CHAPITRE XII
COISIDÉIATIONS BÉIÉMLES SUR LES FOIÊTS - LEU1 IIFLUEROE
Pour ne parler que de la France, nous avons dit qu'il existait encore dans notre pays environ neuf millions d'hectares couverts par les bois et les forêts. La production ligneuse constitue donc une branche très importante de l'agriculture.
Si la forêt, dans l'état sauvage et dans une société encore mal organisée est abandonnée aux seules forces de la nature, il n'en est plus de même dans les contrées très peuplées et parvenues à un certain état de civilisation.
Le besoin de cultiver la terre oblige l'homme à défricher d'abord les espaces recouverts par les forêts. Peu à peu, les bois se trouvent refoulés sur les terrains d'une culture difficile, sur les pentes raides, sur les sommets glacés et dans les terrains les plus pauvres. Afin d'en tirer parti, l'homme est alors obligé de créer la sylviculture.
Les hommes qui consacrent leur existence à l'amélioration des méthodes d'exploitation du sol forestier, qui trouvent les moyens d'accroître le produit net et le produit brut de nos bois, et qui par leurs recherches élèvent les procédés de la culture des bois au rang d'une industrie, ces hommes méritent assurément la reconnaissance publique.
Parmi les ingénieurs qui se sont occupé avec succès de cette question des forêts, nous citerons au premier rang M. Ghevandier de Valdrôme.
Ses premiers travaux ont eu pour objet de substituer aux mesures toujours incertaines des bois en volume, leur évaluation en poids à l'état de dessiccation absolue. Puis il a déterminé les quantités de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et
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d'azote contenues dans un stère de divers bois indigènes, et il a établi quelle était la puissance calorifique de ces mêmes bois. 11 a fait voir ce qu'un hectare de forêt dans les conditions ordinaires produit en France, chaque année, en bois vert, en bois sec, en principes élémentaires et en puissance calorifique.
Ses expériences longues et coûteuses lui ont ainsi permis de discuter les diverses méthodes d'exploitation en usage.
Enfin, il a mis en évidence deux ordres de faits nouveaux. Il a constaté que les amendements et les engrais peuvent intervenir avec profit dans la culture des jeunes forêts, et que les irrigations ou les retenues d'eau dans les terrains en pente favorisent à un haut degré la croissance des arbres de tout âge.
Indiquer les moyens de retirer des boisements existants la plus grande somme de produits utiles, en assurant leur rapport soutenu, faire connaître les méthodes à l'aide desquelles il sera possible de convertir en forêt productive, même et surtout les terrains qui ne se sont jusqu'ici prêtés à aucune culture, tel est le but de la sylciculture sur laquelle notre sujet nous amène à dire quelques mots.
Envisagée sous ces différents points de vue, cette science traite :
1° De la création de nouvelles forêts, de l'entretien et de l'amélioration de celles existantes.
2° De la plantation de tout terrain, quelque restreint qu'il soit, dès l'instant où il ne peut donner un autre produit rémunérateur.
3° De la formation des clôtures, haies vives, abris, etc., en un mot de toute plantation où il entre des essences forestières proprement dites.