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ÉIÉMLITÉS — BOIS D'OEUVIE - PAVA8E - BOIS DE MUES

TIAVEBSES DE CHEDIIS DE FEB

GENERALITES

Comme nous l'avons déjà fait pressentir, les applications du bois en général sont des plus nombreuses, des plus variées, des plus importantes. Chaque fois que l'occasion s'en est offerte, à propos de la description succincte des diverses essences que nous avons donnés, nous avons indiqué quelles étaient les principales applications de chaque espèce de bois, il nous reste à donner quelques détails sur les principales de ces applications.

On voit tout de suite que le bois peut servir soit à l'état de bois à proprement parler, soit à l'état dénaturé.

De là deux grandes divisions.

Dans la première, nous rangerons toutes les applications du bois considéré comme bois de chauffage et bois d'œuvre, constructions, menuiserie, ébénisterie, etc..., avec les applications de ses divers produits accessoires, gommes, résines, huiles, pâte à papier, etc...

Dans la seconde viendront naturellement se grouper les applications à la tannerie, à la teinture, à la chimie industrielle en général.

Nous allons donc étudier dans cet ordre les principales applications du bois, en indiquant tout d'abord que dans le cours de cette étude nous avons déjà suffisamment parlé du bois considéré comme combustible, qu'il ne rentre pas dans.

notre programme de traiter de son importai) te application comme producteur de charbon, non plus que de remploi si considérable qu'en fait aujourd'hui la papeterie, ces divers points devant être traités avec détails spéciaux dans deux autres mémoires auquel nous prions le lecteur de se reporter.

Résumons tout d'abord les divers renseignements que nous avons donnés sur les applications particulières et spéciales à chaque essence.

Nous placerons en première ligne les bois qui sont de meilleure qualité pour chaque usage et ainsi de suite, jusqu'à l'espèce de moindre qualité.

Production du charbon. — Pin sylvestre, charme, sycomore, frêne, hêtre, chêne, bouleau, orme, mélèze, épicéa, sapin commun, tremble, tilleul, aulne.

Bois de chauffage. — Sycomore, pin, frêne, hêtre, charme, alizier, chêne, mélèze, orme, épicéa, bouleau, sapin commun, tilleul, tremble, aulne, peuplier noir, saule, peuplier d'Italie.

Bois de marine. — Chêne, sapin, pin, mélèze, hêtre, orme.

Grande charpente. — Chêne, châtaignier, pin.

Agrès d'usine. — Orme, cormier, alizier, pommier, charme.

Charpente ordinaire. — Chêne, châtaignier, arbres résineux, orme, cormier, alizier, merisier, tremble, peuplier.

Merrain. — Chêne, hêtre.

Lattes. — Chêne, châtaignier, bois blancs.

Boissellerie. — Chêne, hêtre, sapin, tremble.

Treillage. — Chêne, châtaignier, Irène.

Echalas. — Chêne, châtaignier, frêne, pin, saule, tremble.

Paisseaux ronds. — Châtaignier, genévrier, cornouiller, chêne, frêne, pin, coudrier, érable, bois blancs.

Sciage. — Chêne, hêtre, orme, platane, châtaignier, mélèze, sapin, pin, merisier, tilleul, marronnier, peuplier noir, peuplier commun, tremble.

Raclerie. — Hêtre.

\aissellerie. — Hêtre, sapin, pin, tremble.

Etaux et tables. — Orme, hêtre, noyer.

Pilots. — Chêne, aulne.

Charronnage ordinaire. — Chêne, frêne, orme, charme.

Charronnage de luxe. — Frêne, orme, chêne, hêtre, noyer.

Conduites d'eau. — Pin, aulne.

Cercles. — Châtaignier, frêne, saule Marceau, merisier, bouleau, coudrier, chêne, saule blanc, tilleul.

Bois à tourneurs. — Frêne, noyer, faux acacia, prunier, buis.

Bois à sabots. — Hêtre, noyer, bouleau, aulne, peuplier commun, tremble, tilleul, peuplier d'Italie.

