RÉSINES
Ce sont des matières inflammables plus ou moins solides ou visqueuses qui découlent de certains arbres. Elles se distinguent des gommes en ce qu'elles ne sont pas solubles dans l'eau, ce qui les rend très combustibles. On peut les classer en trois catégories : les résines liquides, solides et les gommes-résines.
Les résines liquides ou baumes contiennent assez d'huile essentielle pour rester liquides telles sont la térébenthine, le baume de copahu, le baume de la Mecque, le benjoin.
Les résines solides comprennent la résine animée, la colophane, la gommelaque, la sandnraque, etc.
Les gommes-résines les plus importantes sont le copal, la résine élémi, la gomme-gulte, la gomme ammoniaque, etc.
Les principales résines sont les suivantes :
La résine de gomart d'Amérique (Bursera gummifera), provenant de la Martinique et de la Guadeloupe, employée pour le feutrage.
La résine de Carnauba, provenant de la Guyane.
La résine mani (Moronobea coccinea), abondante à la Guyane, employée pour calfater les pirogues et fixer le fer des flèches.
La sandaraque extraite en grande quantité dans la colonie de Victoria du Callitris verrucosa. C'est une résine d'un jaune pâle, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool. Elle se compose de trois résines acides.
Le copal de Zanzibar. Cette dernière contrée peut en fournir annuellement plus d'un million de kilogrammes.
La gomme copale du Gabon (Guibourtia), qui est inférieure en qualité à la gomme copale de Zanzibar et que les indigènes récoltent dans le sable de grandes plaines où se trouvaient sans doute des forêts, anjourd'hui détruites par l'incendie.
La résine d'Ocouraé, produit d'un arbre de la famille des térébinthacées qui est très commun au Gabon, où il sert à l'éclairage ; cette résine peut être employée en médecine et dans le feutrage des chapeaux.
Le copal d'Orient (Valeria indica), provenant de's Indes.
La résine de Kaori (Oammara ovata), provenant de la Nouvelle-Calédonie.
La résine de Tabernœmontana macrophylla, produite aussi par cette dernière colonie.
La résine Dhoona extraite par incision du Shorea robusta, arbre très répandu dans les Indes. Elle coûte environ 40 centimes le kilogramme.
La gomme-laque, produite par le Coccus lacca, provenant des provinces indiennes Ramree, Akyab, Leydomey, Neypore, Pégu, et formant un objet d'exportation considérable.
La laque noire extraite du Melanorrhœa usitatissima, formant un produit très estimé, dont la valeur, aux Indes, varie de 180 francs à 80 francs les 1 00 kilogrammes, suivant les qualités.
La résine du pin noir (Pinus auttriaca), espèce d'arbre qui ne se rencontre guère que dans les grandes forêts de la basse Autriche. Cette résine est d'une qualité supérieure.
La résine Kino australienne y extraite de différentes espèces d'arbres du genre Eucalyptus, dans la colonie de Victoria.
La résine du Pinus pinaster, récoltée en Italie.
Enfin les résines du pin maritime, récoltées en France, qui comprennent les spécimens suivants :
1° La résilie molle ou gomme pâteuse, semi-liquide, coulant le long des entailles faites à l'arbre et recueillie dans des récipients en terre;
2° Le galipot ou gomme concrète adhérente à l'arbre;
3° Le barras ou gomme concrète, moins pure que les précédentes.
La substance qui dérive immédiatement des résines-gommes est la térébenthine employée en parfumerie et dans la fabrication des vernis. C'est la résine molle soumise à l'action du soleil qui fournit par simple décantation la térébenthine vierge. On obtient un produit supérieur en recueillant le suintement qui s'opère au travers des douves de tonneaux remplis de gomme molle. Ce produit porte le nom de térébenthine de Venise.
La distillation des résines gommes qui se fait à une chaleur modérée dans des chaudières avec addition d'eau, donne 16 p. 400 de térébenthine. Cette distillation fournit en outre 75 p. 100 de résine cuite, 2 p. 100 de colophane, enfin 7 p. 100 de brai sec.
Le brai gras, les huiles pyrogénées, et le goudron qu'on prépare également dans les landes de Gascogne, sont obtenus par la distillation directe des débris de manipulation.
La résine sert aussi à faire des graisses pour le graissage des essieux de voitures et des marchines. On en fabrique enfin des chandelles qui se vendent principalement en Bretagne.