), Ravenala madagascariensis. — Arbre du voyageur. Abonde sur le versant des collines. Les pétioles des feuilles engainent les uns dans les autres, ce qui donne à l'arbre l'aspect très caractéristique d'un immense éventail. La tige présente extérieurement un cylindre fibreux et dur, et intérieurement une partie tendre peu résistante. Ces deux parties peuvent être facilement séparées. Le cylindre externe, développé horizontalement suivant une génératrice, constitue le plancher des cases Betsimisaraka (rapaka); les feuilles sont employées à la confection des toitures [ravinpotsy) et les côtes à faire les parois des cases.
Volo (Graminées), bambou. — Le bambou est très abondant dans la région moyenne. Il ne dépasse pas ordinairement la grosseur de la cuisse. On l'emploie à des usages multiples : instruments de musique {Valiha)^ récipients pour l'eau, palissades de clôtures, ustensiles de ménage, parois des cases. Pour ce dernier usage, le bambou est fendu et aplati. Les différentes parties, ainsi préparées, sont assemblées en clayonnage serré.
Le bambou sert aussi au transport des fardeaux.
Exploitation des bois. Conditions d'établissement d'une scierie mécanique, — Jusqu'à présent les bois de la région n'ont guère été débités que par les indigènes, à la hache ou à la scie de long Quelques colons ayant obtenu des concessions forestières font également usage de cet outillage primitif. Il y aurait lieu de recourir à des procédés plus perfectionnés pour obtenir un rendement rémunérateur.
Le succès d'une telle entreprise dépend naturellement des conditions d'écoulement des produits. Voyons ce qu'elles sont :
A. Ëcoulement des bois débités.
Une scierie devra être installée à proximité des débouchés et reliée aux centres de consommation par des voies commo* des et peu onéreuses.
Cet emplacement pourra être choisi près d'une forêt et à proximité :
1^ Soit de la ligne des lagunes qui offre une voie fluviale presque ininterrompue parallèlement à la c6te ;
2* Soit d'une artère fluviale de Tintérieur ;
3* Soit enfin de la route carrossable Andévorante-Tananarive.
Les débouchés actuels sont les villes de la côte et les chantiers de la voie ferrée.
B. Production et exploitation.
La production dépend :
1® De l'abondance de la matière première ;
2^ De la machinerie adoptée et de son installation ;
3* De la main-d'œuvre.
Le bois est peu abondant dans la zone littorale et au contraire la forêt devient dense dans la zone montagneuse. De plus, les bois y sont plus beaux et sains. C'est donc là, à
proximité d'Uû fleuve ou d*une route qu'où devra installer la scierie.
Le matériel comprendra, uu moteur, des machines-outils, des outils de réparation et divers accessoires. Ce matériel devra être mobile^ facilement démontable et montable, pour être transporté facilemeut sur de nouveaux emplacements. Les chutes d'eau qu'on a pensé utiliser à Madagascar, comme force motrice, ne répondant pas à cette nécessité d'une facile mobilité, il faudra préférer le moteur à vapeur.
Voici, d après un industriel compétent, ce que pourrait Comprendre une installation, répondant aux desiderata ci-'dcssus exposés :
1*^ Moteur, type Weyher et Richemond^ force 20 à 25 chevaux. Ces machines sont fixées sur roues ; leur foyer est disposé pour brûler la sciure de bois et les copeaux. Le prix en est d'environ 10.000 francs»
2° Les machines-outils suivantes : Une scie verticale alternative ; deux scies circulaires; une scie à ruban; un outillagpe de rechange, un outillage accessoire et un outillage de réparation.
Total maximum des machines-outils et accessoires, 10.000 francs.
Total général du matériel, environ 20.000 francs.
Dans cette somme ne sont compris ni les frais de transport, ni ceux d'installation.
Comme personnel, cette scierie exigerait : Un chauflfeurmécanicien, un chef de chantier, six ouvriers scieurs (Européens ou créoles), trente ouvriers bûcherons (Betsimisaraka).
Les Betsimisaraka excellent à travailler le bois à la hache et aiment ce genre de travail. Ils seraient employés à abattre et transporter le bois à la scierie.
Une scierie ainsi installée serait en mesure de produire 200 traverses de chemins de fer par jour, aux dimensions 2 m. 60 X 0 m. 25 X 0 m. 15, soit sensiblement 20 m» de bois débité (1).
