CHÊNE A FEUILLES DE CHATAIGNIER
Cet arbre habite la grande Kabylie et la Kabylie orientale sur les montagnes dont l'altitude dépasse 1.000 mètres. C'est une variété du chêne zéen avec lequel on le rencontre souvent. Le gland mûrit tous les deux ans; la densité du bois qui a beaucoup d'aubier varie de 0,835 à 1,024.
CHÊNE KERMÈS (Quercua coccifera).
Très commun sur le littoral africain, notamment dans la province d'Oran. Les racines fournissent un tan très recherché et donnant lieu à un commerce considérable. Le quintal d'écorce à tan au chantier voisin du lieu d'exploitation vaut actuellement environ 9 francs.
Mais cette exploitation est néfaste, car les 90.000 quintaux d'écorce à tan que la province d'Oran exporte annuellement, sont obtenus en détruisant sans reproduction possible, environ 480.000 stères de matière ligneuse.
1*0 ENCYCLOPÉDIE CHIHKJl'K
FIN D'ALBP (Pinua ha Icpe nsis).
Les chiffres que nous avons donnés précédemment montrent que cette
essence est la plus répandue en Algérie. Elle prospère dans tous les sols; on la Irouve encore sur les hauts plateaux du Sahara. I.e bois est plus durable que celui des pins des Landes. On lui donne en général la préférence pour la fabrication des poteaux télégraphiques.
Pl.V MARITIME! [Pinus maritima).
Cet arbre est beaucoup plus rare que le précédent. Les seuls terrains qui lui conviennent sont les terrains siliceux anciens et particulièrement les traeliyles. Ce pin forme des forêts importantes près de Bone et du cap Rangaront.
PAUL CHARPENTIER — LE BOIS i2l
LE CÈDRE (Cedrus libani).
Le cèdre est un bois du plus grand prix à cause de ses grandes dimensions, de sa raideur, de sa belle coloration rouge. Il se rencontre sur beaucoup de montagnes dont l'altitude dépasse 1.500 mètres. Les forêts les plus considérables sont situées à Test et à l'ouest de Batna.
La durée de ce bois est supérieure à celle de la plupart des résineux. 11 est résineux sans essence coulante, même à une température de 35 degrés centigrades. Fin sans être trop pesant, il est facile à travailler, ne gauchit pas, et par son odeur agréable et pénétrante, il se garantit lui-même des atteintes des insectes. Comme placage d'intérieur de meubles, il rend de grands services à cause de cette odeur.
LES THUYA (Callistris quadrivalvia).
Cet arbre est commun dans le Tell oranais et algérien où souvent il couvre des étendues considérables, soit à l'état pur, soit mélangé avec le pin d'Alep. La province da Constantine n'en renferme pas, mais on le retrouve en Tunisie.
La réputation du thuya est connue. On sait qu'avec la loupe de cet arbre on fabrique des meubles d'une très grande beauté. Le thuya était connu des Romains sous le nom de citrus. Pline en parle longuement et cite certains prix de tables faites en citre, prix qui sont fabuleux : 300.000 francs 1
LE CtENEVRlER DE PHÉNICIE (Juniperus phœnicea).
C'est un arbre assez commun sur les hauts plateaux. La variété macrocarpa se rencontre surtout dans la province de Constantine.
L'IF (Taxus baccata) se trouve dans l'Àurès et le Djurjura.
LE LENT1SQUE (Pistacia lentiscus).
Cette essence est très répandue dans les trois provinces algériennes; elle est assez rare cependant sur les hauts plateaux et le Sahara n'en renferme pas. Les feuilles du lentisque sont très chargées en tannin. En Amérique et dans les colonies anglaises, on fait usage depuis longtemps d'un procédé de concentration qui permet de tirer de ces feuilles un acide tannique que l'humidité n'altère pas et qui ne colore pas les cuirs.
LE CAROUBIER (Ceratonia siliqua) se rencontre dans toute l'Algérie. Homère le désignait sous le nom d'arbre des Lotophages. Sa culture comme celle de l'olivier peut devenir très lucrative lorsqu'elle est bien entendue.
En Egypte, en Arabie, en Espagne, en Italie, le fruit du caroubier est comestible et peut remplacer certaines céréales.
LE MICOCOULIER (Celtis Australie) se trouve dans les forêts de la Kabvlie et des environs de Bône. Comme il se coji tente de terrains secs, on
l'emploie beaucoup dans les reboisements. Son bois très élastique sert à fabriquer des manches de fouets.
LE TAMARIX DE FRANCE (Tamarix gallica) est commun dans les trois provinces. Il y en a plusieurs variétés qui, réunies ensemble, forment la forêt de Saada au sud de Biskra.
Les autres essences indigènes qui méritent d'être citées, sont les divers Érables, les Frênes oxyphilla et excelsior, les Peupliers blanc et noir, le Saule blanc, Y Olivier, le Châtaignier ; puis dans les sous-bois, les Genêts, Lentisques, Nerpruns, Myrtes, Houx, etc.
Quant aux essences exotiques, nous citerons tout d'abord la principale :
L'EUCALYPTUS qui est originaire d'Australie. Une centaine d'espèces ont été naturalisées en Algérie. Chacune d'elles peut être affectée à un terrain spécial. Ainsi le Rostrata et le Tereticornis poussent dans les plaines basses et marécageuses exposées aux inondations en hiver, mais dont le sol est profond; le Cornuta, le Resinifera, le Diversicolor et le Globulus sont destinés aux ravins et aux vallées humides en bon sol; le Marginata et le Meliodora sonl affectés aux localités élevées et sèches, aux parties montagneuses et pierreuses; YObliqua et le Bucoxylon se plaisent dans les situations élevées et sans abri où la végétation est maigre, où les vents et la sécheresse peuvent régner souvent, etc., etc.
Ces arbres ont une croissance très rapide. Le cornuta peut atteindre une hauteur de 100 mètres avec 3 mètres de diamètre à la base. Leur bois est très résistant, durable, élastique; il est employé dans les charpentes, mais on doit avant l'emploi le traiter à la vapeur d'eau, sinon on s'exposerait à le voir se fendre et se tordre.
Les Acacias australiens acclimatés en Algérie sont très nombreux; les plus intéressants sont les suivants :
L'Acacia melanoxylon, qui se reproduit naturellement de semence aux environs d'Alger.
Le biophylla, le pyenantha et le cyanophylla, qui ont la propriété de bien supporter la sécheresse.
Ces arbres croissent rapidement, mais n'atteignent jamais de grandes élévations. Leur bois, très bon pour la fente, est recouvert par une écorce riche en tannin pouvant en donner jusqu'à 30 p. 400.
Enfin, pour le trafic et l'exportation de toutes ses richesses végétales, l'Algérie est heureusement servie par la nature, grâce à sa situation géographique, à l'étendue de ses côtes, et l'extension continue de ses voies ferrées lui permettra, dans un avenir prochain, d écouler ces mêmes richesses et d'en tirer un grand profit.