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Il se peut que la méthode de confiscation générale de toutes les usines ait été, dans les premiers mois du régime bolchevik, aussi inévitable que le procédé correspondant à l'égard de la grande propriété foncière. Peut-être les prolétaires arrachés à leurs chaînes par la chute du tsarisme étaient-ils assez indisciplinés et ignorants pour ne pouvoir être acquis à des formes de socialisation mieux entendues. Il est certain que les bolcheviks ont dû alors leur montée au pouvoir à cette circonstance, qu'ils disaient Oui et Amen à tout ce que voulaient les masses, que
ce fût raisonnable ou non. Cependant, on peut voir par les écrits
(1) Traduction Léon-Rémy. Paris, Rivière, 1912, pages 145-150, 12e édition 1921),
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de Lénine qu'il ne pressentait à aucun degré la grandeur des tâches qui s’ouvraient devant lui et croyait qu'on pouvait se rendre maître des problèmes les plus difficiles en se jouant.
C’est ainsi qu’on en vint à nationaliser tous les centres de travail à l’exception de l’agriculture.
Méthode assurément toute barbare, primitive, qui montre à quel point les choses étaient peu mûres. Inévitable, la méthode pouvait bien être, mais ce qui ne l'était pas, c'était les espérances que les bolcheviks y attachaient et qu'ils prônaient comme leur grand exploit. De cela, ils sont exclusivemenit les responsables.
Mais le socialisme à un degré supérieur de développement a beau devoir répudier cette méthode, il ne va pas de soi qu'il en soit de même du résultat. L’étatisation de l'appareil total — à de minimes exceptions près — de production industrielle est, c’est un fait, accomplie en Russie. Est-ce qu'il na pas ainsi dépassé de loin touts les autres pays dans la voie du socialisme ? N'est-ce pas là cette révolution dont la défense contre toute contre-révolution est aujourd’hui le devoir de tout le prolétariat socialiste, de toutes ses organisations, à quelque école quelles puissent appartenir :?
Il y a là une grossière méprise qu'Engels repoussait déjà en 1878, il y a plus d’un demi-siècle, et qui néanmoins retrouve toujours volontiers à s’infiltrer chez des socialistes qui ne sont que superficiellement éduqués : c'est l'idée que toute étatisation d’une industrie est du socialisme. Dans son livre : « M. Eugène Dühring bouleverse la science », il est dit :
Or a vu dernièrement apparaître, depuis que Bismarck s’est mis à étatiser, un faux socialisme qui, dégénérant même cà et là en un brin de servilité, déclare d'emblée socialiste toute étatisation, même celle de Bismarck. Certes, si l’étatisation du tabac était une mesure socialiste, Napoléon et Metternich compteraient parmi les fondateurs du socialisme, Quand l'Etat belge, pour des raisons politiques et financières absolument terre-à-terre, a COn&truit lui-même ses principales lignes de chemin de fer, quand Bismarck a, sans aucune nécessité économique, étatisé les principales voies ferrées de la Prusse, tout simplement pour être à même de les organiser et exploiter mieux en vue de la guerre,
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