Bots à sculpteurs. — Chêne, hêtre, platane, tilleul, marronnier.

Si maintenant nous apprécions la valeur relative de chaque bois par la variété des marchandises qu'on en obtient ou par le nombre d'usages auxquels il est propre, on trouve que nos essences forestières se présentent dans l'ordre décroissant ci-après :

Chêne, hêtre, frêne, orme, châtaignier, charme, arbres résineux, tilleul, tremble, bouleau, aulne.

Toutes les autres essences ne sont que d'une utilité secondaire.

Quant aux bois spécialement destinés à l'ébéniste rie, nous trouvons parmi nos essences indigènes, le merisier, le cornouiller, le noyer, le poirier, le pommier, le buis, l'arbousier, le prunier, l'érable, l'alizier, et ensuite de nombreuses essences exotiques parmi lesquelles nous rappellerons : l'acajou, l'aloès, le callcedra, le cedrel, le citronnier, l'oranger, le courbaril, l'ébène, le bois de fer, le palissandre, le bois de teck, le tuya, etc., etc..

BOIS DŒUVRE

On nomme bois d'oeuvre tous ceux autres que le bois de chauffage, qui sont destinés aux constructions ou bien employés et mis en œuvre dans les arts. Ces bois peuvent être classés diversement suivant qu'ils sont propres aux arsenaux de la marine, aux constructions civiles, au charron nage, à la vente ou à divers usages variés.

L'emploi du bois dans la construction remonte à la plus haute antiquité, mais il a subi avec le temps des transformations profondes.

Au début de la civilisation, l'arbre iournissait presque tous les matériaux essentiels de la maison.

La charpente ru dimen taire et massive exigeait des troncs entiers, qui, simplement dégrossis, posés à plat ou debout, et grossièrement liés les uns aux autres, portaient tout le faix de l'édifice. Plus la construction était vaste, plus les pièces de bois devaient être puissantes.

Mais à mesure que les forêts primitives reculèrent devant les progrès de l'agriculture, les bois de grande portée cessèrent d'être des matériaux communs. Peu à peu on les voit devenir plus rares et plus chers; il faut les faire venir de loin, et, précisément à l'époque où se répand le goût des grandes constructions éveillé par la Renaissance, à l'époque où l'imitation des monuments antiques rend nécessaire des merveilles d'équilibre et de puissance dans la fabrication des charpentes, les grands bois disparaissent.

Philibert Delorme a décrit dans un ouvrage célèbre les procédés qu'il inventa pour suppléer à la pénurie des gros bois de charpente. Grâce à la forme brisée qu'il donne au toit, grâce à d'autres artifices de construction, grâce surtout aux assemblages qu'il imagina et qui sont encore aujourd'hui d'un emploi courant, il put construire les combles des plus vastes châteaux, et cela « sans s'ayder de grandes pannes, sablières, poutres, chevrons, pousteaux et autres sortes pour lesquelles il faut employer de grands arbres qui sont en ce pals fort rares. >

Il résolut ainsi le problème de « faire les poutres nécessaires pour les grands logis des roys et princes, non de gros bois et grands arbres comme on faicty ains de trois, quatre ou cinq cents pièces de petit bois de toute sorte. »

Mais la rareté des grands bois, qui exigeaient, dès le XVI e siècle, cette grande économie dans les matériaux, n'a fait que s'augmenter depuis. C'est une des raisons qui ont fait songer à éliminer le bois des constructions ordinaires pour les remplacer par le fer.

Les bois ne sont encore recherchés dans les constructions et dans les arts que parce qu'ils jouissent de certaines propriétés qui les rendent propres à tel ou tel usage.

Ces principales propriétés, considérées au point de vue particulier de la construction, sont les suivantes :

Durée. — Cette propriété dépend avant tout des milieux dans lesquels ils sont plongés. Un bois bien sec et placé dans un milieu constamment sec peut durer très longtemps quand il n'est pas attaqué par, les insectes. Sous ce rapport, ce sont les vieux bois résineux qui ont le moins à craindre. Les bois qui sont les plus exposés aux attaques des vers sont : le charme, l'aulne, le bouleau, l'aubier de chêne, puis viennent ensuite le hêtre et l'érable.

