LA RÉUNION
Eucalyptus hœmasloma.
— calophylla.
— macronhyncha, etc.
CcB espèces croissent très rapidement et fournissent un matériel ligneux considérable dès l'Age de 15 à 20 ans. Mais on reproche au bois de certaines d'entre elles de travailler beaucoup en se desséchant. D'iuitre part, il en est beaucoup qui résistent mal à la violence des vents, h en juger par les effetsdu cyclone de 1899. II faudra donc, dans l'avenif, faire un choix judicieux des espèces à propager, car il est prudent de compter d'une façon permanente avec les cyclones.
Le Service des furets possède actuellement 85.000 eucalyptus environ répartis dans différentes régions de la colonie.
Une essence appartenant à la famille des Protéacées, le Grevillea robusta, récemment introduite dans la colonie, est précieuse pour le reboisement des terrains dénudés de la région moyenne de l'Ile, Cette essence est très rustique, elle croit rapidement et donne un fût droit et élevé. Les données pratiques manquent sur tes qualités de son bois; mais tout fait espérer que ces qualités seront au moins égales, sinon supérieures à celles des bois fournis par les eucalyptus.
Le benjoin {Terminalia benzoin) esi une des rares bonnes essences indigènes qui puissent servir au reboisement des terrains dénudés. Il vient bien dans la région moyenne de Die et dans les sols divisés et assez riches. C'est principalement dans les bas fonds des torrents qu'il prospère le mieux.
Le bois noir des bas [Acacia Lebheck), que nous avons déjà cité pour le reboisement du littoral, rend également de grands services au forestier dans les parties sèches et arides du cirque de Cilaos, jusqu'à l'altitude de 600 mètres environ. Peu difficile sur le choix du terrain, très rustique et se dépouillant pendant la saison sèche, cette essence résiste facilement aux plus grandes sécheresses. 11 est vrai que dans ces conditions elle n'atteint pas un grand développement, mais elle est précieuse pour créer un couvert là où aucune autre essence ne pourrait s'installer. Son feuillage est d'ailleurs très recherché pour la nourriture des Bovidés et des Ovidcs.
Parmi les pins, les essais ont porte jusqu'à ce jour sur le pio maritime, sur le pin noir d'A utricbe et sur le pin des Cana-
r 1268 CHAPITRE XII. — BOIS DES COLONIES FRANÇAISES
ries. De ces trois espèces, c'est le pin maritime qui a donné les meilleurs résultats dans les parties élevées des cirques de Gilaos et de la Nouvelle. Le pin maritime est montagnard pour la colonie, et rendra de très grands services pour le reboisement des régions élevées. Là, il s'élève jusqu'à la zone des tamarins des hauts dont il partage Tbabitat. Le Service des forêts a été naturellement tenté de créer des futaies mélangées de ces deux essences, et il a entièrement réussi.
Le Service des eaux et forêts a fait également des essais d'autres espèces. C'est ainsi qu'il possède des peuplements, récemment créés et de faible importance, de chênes, de camphriers,d'i4rat/cari<i Cookii, à'Araucajna Bidwelliy d'acajou, de santal, de teck, de niaouli et d'autres essences. Parmi celles-ci, VAraiicaina Cookii ou pin colonnaire de Nouvelle-Calédonie donne dès maintenant les plus grandes espérances.
Le camphrier, dont quelques particuliers possèdent d'ailleurs des peuplements déjà âgés, rendra également des services pour le reboisement de la zone moyenne de l'Ile.
Des particuliers avisés, et surtout le service forestier, s'efforcent de propager diverses espèces de quinquina, le thé et plusieurs plantes à caoutchouc.
Stt» Indo-Chlne fk-ançaliie. — Répartition des bois et forêts. Essences principales. — Du nord au sud, du Tonkin au Cambodge, les montagnes de la chaîne annamitique sont couvertes de forêts dont les essences sont de qualités inégales.