(t) Dans ce mémoire, M. le capitaine )i). Jeannot passe ensuite en revue : Les arbres à gomme el à résine ; Les arbres "^l lianes à latex ; Les végétaux textiles, etc.
-tJ
LA RÉUNiON
Mi. La Bèuiiioii (1). — I. Supëhficië des forêts. -^ Il est impossible de dire avec certitude quelle est encore actuellement la superficie boisée de Tlle de la Réunion. La propriété foncière n'y est pas cadastrée. Sous le bénéfice d'une grande incertitude, il n'est pas exagéré de dire que les bois et forêts recouvrent encore actuellement plus du tiers de la superficie totale de l'Ue, se répartissant, approximativement par moitié, entre le Domaine et les particuliers.
Les forêts des particuliers recouvrent les parties supérieures des pentes douces. Elles sont généralement comprises entre les altitudes de 400 à 1.200 mètres. Récemment, des forêts artificielles très importantes ont été créées par des particuliers dans les plaines basses du littoral. Ces dernières tendent à prendre de plus en plus dlmportance pour servir à la création de vanilleries sous bois.
Les forêts domaniales s'étendent :
1^ Sur les hauts plateaux de l'intérieur de TUe, situés au delà de la ligne dite du sommet des montagnes, attribuée comme limite supérieure aux concessions originaires faites dans la colonie ;
V Sur les pentes d'encaissement des torrents qui ont servi de bornes à ces mêmes concessions ;
3*^ Sur les pentes d'encaissement des cirques de Tintérieur de rile, et sur quelques plateaux, situés au fond de ces cirques, qui n'ont pas été concédés ou envahis.
Elles comprennent enfin, sur le littoral, là zone dite des pas géométriques, partout où celle-ci n'a pas été louée, et quelques plaines de sable ou savannes rachetées et reboisées par la colonie pour cause d'utilité publique.
11. Constitution des forêts particulières et domaniales. — Si la superficie boisée de la colonie est encore assez grande, il n'en est malheureusement pas de même de sa richesse actuelle en matériel ligneux. Cette richesse a été considérable lors de la première colonisation de Tile. Les forêts, qui la
(i) Etude emprunlée à la « Noticesur la Rèuniouy rédigée sous la direciioD de M. Â. G. Garsaull» commissaire de la Réunion à l'Exposition universelle de 1900 ». Paris, librairie africaine et coloniale, J. André, éditeur, i900.
Cette notice est rédigée par M. G. Kerourio, chef du service des eaux et forêts de la Réunion»
recouvraient alors entièrement, étaient constituées par des peuplements de très grande valeur, composés d'essences pour la plupart spéciales à la colonie.
Un étage dominant était formé d'essences de haute futaie atteignant de très grandes dimensions. C'étaient, suivant les lieux :
Des petits nattes {Mimiisops calophylloïdes).
Des grands nattes (Mimusops imbricarià).
Des bois puants {Fœtidia mauritianà).
Des benjoins {Terminalia benzoin).
Des tacamacas {Calophylhtm tacamahaca).
Dubois de bassin {Lomalium paniculatttm).
Des bois rouges {Elseodendron orientale).
Des bois jaunes {Ochrosia borbonica).
Des bois noirs des hauts {Diospyros melanida).
Des bois de cannelle (Ocotea cupularis).
Des bois de cœur bleu (Linociera cyanocarpa).
Des tans rouges {Weinmannia tinctoria).
Des péchera marrons {Securiiiega durissima).
Au-dessous d'elles, un sous-étage très dense était formé d'arbres de second ordre, atteignant des dimensions beaucoup moindres ; c'étaient suivant les altitudes :
,.,,.. / Olealancea.
^^ \ Olea chrysophylla.
Des bois maigres [Nuscia veriicillata).
( Eugenia cymosa.
. . , \ Eugenia glomerata.
Des bois de pomme < e, - - l j-
^ ^ Eugenia ricnaraiana.
Eugenia pan iculata .
^ , . - , « \ Eugenia cotinifolia.
Des bois de nèfle < ^^ l- i »
I Eugenia oroiculata.
Des bois de judas [Cossiquiapinnata).
Des bois de gaulette (Cupœnia lavis).
Des bois de gaïac {Apodytes Frappieri).
Des bois blancs (Hejmandia ovigera).
Des bois de gouyave marron (Psiloxylon mauritianum).
Des bois de prune marron (Guya caustica).
^ . . \ Dombeya ptmctata.
Des mahots { .. , i » ^
Dombcya rethinata.
LA RÉUMOM 12S3
is {Monimia rolundifotia).
