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Les ateliers comprena'ent avant le passage à la journée de sept heures 6577 ouvriers; après son introduction, on à embauché 1.169 travailleurs, et au 1° octobre 1928, le personnel total Se montait à 8.046 personnes. Mais, au 1° octobre 1929, n'y avait plus que 7.363 ouvriers, et en novembre plus que 6. 558. soit un peu moins qu'avant le passage à la journée de sept beures, ;
Ce cas, et d'autres analogues, ont été indiqués par l’organe du Conseil supérieur économique, « Za Industrialisaziiou » (31 janvier 1930). (1)
Ainsi, l'on avait trouvé qu'avec l’équipe de sept heures on n'avait pas besoin de plus d'ouvriers qu'auparavant et on a licencié les nouveaux embauchés. Dans d’autres usines qui sont passées plus tard à l'équipe de sept heures, on a mis à profit ces expériences et, dès le début, on n’a pas augmenté le nombre d'ouvriers.
Le résultat est que le même nombre d'ouvriers doit maintenant, sur les 24 heures, en trimer 21 au lieu de 16, chacun individuellement 10 heures et demie au lieu de 8. Leur labeur est augmenté, non diminué.
Il y a d’autres méthodes encore pour tirer des ouvriers plus d'heures de travail, mais fournir d’autres détails à ce sujet nous entrainerait trop loin.
La période de travail de sept heures avait été saluée comme un moyen de remédier à l’épouvantable chômage. Elle ne l’a pas réduit le moins du monde. Le manque de travail est un fouet pour le prolétariat dans l'Etat soviétique aussi bien que dans les États capitalistes.
Mais ny a-t-il pas au moins de quoi faire honte à ces derniers dans l'assurance contre le chômage en Russie ? Voyons :
Dans le dernier rapport annuel 1928-29 le secours mensuel moyen pour un chômeur (secours familial compris) était compté 14,84 roubles, le gain moyen d’un ouvrier d'industrie étant de 74,33 roubles. Ainsi le chômeur assisté recevait 20 % d'un salaire moyen. Voyez à ce sujet l’article de S. Schwarz,
1) Reproduit dans R, $S. D. äu 6 février dernier.
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paru en allemand le 13 février 1930 dans R:S.D. : «Le Komintern, l'U. R. S. S. et la lutte contre le chômage ».
Une somme de 15 roubles représente nominalement 3% marks (ou 180 francs actuels), mais en réalité beaucoup moins, la puissance d'achat du rouble en Russie ayant beaucoup diminué par suite de l'inflation de ces dernières années. Ainsi, le chômeur assisté recevait là-bas l’année dernière moins pour un mois qu en Allemagne pour une semaine.
Avec de pareilles sommes, les chômeurs ne doivent pas aller bien loin. Et pourtant, heureux celui qui a part à ces secours. On compte qu'en 1928-29, 713.500 chômeurs avaient été assistés.
Officiellement, on donne un nombre supérieur : 853.700; mais S. Schwarz démontre dans l’article déjà cité quil y en a eu bien moins. D'ailleurs, même le nombre donné officiellement est bien inférieur au nombre des chômeurs enregistrés, putsqu’on en comptait officiellement pour 1928-29 une moyenne annuelle de 1.223.700. II n’y en aurait donc eu, selon les calculs officiels, que 70 % de secourus, en réalité bien moins encore.
Or, pour l’année courante, ces chiffres ont encore baissé. Avec les ressources prévues pour cette destination, on ne pourrait plus secourir que 541.600 ouvriers en chômage!
Et en outre, tous les chômeurs sont loin d'être enregistrés. Un fort grand nombre sont repoussés par les offices de plaéement et, ne figurant pas sur les registres, ils n'existent tout simplement pas pour la politique sociale de la Russie.
Sans livret de syndiqué, on ne peut ici (en Russie soviétique) trouver de travail. Mais d’autre part, il est presque impossible au chômeur de devenir membre d’un syndicat. 11 dépend du syndicat de donner au chômeur un livret ou du travail, ou de le laisser mourir de faim. (1)
Dans un article du « Bulletin économique >» publié en russe à Prague (2) sur le chômage, le nombre des chômeurs en
1) Th. Dan, La Russie des soviets telle qu’elle est, (Prague, 1926) page 81.
2) Reproduit dans La Russie opprimée, 24 mai 1930,
Russie dans l’année 1928-29 est compté pour 2.912.800, par conséquent près de 3 millions, sur 12 millions de travailleurs salariés.
D'après cela, il y aurait donc eu presque un quart de ch6meurs. L'année dernière, le chômage aurait diminué. Pour combien de temps?