Les bois sont utilisés sur place par une population assez dense. Les importations de bois dépassent les exportations. La production n'est donc pas tout-à-fait suffisante ; il faut ajouter que l'exploitation des forêts est encore peu avancée et que la création d'un régime forestier est de date récente pour ces colonies. On a déjà fait des plantations de teck en Cochinchine (1); cette précieuse essence existe en outre, à l'état sporadique, au Laos et au Cambodge. Outre le teck, on trouve encore en Indo-Chine des bois durs, tels que le Liem, le Trac (2)^ etc., qui sont de très beaux bois que la
(!) Sur le teck en Iiuio-Chine, voir p. 997.
(^2) C/cst en bois de Trac qu*élail construit, à TExposilion de 1900, le Pavillon forestier de l'Indo-Cliine.
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colonie pourrait exporter en Europe et, de fait, on les a essayés et employés déjà chez nous pour le pavage des villes. Les ingénieurs de la ville de Paris, dans leurs essais comparatifs, ont placé en première ligne, pour la résistance à l'usure par frottement et au choc, ces « bois de fer h do rindo-Chino. 11 ressori également des expériences faites tout récemment aux laboratoires d'essais de l'Ecole nationale de» ponts et chaussées, (jue ces bois se placent au tout premier rang pour leur solidité.
Les forêts les moins bien partagées sont celles du Tonkin : les arbres de grande taille et de belle qualité y sont rares, et ce qui domine sur les montagnes bordant le fleuve Rouge, la rivière Noire et la rivière Claire, ee sont les broussailles inextricables, les bambous ou de petits arbres tortus, bons tout au plus comme bois de chauffage (de Lanessan). Ou trouve tout juste au Tonkin les bois nécessaires aux constructions locales. Les importantes forêts qui s'étendent dans les régions montagneuses du nord à l'est, dans les territoires militaires, sont de difficile accès par suite du défaut de voies de communication. Il est vrai que ce défaut s'atténue de plus en plus, et l'exploitation forestière prend de jour en jour plus d'importance (province de Vinh-Yen).
L'Aunam est le grand fournisseur des bois de l'Indo- Chine. Pour trouver les beaux arbres, il faut franchir la ligne de partage des eaux et pénétrer sur le versant laotien de la chaîne annamitique. La difficulté des transports augmente le prix de ces bois. 11 faut constater aussi que, dans plus d'une région, les montagnes se dénudent par suite de la funeste habitude qu'ont les indigènes d'incendier chaque année les foréls pendant la saison sèche pour chasser le tigre.
Pourtant de certaines provinces de l'.^nnam, principalement celle de Nghé-An (Vinh), quelques beaux bois sont exportés en Chine et, depuis 1889, une exploitation importante, avec scierie à vapeur, fonctionne à Benthuy (Société Mante and C*). Les madriers exportés sont du go, du trac, du /i»i, du sao et des Dîpterocarpits. l)n exporte aussi de l'Annam des bois de teinture.
La Cochincbine, le Cambodge cl le Laos sont particulièrement favorisés au point de vue de la végétation forestière. Il existe beaucoup d'arbres utiles, dont le bois est propre i la
construction ou à l'ébénisterie, dans la réffion où la Don-NaT et ses affluents prennent leur source. Les rives du Haut- Mékong sont bordées de riches forêts. L'exploitation est entravée par le défaut des voies de communication, leur établissement coûterait d*aiUeurs fort cher ; seules sont exploitables celles qui bordent les cours d'eau navigables ou seulement flottables, tel est souvent le cas au Cambodge et au Laos.
Au Laos, malgré la pénurie de la main-d'œuvre, on pourrait installer certaines industries, telles que des scieries mécaniques utilisant les forces naturelles considérables fournies par les chutes de Khône. Ces scieries débiteraient les bois si nombreux, de charpente ou d'ébénisterie du bief moyen, qui peuvent être amenés sans difficulté par la voie du fleuve Après leur débit, les bois seraient facilement transportés, soit au Cambodge, soit en Cochinchine, où il en est fait grande consommation, soit même en Europe comme bois de luxe.