[ Ficits lucens.
\ Ficus cinerea.
j Ficits maitritiana.
{ Ficus lerebrata.
1 iousieau {Gttetlarda verlidllata).
Évi {Spondias borbonica).
es {Tréma Comjneisomi).
: reinpart (Agauria salicifulia).
éponge (Gastonia cutispongia).
B banane {Panax rppandttm).
lité d'aulres esscDces de moindre importance.
s ce sous-étage, des morts-bois innombrables
us-bois presque impénétrable. C'étaient, pour
us :
illes {Senecio ambavilla).
jaunes {Hypeircum lanceolattim).
; perroquet {Mallotus inlegrifoUus).
I rat (Geniosloma borbonicum).
quivi {Quivisia heterophylla).
1 (Slœbe passerinoldes).
■■ merle (Schmidelia racemosa).
ortie {Ohetia ficifolia).
. \ Psatura borbonica.
ssanls { , ,
I — polyantna.
udas {Mussœnda landia).
était recouvert de fougères, de mousses et it un tapis continu, ne permettant nulle part «1 de la forêt. Telle était partout, dans la zone zone moyenne de l'tte, la constitution primi- II n'y avait d'exception que pour les hauts érieur recouverts d'une essence spéciale à ces rin des hauts [Acacia heterophylla).
'.s foré/s des particuliers. — Si à la forôt conlous venons de le (tire on enlève tout l'étage 1 faisait la richesse, et, dans le sous-étage, la des arbres pouvant fournir des matériaux de I se fera une idée de ce que sont aujourd'hui, itions près, les forêts particulières de la colo-
f 254 CHAPITRE XTI. — BOrg DES COLONIES FRANÇAISES
nie. Ce sont, à proprement parler, des fourrés d'essences inférieures de faible valeur, ne présentant aucun avenir, parce que les éléments de leur régénération y font défaut. Ces forêts des particuliers vont, au contraire, s'appauvrissant chaque jour. Si l'on fait exception pour les forêts dépendant des propriétés exploitées par la Société du Crédit foncier colonial, qui s'occupe de leur amélioration, et pour quelques rares portions de forêt ayant toujours appartenu à quelques grands propriétaires, soucieux de leur conservation, on peut affirmer que dans un avenir très prochain il ne faudra plus compter sur les anciennes forêts privées de la colonie pour satisfaire aux besoins de la société créole. Les particuliers, dont les ressources vont en diminuant, ne peuvent pas s'intéressera une production qui demande plus d'un siècle pour devenir utilisable. Il n*yadonc aucune probabilité de les voir s'occuper de la régénération de leurs forêts.
Etat actuel défi forêts domaniales, — Les forêts domaniales actuelles présentent trois types bien distincts :
1® Les hauts plateaux de l'intérieur de Tlle, situés au-dessus de la ligne dite du sommet des montagnes, sont généralement recouverts de tamarins des hauts [Acacia heterophylla). Cette essence est des plus précieuses pour la colonie, parce qu'elle est la seule qui puisse actuellement, et sans aucune difficulté, être aménagée en futaie régulière comme nos chênes et nos pins d'Europe. Le service des forêts de la colonie en a fait un essai dans la plaine de Bélouvre, et les résultats acquis sont merveilleux.
Ces forêts domaniales des hauts plateaux, comprises généralement entre les altitudes de Î.200 à 1.600 mètres, sont encore actuellement à l'état de forêt vierge, si Ton excepte cependant une partie de celle de Bélouvre, qui est soumise depuis 1889 h un aménagement régulier. On y rencontre, mélangés aux tamarins des hauts, quelques tans rouges, des mapous, des bois maigres, des bois de nèfle, des mahots, des palmiers, et en abondance des fougères arborescentes atteignant de grandes dimensions. Ces tamarins, crus à l'état de nature, ont généralement des formes défectueuses : ils sont tortueux et, le plus souvent, ramifiés à une faible distance du sol. Leurs branches latérales et d'innombrables troncs gisants recouvrent inutilement de grandes superficies de ter-
rain qui sont ainsi perdue» pour la production forestière. Des morts-bois forment au-dessous d'eujc un fouillis impénétrable, et le sol de la forât est recouvert, sans discontinuité, sur une épaisseur de plus d*un mètre, d'une variété infinie de fougères et de mousses qui défendent Taccèsdu sol aux semences. Dans cet état, ces forêts sont presque improductives. Le matériel ligneux utile qui s'y trouve est beaucoup moins important que pourrait le faire croire un examen peu attentif des lieux.