Mais si désespérée que puisse être la situation des chémeurs dans la Russie d'aujourd'hui, bien pire que dans plus d'un Etat capitaliste en Europe, et à quelque point qu’elle puisse empirer d'année en année, les hommes qui travaillent ne sont-ils pas au moins en meilleures conditions ? Certes, pas au point de vue du temps de travail, nous l'avons vu. Mais les Conseils ouvriers ne dirigent-ils pas la marche de la production et les syndicats ne sont-ils pas dans la Russie des Soviets plus puissants que n'importe où dans le monde?
Le fait est qu'à peu près tout homme qui a du travail est membre de son syndicat, ne serait-ce que par la raison que je viens d'indiquer, parce qu’il n'obtient du travail qu'en en étant membre. Mais le syndicat en Russie soviétique n'a de commun que le nom avec ceux d’autres pays.
La Révolution de mars 1917 avait apporté aux ouvriers la pleine démocratie et avec elle la possibilité de constituer de grands syndicats. En même temps étaient nés aussi les Conseile d'ouvriers, aussi bien comme éléments tant de force politique que de force économique. Ils l’étaient grâce à la Révolution « démocratique », et ils existaient comme tels avant l'avènement du bolchevisme. Ce n'est pas à lui qu'ils ont dû leur puissance, mais au rebours, ce sont eux “dont la puissance, avec celle des soldats et matelots de Pétrograd — qui n'était pas encore Léningrad — fut ce qui aida le bolchevisme à se mettre en selle.
Mais une fois que celui-ci se-sentit bien assuré dans sa nouvelle position, toute organisation libre dans l'Etat qu'il ne pouvait pas diriger bureaucratiquement lui devint désagréable. Celles dont il ne pouvait pas se servir ou qui lui résisteraient furent brisés. Celles dont il avait besoin, parce qu'il s'était
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élevé sur leurs épaules, il chercha à se les rendre dociles. S'il y réussissait, elles avaient le droit de continuer d'exister.
Cela s'applique aux syndicats, aux coopératives, aux Conseils d'ouvriers. [ls existent et agissent jusqu'à l'heure qu'il est, ils jouent un grand rôle en Russie. Mais si, sans se laisser abuser par le maintien des noms, on y regarde de plus près, on s'aperçoit que toutes ces institutions sont aujourd'hui le contraire de ce qu'elles étaient à l’origine: ce ne sont plus des organisations indépendantes pour la garantie des intérêts d'ouvriers libres, mais des instruments soumis de la bureaucratie d'Etat et du Parti communiste régnant, qui insstalle leurs chefs et prescrit le résultat de leurs délibérations. Quiconque parle dans une des réunions contre le système régnant ou bien se présente dans une élection comme candidat d'opposition cesse d’être un homme libre. Le lendemain, la police politique lui met la main au collet et il peut s’estimer heureux s’il n’est. qu'expédié aux îles Solovietsky dans la Mer glaciale et non immédiatement collé au mur.
Syndicats et Conseils d'ouvriers ne sont plus que des auxiliaires dociles du gouvernement; leur fonction ne consiste plus à adapter le plus possible la marche de l'exploitation de l’usine à l'intérêt des ouvriers, ils doivent au contraire de plus en plus faire accepter et imposer aux ouvriers tout ce qui rend l’exploitation pire, prolongation du temps de travail, intensification du travail, réductions de salaires, etc.
Voilà ce que sont devenues les conquêtes de la Révolution en politique sociale. Et alors, nous sommes autorisés à poser encore une fois la question : Où trouve-t-on dans ce domaine la révolution et où, la contre-révolution? Qu'est-ce qui est la contre-révolution dont la Révolution est menacée et contre quoi nous devons la sauver?
B. __ L’abolition de la propriété individuelle des moyens de production
Mais qui donc fera grand état des résultats de la politique sociale? En somme, ce ne sont que de pitoyables réformes. Ce n'est pas sur ce terrain que la Russie des soviets
a rivalisé avec les Etats capitalistes, c’est sur une véritable révolution sociale. Là, elle peut montrer des œuvres qu'aucun autre Etat n'a osé aborder. Et même la Révolution russe « bourgeoise » de 1917 en a eu peur. Elles sont uniquement et exclusivement dues au bolchevisme.
À la vérité, la révolution démocratique aurait aussi bien que la révolution bolcheviste exproprié la grande propriété foncière. Par contre, l’expropriation du capital, de tout capital quelconque, en trois coups de cuiller à pot, il n’y a eu pour l'oser que le Parti communiste victorieux. Et la révolution démocratique donnait sans doute aux propriétaires la liberté de se rassembler en syndicats et Conseils d'ouvriers puissants. Mais la toute-puissance dans l'Etat ne leur a été donnée que par le Parti communiste victorieux. C’est proprement la révolution sociale que celui-ci a accomplie. C'est elle qui est menacée par la contre-révolution s’il tombe. — Ainsi parlent les bolcheviks.
