‹ Le boisChapitre 4 sur 238 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

« Cuides-tu que ce soit peu de chose à l'homme prudent qui considérera l'utilité du bois et qui sur toutes choses s'estudiera d'en avoir en son héritage? Que saurais-tu faire sans bois? »

Mais nous verrons plus loin, dans le cours de cette étude, que si l'Europe en général montre une grande pénurie de bois et l'insuffisance de plus en plus grande de ses produits forestiers, on contemple au contraire, de l'autre côté de l'Atlantique, sur le continent américain et en Australie, des richesses accumulées depuis des siècles et jusqu'à ce jour peu exploitées. L'Exposition universelle de 1889 a été une manifestation éclatante du parti que l'industrie humaine peut tirer de ces richesses. C'est là une réserve précieuse destinée à subvenir aux besoins de tous, et dont l'importance économique rappelle encore ces paroles de Bernard Palissy :

« J'ay voulu quelques fois mettre par estats les arts, qui cesseroyent alors qu'il n'y auroit plus de bois ; mais quand j'en eus escript un plus grand nombre, je n'en sceus jamais trouver la fin à mon escript, et, ayant tout considéré, je trouvay qu'il n'y en avoit pas un seul qui se peust exercer sans bois. »

Les économistes sont à peu près d'accord sur le rôle que doit occuper l'agriculture dans l'Etat, mais ils sont bien loin d'être du môme avis sur celui des forêts, soit qu'elles appartiennent aux particuliers, soit qu'elles dépendent du domaine national.

Ce n'est point ici la place de reprendre les discussions qui s'élèvent partout, constamment et périodiquement aux époques des tentatives d'aliénation du domaine forestier.

Ce que nous voulons constater, et cela à grand regret, c'est l'indécision des hommes les plus autorisés à faire prévaloir leurs opinions sur cette question des forêts et l'importance capitale de ces hésitations.

Tout ce qui touche aux forêts se ressent de cet état maladif, et le déboisement continue jusqu'à ce qu'un nouveau Colbert impose la rigidité d'une volonté à la place de la stérilité des conseils.

Par M. Panl CHARPENTIER

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