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NIAOULI

Le Niaouli (Melaleuca viridiflora) est l'essence la plus répandue en Nouvelle-Calédonie et celle qui a le plus d'avenir.

Les feuilles de cet arbre donnent une eau double et une essence qui ont pris place dans notre pharmacopée. Par la distillation, elles abandonnent également une huile brune et limpide et une teinture chamois qui peut s'appliquer sans mordant sur les étoffes.

Le bois dur et liant se travaille bien et convient parfaitement à la charronnerie.

C'est le seul arbre qui, dans cette colonie, permette aux graminées de se développer à son ombre. Les feuilles, en effet, présentent leur limbe obliquement au soleil et non horizontalement, de sorte que leur surface est dans un plan perpendiculaire au sol. Les graines, très fines, sont malheureusement pour les éleveurs, dispersées par le vent et multiplient les jeunes plants, de façon à étouffer les herbes et à diminuer la valeur des pâturages.

Les bourgeons foliaires présentent à leur éclosion un bouquet de fines feuilles argentées et soyeuses qui donnent un thé stomachique excitant, très aromatique. Ce thé exhale un parfum très agréable se rappochant de celui de la rose. La préparation en est des plus simples; il suffit de cueillir avec soin les bourgeons terminaux à demi épanouis et de les faire sécher à l'ombre.

Par distillations successives, les feuilles de niaouli laissent dégager une essence limpide, très mobile, d'une odeur pénétrante et en même temps une huile lourde, brune, très analogue à l'huile de cajeput. On reconnaît dans cette huile l'odeur de la térébenthine, du camphre, de l'essence de rose avec trace de menthe. Le parfum général est vif, pénétrant. Cette huile est soluble dans l'alcool et l'éther sulfurique. Elle paraît jouir des propriétés stimulantes de celle de cajeput, que Ton extrait du Melaleuca cajeputi des Moluques. On peut l'employer en frictions contre les douleurs rhumastimalcs aiguës.

Cette huile plus dense que l'essence se dépose au fond du vase; on la sépare par décantation, puis on filtre. Le rendement est très minime.

L'eau double, distillée à nouveau, puis rectifiée, donne l'essence de niaouli qui brûle avec une flamme blanche très fuligineuse. La saveur en est acre et brûlante; elle donne comme la térébenthine, sous l'influence d'un courant d'acide chlorhydrique, un produit solide, cristallin, blanc, qui rappelle le camphre artificiel.

Cette essence paraît être un antiseptique très puissant.

Le rendement des feuilles de niaouli en essence est très variable suivant les saisons, l'âge des feuilles ou des arbres.

Les orangers poussent en Nouvelle-Calédonie avec la plus grande facilité. Ils ont été importés de Tahiti ep 1857, et depuis lors se sont rapidement acclimatés et multipliés.

Les produits que Ton peut tirer des orangers sont très variés, ce sont : le. vin, l'essence de feuilles, l'eau-de-vie, l'essence de l'écorcc du fruit, le curaçao, etc.

L'huile essentielle des feuilles est extraite par distillation. Lorsqu'on éclaircit les rameaux pour permettre à l'air de circuler et pour arrêter le développement des kermès (Lecanium hesperidium) qui pullulent dans les localités un peu ombragées et humides, on peut utiliser ainsi les feuilles obtenues. On les place soit dans un sac à mailles larges, soit sur une grille pour que la vapeur d'eau, en détruisant le parenchyme, n'entraîne avec elle que l'huile essentielle dont les glandes foliaires sont chargées. L'odeur en est délicate. Le rendement, d'ailleurs assez faible, varie de 1 à 3 p. 100. Une goutte dans un verre d'eau suffit pour l'aromatiser.

L'essence des pelures d'oranges est d'un rendement relativement considérable; ce rendement est en moyenne égal à 1 p. 100.

L'extraction se fait par deux méthodes : la compression et la distillation* Ou peut employer pour cela une machine très simple et très commode, consistant en une toile sans fin, garnie de cardes fines, dans le genre des cardes mécaniques à laine et tournant à l'aide de deux cylindres entre des planches. La toile s'ouvre ; on installe les oranges les unes à côté des autres sur une seule couche et l'on fait mouvoir les cylindres. La carde qui garnit la toile, tournant en deux sens contraires, brosse durement et entame le zeste. Le même mouvement fait rouler les oranges dans tous les sens. En quelques minutes, cent oranges sont dépouillées de l'huile essentielle de l'écorce. Les trous pratiqués dans la toile facilitent l'écoulement du liquide mêlé à des débris de zeste. 1-e tout est pressé et l'essence est filtréa plusieurs fois. Ce procédé donne un rendement satisfaisant, mais la distillation fournit un produit plus pur.

Les écorces fraîches rendent moins quand elles sont entières qu'après avoir été hachées et elles donnent un produit inférieur comme parfum à celui provenant des écorces sèches. Parmi ces dernières, celles qui ont été emmagasinées à l'abri de l'air et de la poussière sont les meilleures; le produit en est plus fin.

Le vin d'oranges est une liqueur très intéressante. La fabrication en est simple; elle consiste à peler les oranges, à les jeter dans un mortier où on les pile à l'aide d'un morceau de bois. Il faut éviter le fer qui provoque la formation de citrates noirs de couleurs désagréables. La pulpe ainsi triturée est passée dans une chausse de drap que l'on presse de façon à faire sortir le jus seul sans écraser les pépins qui communiquent un peu d'amertume au liquide. Mis à fermenter dans une barrique posée debout, ce liquide devient bientôt clair, surtout si Ton a soin d'écumer souvent la surface. On décante alors soigneusement et l'on verse dans un tonneau où l'on a jeté préalablement quelques

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grammes de tartrate acide de potasse. Ce tonneau doit être tenu constamment plein. C'est alors que commence une seconde fermentation plus lente; après un repos de quelques semaines le vin est fait. On peut le coller au blanc d'oeuf ou à la colle de poisson. Ce vin gagne en vieillissant. Le jus d'oranges cuit, puis mis à fermenter, donne un vin plus fin encore.

Cette liqueur soumise à la distillation se transforme en eau-de-vie d'un goût agréable. Le rendemeut est de 5 p. 100 pour l'eau-de-vie à 52 degrés.

Comme on le voit, l'oranger est un arbre précieux pour cette colonie; il ne souffre que de la présence d'innombrables coccidiens, les kermès de l'oranger. On l'en débarrasse facilement en badigeonnant l'arbre avec un lait de chaux délayé dans une lessive de cendres et surtout en élaguant convenablement. Un arbre bien soigné peut rapporter jusqu'à 2.000 oranges.

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