Les bois continuellement plongés dans Peau pourrissent difficilement. Mais la durée des bois est très limitée quand ils sont soumis continuellement à des alternatives de sécheresse et d'humidité; les arbres dont les vaisseaux sont gorgés de matières résineuses, dont les couches sont denses résistent plus facilement à ces alternatives. Les bois durs offrent aussi plus de résistance que ceux dont le tissu cellulaire est lâche et poreux.

Pour augmenter la durée des bois, il faut les abattre hors sève, les faire sécher avec soin et ne les mettre en œuvre que lorsqu'ils sont parfaitement secs ; enfin il faut avoir recours à l'un des procédés de conservation que nous avons décrits.

Facilité à se fendre. — Tous les bois peuvent être fendus par le secours du coin et de la masse, mais quelques-uns jouissent de l'avantage de se fendre avec facilité d'une manière nette et régulière dans la direction de leurs fibres. Cette propriété est importante, car certains bois exigent, sous le rapport de la solidité, qu'on les fende et non pas qu'on les débite à la scie.

Les bois qui se fendent le plus facilement sont le chêne, le hêtre et les conifères; puis viennent après l'érable, le frêne, le tilleul, le tremble et le bouleau.

L'orme, le charme, le peuplier noir ne se fendent que difficilement.

Elasticité. — Cette qualité n'est appréciable que si elle est unie à la force de résistance et lorsque le bois ne se rompt pas facilement.

De tous les bois, c'est l'if qui est le plus élastique. Les charmes, les érables, les chênes le sont également beaucoup dans leur jeunesse. Au contraire, les vieux chênes ne le sont presque plus, tandis que l'orme, le sapin, le mélèze, l'épicéa, le frêne et le tremble conservent cette qualité en vieillissant.

Flexibilité. — C'est la propriété de s'infléchir ou de se courber sous l'action d'une certaine force, sans se briser; elle est très recherchée pour certains usages.

La flexibilité peut être accrue par l'humidité jointe à la chaleur, et sous leurs influences combinées on peut donner à presque tous les bois des courbures et des formes permanentes sans les rompre.

Cette propriété est naturellement très précieuse pour les bois mous employés en vannerie, en boissellerie, en tonnellerie.

Parmi les bois de tige, les plus flexibles sont l'orme, puis le jeune chêne, le frêne, le charme, le saule, le sapin, le bouleau et le tremble.

Force de résistance. — Elle'se mesure par l'effort plus ou moins considérable qu'il faut faire pour rompre les bois soit en travers, soit dans le sens longitunal des fibres.

La force en travers des fibres est à peu près la seule que l'on estime dans les arts. Les bois qui la possèdent au plus haut degré sont ceux dont les couches ligneuses sont denses et serrées. Le hêtre, le frêne, le chêne, Forme et le charme occupent le premier rang ; les autres bois et les bois résineux sont beaucoup moins forts.

Densité. — Elle peut être considérée à deux points de vue : densité absolue et densité relative.

La première consiste dans la densité réelle et la multiplicité des fibres ligneuses. Elle sert à mesurer le degré de combustibilité des bois.

La densité relative consiste dans la manière uniforme et régulière avec laquelle les fibres du bois sont réparties, et lorsqu'elle est élevée, on ne doit apercevoir ni vide ni cellule.

Cette densité influe beaucoup sur l'aspect du bois; plus elle est élevée, plus le grain est fin et susceptible de prendre un beau poli.

Certains bois possèdent ces deux densités; nous citerons le buis, l'if, le pommier, le poirier, l'érable, le charme ; au contraire, le chêne et le hêtre n'ont qu'une densité absolue, tandis que le marronnier d'Inde, le tilleul, le tremble, le saule ne jouissent que d'une densité relative.

Dureté. — Elle se mesure par la résistance que le bois oppose aux instruments tranchants et dépend en partie de la densité absolue.

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