Par contre, ces forêts présentent tous les éléments nécessaires à un aménagement rapide. Qu'on enlève tout le sousbois, qu'on réalise tous les bois gisants et les arbres tortueux qui occupent inutilement le sol ; qu'on fasse une coupe d'en* semencement très claire ; qu*on débarrasse enfin momentanément le sol des fougères et mousses qui le masquent^ et quinze jours après ce sol sera recouvert uniformément d'un semis très dense de jeunes tamarins des hauts, qu'il suffira de soumettre à des règles culturales appropriées pour conduire, en 80 ans au plus, jusqu'à la haute futaie exploitable.
Les forêts de tamarin des hauts pourront donc fournir un appoint considérable à la consommation du pays, lorsqu'elles seront aménagées et que des voies d'extraction y seront créées, Cet appoint sera d'autant plus important que le bois de tamarin des hauts se prête aux usages les plus variés. U est à la fois bois de service, bois d'industrie et bois de marine. U produit, en effet, des bois de charpente. A lïndus- Irie, il fournit des bois de sciage employés dans la construc* tion des maisons et dans l'ébénisterie, des bois de fente ou bardeaux employés pour la couverture des toits et pour la protection des pans de bois. C'est encore lui qui donne le meilleur bois de marine de la colonie. Son bois carbonisé produit un bon charbon, et il peqt enfin servir comme bois de cbauffage, quoique sa valeur, sous ce rapport, soit beaucoup moindre.
Jja loi forestière du 25 février 1874, qui régit la colonie, interdit heureusement tout défrichement sur les hauts plateaux de l'intérieur de l'ile. C'est à la végétation forestière luxuriante qui les recouvre et à l'emmagasinement des eaux pluviales dans l'humus qui en résulte que l'on doit la permanence des eaux que débitent encore les rivières qui en sor-? tent.
2^ Ua second type de forêt domaniale est celui qui existe dans la zone moyenne de la colonie, entre les altitudes de 100 à 1.000 mètres environ Dans cette zone, qui est une région agricole par excellence, toutes les terres susceptibles d*être cultivées ont été concédées. C'est dire que le Domaine y est très peu représenté.
Ces forêts sont constituées des mêmes essences que les forêts particulières qui les avoisinent et que nous avons déjà citées ; mais elles sont heureusement moins appauvries que ces dernières. Les essences précieuses de l'étage dominant n*y ont pas disparu complètement. Leurs derniers représentants sont, il est vrai, très disséminés et souvent dépérissants. Quelques essences, telles que le bois puant et le bois de fer, sont même devenues très rares et tendent à disparaître. Mais d'autres, telles que les nattes, les tacamacas, les bois de bassin, les bois de pomme, les bois rouges, les benjoins, les tans rouges, sont encore en nombre suffisant pour assurer la régénération de ces forêts. On peut dire que la valeur d'exploitation dépend beaucoup des essences qui constituent le sous-étage. Les bois d'olive, les bois maigres, les bois de nèfle, les bois de gaulette fournissent, en effet, des produits de grande valeur. Beaucoup d'essences de moindre importance fournissent également des produits appréciés par le commerce local. Mais, dans l'état actuel des choses, ces forêts domaniales de la région moyenne fournissent également très peu de matériaux à la consommation locale, et il faut, à cet égard, les distinguer en deux catégories : celles qui recouvrent les pentes abruptes des encaissements des rivières ou ravinesbornes et des remparts des cirques, et celles qui s'étendent sur les pentes douces des montagnes ou sur les plateaux situés au fond des cirques, ou encore dans les bas-fonds des encaissements des grandes rivières de la colonie.
La loi forestière du 25 février 1874 interdit toute exploitation des premières, à cause des éboulements qu'elle pourrait produire sur des pentes abruptes, et de l'utilité de ces bois pour la conservation des sources. Quant aux secondes qui, par leur situation, pourraient être exploitées, il faudra attendre des années encore avant de pouvoir les aménager régulièrement dans ce but. En effet, dans l'étage dominant, les âges intermédiaires entre le semis et Tâge
LA RI=:UNIOK 13S7
Ion n'existaient plus. Une exploilation abusive a ■bMvc CCS Ages intermédiaires qui constituent la une forêt en atisurunt son rnpport soutenu. Pour , le service forestier se contente de réaliser dans es arbres très dépérissants qui ne g^raineiit plus et aservation conduirait f) la détérioration complète
lisièine type de forêt domaniale nous est fourni par créés artificiellement par le service des forêts de : nous en parlerons plus loin.