En Cochinchine, les forêts se trouvent surtout dans les arrondissements de Baria, Bien-Hoa, Tay-Ninh, Thu-dau- Mot.
Les forêts de la côte de la Cochinchine donnent principalement des bois destinés au chauffage. Elles sont constituées surtout par des palétuviers qui forment d'épais massifs, au bord de la mer, dans les arrondissements de Baria, Rach-Gia et Ilatien. Ces arbres n'atteignent pas de grandes dimensions. Ils sont débités en bûches décortiquées, car les Annamites se servent de Técorce pour le tannage du cuir.
Les bois de constructions navales, de charpente, de menuiserie et d'ébénisterie proviennent de la Haute-Cochinchine et du Cambodge.
Le bambou doit être signalé comme un des produits les plus utiles de l'Indo-Chine. Il rend tons les services : les maisons des indigènes pauvres en sont constituées de toutes pièces ; on en fait les mâts et vergues des jonques, les perches des bateliers pour pousser les barques, des ustensiles de ménage et d'industrie, et même du papier, etc. (1).
(I) On a étudié tout récemment plusieurs plantes à caoutchouc de PIndo- Chine ; ce sont des Parainoria, Ecdysanthcra, Micrechiles et Xylinabria (Âpocynacées). £lles constituent des lianes que Ton rencontre surtout dans
INDO-CfliNli; PRA^nAISR
n d'un MFTioa forestier de l'Iado-Chine. —
>, la Gochiiichine était restée le seul pays de olé d'un Hepvice forestier organise (t). ^e, ensuite, empruntait à la Cochinchine une lersonnel pour former le noyau d'un futur serre Mais, ni le Tonkin, ni l'Annam, ni le Laos , soit un service forestier, soit une réglemcn-
choses a paru préjudiciable aux intérêts écoa colonie. On a reconnu que, dans cette colotioii des richesses forestières qui abondent, lieux conduite, surveillée et dirigée, dans les e se faisait d'une façon intensive et inconsille pouvait être inaugurée dans celles où ces naieat, faute de connaissances et de moyeos laru également qu'une direction compétente et t et devait se substituer k l'éparpillement de l'initiative et de la gestion eu matière foresse produisait jusqu'alors, nodifier cet état de choses que le Gouverneur la date du 8 juin 1900, un arrêté en Conseil tant organisation d'un service forestier de (rrêté qui fut suivi d un décret à la date du et d'uQ autre arrêté, le 3 juin 1902 (2). Voici s de ce dernier arrêté :
util. — Ne peuvent se livrer à l'exploitation des orêts au Tonkin, que les Français et les sujets inçais.
Ilement pourront être admis à cette exploita'
im et du Laos {Voir sar ee sujet : Pierre, i. Sur les plantes iDdo-ChiDe ■, Rev. dei cuit, colon., 1902, t. Xt, no) 111
Il juillet 1896, portant sur rorgnnisation du service fore»le (Journ. ajf. col , p. 937). Le premier arrêté régleitations forestières en Cocliinciiine date du 16 septembre
)irecteur de ragrioullure, des forêls el du commerce de le sur tes proyré» de l'agriculture et de la colonùar în Indo-Chine de 1897 A 190i. — Hapol, Sclineider,
tion les étrangers demeurant au Tonkin et y acquittant régulièrement les charges communales et autres.
Art. 2. — Toute personne qui désire se livrer, en dehors des massifs réservés, prévus à l'article 16 du présent arrêté, à Texploitatiou des bois d'essences classées, soit pour son usage personnel, soit pour en faire le commerce, devra en faire la demande sur papier timbré.
Cette demande peut être adressée soit directement aux agents du service forestier^ soit, dans les provinces où il n*en existe pas, aux chefs de province et de territoires, ou à leurs délégués désignés à cet effet.
