‹ Le bois sacré; comédie en trois actesChapitre 20 sur 42 · FRANGINE, BENJAMIN · texte numérisé non relu

FRANGINE, BENJAMIN

BENJAMIN

Un fauteuil, madame?

FRANCINE

Merci!

BENJAMIN, allant pour fottir, pu's revenant.

Avant de me retirer, madame me permettra de lui dire combien je suis flatté de la retrouver ici.

Vous me connaissez ?

BENJAMIN

Depuis long;temps.

FRANGINE

Tiens, où m'avez-vous donc vue?

BENJAMIN

A l'ég-lise, madame, à l'église Saint-Augustin.

FRANGINE

Quand ça?

BENJAMIN

Le jour du mariage de madame.

FRANGINE

Comment, vous y étiez?

BENJAMIN

Si j'y étais?... C'est-à-dire qu'après le mari de madame, j'étais certainement la personne la plus rapprochée du prie-dieu de madame.

FRANGINE

Comment ?

BENJAMIN

J'étais suisse. J'étais le plus distingué des deux suisses... Et madame est heureuse?

FRANGINE

Très heureuse.

BENJAMIN

Monsieur est gentil ?

FRANGINE

Très gentil I

BENJAMIN

Ça ne m'étonne pas.

LE BOIS SACRÉ lOd

FRANGINE

Pourquoi ?

BENJAMIN

Parce que... J'ai vu bien des mariag^rs., n'estce pas?... J'avais une grande habitude. Et j'ai remarqué que, lorsque M. le curé a béni les anneaux, et que monsieur et madame se sont juré fidélité, monsieur riait, madame riait aussi. Et je me suis dit : « En voilà deux qui s'entendront bien. » Et je ne disais pas ça tous les jours.

FRANGINE

Vous avez raison... Les seuls serments qu'on tienne, ce sont ceux qu'on fait en riant.

BENJAMIN

Mais, voici monsieur le directeur.

Benjamia sort.

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