lUiTS Des FonÉTs DE LA coLOME. — Faute de statisin contrôle quelconque sur le commerce des bois onie, il est impossible, même approximativement, le chiffre auquel s'élève la consommation du bois ys. On peut dire que celte consommation a été et très grande. Jusqu'à ces dernières années, presque laisons et bâtiments quelconques étaient construits t en bois : charpentes, bordées, toit. La plupart sont également construits es bois. L'exploitation de fer est venue ensuite demander aux forêts de jantiiés de traverses.
immatioa du pays en bois de chauffage n'est pas idérable. La houille et ses dérivés y sont très peu 1 ; bien rares soûl les usines qui les utilisent. Toutes !i sucre brillent du bois de chauffage, et toute la n'emploie, pour les besoins du ménage, que le cr et le charbon de bois. L'industrie de l'extracsences, installée dans la colonie depuis quelques années, a consommé une quantité considérable de uffage. C'est k cette industrie, principalement, qu'il ;rles défrichements opéréssurune grande échelle, es années, duns les forêts des particuliers, de étendue primitivement boisée de la colonie, la ', richesse des peuplements qui recouvraient ces isées, et la force de végétation spéciale aux régions des expliquent comment il se fait que l'Ile de la t pu, jusqu'il ces dernières années, satisfaire presment à tous ses besoins en bois de construction et chauffage.
J358 CHAPITRE XII. — BOIg DES COLONIES FRANÇAISES
Ses forêts fouraissaient des bois de premier ordre h toutes les branches de la consommation.
Les bois de charpente de première qualité étaient fournis par le bois puant, le bois de fer, le petit natte, le benjoin, lo bois noir des hauts, les bois d'olive. D'autres essences, telles que le bois de bassin, le bois de nèfle, le tamarin des hauts, le pêcher marron, le bois rouge, le tacamaca, fournissaient également des bois de charpente très estimés, quoique de qualité inférieure aux premiers.
Des bois de sciage de tout premier ordre étaient fournis par le bois de fer, le petit natte, le grand natte, le bois de bassin, les bois d'olive. D'autres, de qualité moindre, étaient tirés du tamarin des hauts, du bois rouge, du tan rouge, du bois de cannelle.
Les bois de charronnage étaient fournis par le petit natte, le bois de gaulette, le bois noir des bas (Acacia Lebbeck), cette dernière, essence importée dans la colonie depuis de nombreuses années et aujourd'hui complètement naturalisée.
Les bardeaux, dont sont recouvertes les maisons, constituent les seuls bois de fente utilisés dans le pays. Ils sont fournis par le petit natte, le bois de fer^ le bois maigre, le tamarin des hauts, le mapou, le bois d'olive, le bois de rempart.
L'ébénisterie avait à sa disposition un choix des meilleurs bois connus pour cette industrie, dans ceux du grand natte, du bois de fer, du petit natte, des bois d'olive, du tamarin des hauts.
Le tacamaca et le tamarin des hauts nous fournissaient enfin d'excellents bois de marine.
Telle était, il n'y a pas très longtemps encore, la situation très prospère de la colonie, au point de vue de la production du bois. Il faut faire remonter à quarante ans environ le commencement des exploitations à outrance qui ont amené la ruine des forêts du pays. Jusque-là, la colonie avait été très prospère ; les produits de son agriculture abondants et vendus à des prix rémunérateurs suffisaient au delà du nécessaire aux besoins des habitants ; l'aisance était partout. Si l'on touchait aux riches forêts qui existaient encore à cette époque, c'était pour en retirer les matériaux indispensables à l'entretien des maisons et aux constructions nouvelles. Bien
LA RAuNrour
rares étaient ceux qui exploitaient alors leurs forêts dans un esprit de lucre. On s'adressait bien h la forêt, également, pour avoir le bois de chauffage nécessaire aux usines et aux besoins des ménages ; mais alors la main-d'œuvre était abondante, et Ton n'hésitait pas à s'en servir largement pour ne retirer de la forêt que les bois morts gisant accumulés par les siècles. Depuis lors, arrivèrent les mauvais jours. La valeur marchande des produits du pays est allée s'avilissant chaque jour. La main-d'œuvre se fit de plus en plus rare. UHemileia vastatrix fut ensuite importée et détruisit les caféières si riches autrefois. Pendant ces temps de crise aiguë il fallut vivre, et, comme toujours en pareille occasion, la forêt en fit les frais dans une large mesure. On l'exploita de tous côtés et sans méthode. Des équipes d'ouvriers étaient envoyées dans la forêt, sans surveillance, avec mission de façonner le plus de matériaux possible. Livrés à euxmêmes, ceux-ci remplirent à merveille leur mission de destruction. Ils s'attaquèrent d'abord aux arbres les plus faciles à exploiter, c'est-à-dire aux jeunes et à ceux des Ages intermédiaires d'un débit facile. Les autres, plusieurs fois centenaires, aux dimensions très fortes, ne furent exploités que plus tard> lorsque tous les Ages intermédiaires avaient disparu, et avant qu'un nouveau semis ei\t pris possession du sol. Ces arbres très Agés et dépérissants avaient passé l'Age de la fructification, et il ne fallait plus compter sur eux pour la régénération de la forêt. On ne songea d'ailleurs jamais A cette régénération. L'étage dominant détruit, on s'attaqua au sous-étage qui disparut à son tour. Les défrichements vinrent ensuite pour livrer des terres nouvelles à l'agriculture. La hache et le feu firent conjointement leur œuvre pour faire reculer sans cesse la limite de la zone boisée.