Ceux-ci acceptent ou refusent la demande, sauf recoui*s de l'intéressé à la Direction de l'agriculture et du commerce.
Ils mentionnent, dans le premier cas, Tacceptation sur la demande elle-même, qui servira de titre de recouvrement pour le prix du permis de coupe prévu à l'article 4.
Art. 3. — La demande de permis de coupe indiquera les noms, prénoms, qualités et domicile du pétitionnaire, la nature des produits à exploiter et le lieu où doit se faire l'extraction (province, phu, huyên, ou chàu, territoire, cercle ou secteur).
Art. 4. — Le prix du permis de coupe est fixé à cinquante piastres (50 $), pour six mois.
Il pourra être délivré pour quatre-vingts piastres (80 S), des permis de coupe valables pour un an.
Art. 5. — Exceptionnellement, pourront être exemptés du permis de coupe, les services publics et les particuliers habi« tant les régions forestières qui en auront fait la demande au Service forestier, pour des besoins urgents et limités, dont le service reste juge.
Cette demande peut être adressée sur papier libre, mais elle contiendra les mêmes indications que la demande visée à l'article 3.
Art. 6. — Les prix vi?és à l'article 4 sont payables d'avance, tant aux caisses du Trésor qu'entre les mains des fonctionnaires des douanes et régies, désignés d'un commun accord entre le Directeur des Douanes et Régies et le Directeur de l'Agriculture et du Commerce.
Le paiement a lieu, au vu de l'autorisation visée à l'art. 2,
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contre délivrance d'une quittance détachée d'un registre à souche.
Art. 7. — Au vu de cette quittance, les agents du service forestier, désignés à cet effet, délivrent le permis de coupe. Ce permis rappelle les nom, prénoms, qualités et domicile du pétitionnaire, la nature des produits dont l'exploitation a été accordée et le lieu de l'exploitation projetée.
Art. 8. — Les porteurs de permis de coupe doivent, en même temps qu'ils Tobtiennent, ou par la suite et avant tout travail d'exploitation, faire commissionner par le service forestier le ou les ateliers de bûcherons qu'ils désirent employer. Chaque atelier ne pourra pas comprendre plus de dix hommes et chaque permis de coupe ne donnera droit qu'à cinq ateliers.
Les noms des bûcherons employés figureront sur la commission.
Art. 9. — Le droit que donne le permis de coupe ou l'autorisation gratuite visée à l'article 5 est personnel, incessible^ sauf consentement du service forestier^ et ne peut être exercé que dans le lieu pour lequel il a été demandé et délivré.
Art. 10. — Aucun arbre destiné à donner des bois d'ébénisterie, de menuiserie ou de charpente ne peut être abattu, s'il n'a au moins 1 m. 20 de circonférence au petit bout. Les pièces de bois équarries ne seront acceptées à la vérification que si elles ont au minimum 0 m. 30 d'équarrissage sur la plus grande de leurs faces.
Pour les bois d'essences secondaires, exploités hors des réserves forestières et destinés à donner des bois de feu ou de charbon, les tiges à abattre ne devront pas avoir moins de Om. 60 de circonférence au petit bout.
Art. 11. — Des autorisations spéciales de coupe pourront être accordées par le service forestier, dans le cas de demandes faites pour des usages spéciaux nécessitant des bois de moindre dimension.
Art. 12. — Les redevances à percevoir comme prix de vente des produits du domaine forestier du Tonkin, sont fixées ainsi qu'il suit :
DÉSIGNATION des produits
Bois d'ébànisterie provenant lies essences précieuses spéciales.
Bois de construction et de menuiserie.
Bois ordinaire d'industrie.
Bois a brûler en erume.
— débités.
Charbons de bois.
A) Bambous dits mâles, (construction).
B) Tous autres bambous.
Tous autres bois, produits bruts ou manufacturés non désignés ci-dessus et provenani du Domaine forestier.