Alors la question se pose : Est-ce là la Révolution que nous aussi, les socialistes, devons défendre contre la contrerévolution ?
Le manifeste de l’IO.S. déclare ceci :
Une victoire de la contre-révolution serait une catastrophe, non seulement pour les peuples de l’U. R. $. $., qui seraient frustrés des fruits de leur grande Révolution, non seulement pour la classe ouvrière de l’Union soviétique, dont la lutte héroïque n'aurait Servi à rien, mais encore pour le mouvemeut ouvrier, pour la démocratie et pour la paix du monde.
Sommes-nous maintenant arrivés à ces « fruits de la grande Révolution > qui sont si infiniment précieux que leur suppression par une contre-révolution serait une immense catastrophe même pour la démocratie et la paix du monde ?
On ne saurait douter, en tout cas, que les domaines maintenant en question caractérisent spécifiquement l'Etat bolchevik et que ce qu'il a créé dans ces domaines est menacé si la toute-puissance du communisme vient à cesser.
Il prétend exécuter le programme propsé par Marx et Engels portant ces revendications : Conquête du pouvoir politique par le prolétariat et socialisation des moyens de pro-
duction, pour le moins de ceux qui sont aujourd hui propriété privée capitaliste.
L'un et l’autre sont aussi le but de la social-démocratie.
Il est vrai que nous n’avons pu être d'accord avec Ja méthode que le bolchevisme a appliquée. En quelques coups il a fait passer tous les centres de production industrielle de la Russie, hors les tout petits, dans la propriété de l'Etat.
Or, il est certes possible d'accomplir d'un coup un simple changement de propriété. Mais icela seulement à condition que dans l'exploitation industrielle elle-même rien ne soit changé, que tout reste comme il était. Si la socialisation ne changeait rien que de mettre le nom de l'Etat à la place de celui du ci-devant propriétaire, cela pourrait assurément se faire tout de suite pour toutes les usines sans aucune difficulté.
Cependant, il s’en pose une déjà dans le cas où le ci-devant propriétaire était aussi le directeur de l’entreprise, comme c'était la règle jusqu’à l’avènement des sociétés par actions. Déjà la transformation d’une entreprise privée en exploitation par actions n'apparaît pas toujours avantageuse, elle est hée à certaines conditions préalables et doit toujours être soigneusement préparée.
Il en est de même de l’étatisation d’un établissement. Des conditions de propriété peuvent être changée d'un coup, mais non des conditions d’exploitation. Les changer à fond subitement sans préparation produit dans tous les cas des perturbations profondes, et peut souvent mener l'exploitation à la ruine.
C’est vrai dans une mesure particulièrement forte de toute transformation du fonctionnement d’une entreprise qui se he à la socialisation. L'entreprise ne doit plus servir, comme entre des mains capitalistes, à procurer du profit, mais à répondre le mieux possible aux besoins du consommateur et au bienêtre de ceux qui y travaillent. Les résultats en doivent satisfaire, non plus les capitalistes, mais les consommateurs et les trvaailleurs. Cela représente des modifications profondes dans la situation des ouvriers et dans la part prise par eux à la direction de l’entreprise, mais aussi dans la politique de placement des produits. |
Tout veut être bien préparé. D'ailleurs, une transformation de ce genre n'est pas possible pour toutes les branches de production, pour toutes les entreprises, pour tous les personnels ouvriers. Si une partie des exploitations peuvent être socialisées immédiatement, il est nécessaire que d'autres continuent temporairement à produire selon le mode capitaliste. Mais leurs propriétaires ne le feront pas, s'ils courent le risque de voir un beau jour leurs entreprises confisquées.
Pour que la marche de la production puisse se continuer sans trouble, malgré une socialisation entamée, 1l est de nécescité urgente qu’on prépare celle-ci avec soin, qu'on l’entreprenne par échelons, et qu’on indemnise les capitalistes expropriés de leur moyen de production, non pour leur faire plaisir, mais parce qu'un arrêt complet de la marche de la production représente la plus effroyable misère, ordinairement pour les travailleurs plus encore que pour les capitalistes.
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Les chefs du bolchevisme se sont montrés si dénués de tout coup d'œil économiquement, qu'ils ont été aveugles à cet égard. Îls ne peuvent pas dire que nous autres socialistes ne l’avons reconnu que plus tard, grâce à leurs expériences. J'ai traité ce sujet 1] y a près de trente ans déjà, en 1902, dans ma brochure
sur € La Révolution Sociale », chapitre intitulé : « Confiscation ou indemnité ». (1)
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