Dans l'état actuel des choses, Ton ne trouve en assez grande abondance sur le marché que des bois fournis par le tamarin des hauts, le tan rouge, le bois de bassin, le bois maigre et quelques autres essences du sousétage. Le bois puant a disparu du marché. Le bois de fer y est devenu très rare. Les nattes s'y raréfient de plus en plus. Il en est de niême du benjoin, du bois d'ébène et des autres essences précieuses qui faisaient autrefois la richesse de nos forêts.
Le tableau ci dessous donne les prix courants actuels des
1260 GHAPITRii: III. — BOIS DES COLONIES FRANÇAISES
bois façonnés sur le marché de Saint Denis. La vente des bois
en grume n'est pas usitée dans le pays.
Bois de fer — Très rare, prix suivant convention.
/ Débit en bois de charpente, 150 fr. le m>.
y. ... ,, \ — traverses, 150 fr. le ni*.
Petit natte < u • j • oaa r i a
i — bois de sciage, 300 fr. le in^.
( — bois de fente (bardeaux), 55 fr. le millier. n j ,f J Débit en madriers, 210 fr. le m^. urana natte , planches de 320 à 360 fr. le m'.
„ . . , ( Débit en bois de charpente, 90 fr. le m'.
Boisdeba$$in ] u • j • jûa r i i
( — bois de sciage, 160 fr. le m'.
Tamarin des ( Débit en madriers, 105 à 126 fr.
hauts \ — planches, 140 à 160 fr.
( Débit en bois de charpente, 80 fr. le m'. Tan rouge | ^^.^ ^^ ^^j^^^^ ^^^ ^^
Bois rouge — Débit en bois de charpente, 80 fr. le m».
BoU maigre [ ^^'''' ^" ^'-^^^'-ses, 100 fr. le m^
( — bois de fente (bardeaux), 30 fr. le millier. Bois de lousteau et autres essences, formant le tout bois du commerce, 70 à 90 fr. le m».
Bois noir des { ^^^'^ ^" J^°'^'' ^*^ ^'' '® ""''
. < — bois propre À la confection des moyeux, 175 et
( 200 fr. le m^.
II ressort de ce tableau que les bois de sciage ont dans la colonie une valeur beaucoup plus grande que celle des bois de charpente et de menu service. La raison en est que les troncs ayant le diamètre voulu pour être débités en madriers et en planches deviennent de plus en plus rares, tandis que les bois de charpente que l'on trouve dans le commerce sont généralement confectionnés avec des bois bruns de faible diamètre qui sont plus communs dans les forêts des particuliers. Ces bois de charpente confectionnés avec de tout jeunes arbres contiennent généralement une grande proportion d'aubier et n'ont dès lors qu'une faible valeur.
IV. Importation des bois dans la colonie. — Par suite de la diminution de la production, l'importation des bois étrangers dans la colonie augmente d'importance chaque année. L'importation du bois de sapin remonte à une époque déjà reculée, car presque toutes les essences fournissant des bois durs et denses, difficiles à travailler, les bois de menuiserie analogues au sapin faisaient défaut. Mais depuis quelques années la colonie importe également d'assez grandes quantités de bois de pin et de pitchpin qui sont aujourd'hui couramment