‹ Le bolchevisme dans l'impasseChapitre 33 sur 52 · RE = D · texte numérisé non relu

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Mais une famine comme celle-là ne serait pas le résultat des conditions naturelles défavorables d'un été, par exemple d'une sécheresse extraordinaire. Des conditions anormales de ce genre ne se renouvellent pas si facilement. À une maurvaise récolte succède le plus souvent une bonne. Le fléau de la famine n'a pas eu en pareil cas une durée de plus d’un an.

Tout autre serait fatalement l'effet d’une disette de vivres qui serait le résultat de conditions sociales et politiques, lesquelles ne changent pas, et nécessairentent seraient encore empirées énormément par la famine.

Il faut ajouter que l'agriculture russe n’a plus produit, pendant ces dernières années, même dans les régions où l’économie paysanne est restée intacte, d'excédents assez forts pour compenser le déficit des régions à famine, Toutes les tentatives pour forcer le paysan des territoires les mieux situés à augmenter la fourniture de produits pour les régions déficitaires doivent encore accroître le mal et étendre le déclin de l’agriculture. Les régions qui produisent encore des excédents agricoles ne suffisent pas même depuis longtemps à nourrir les villes, encore bien moins les nombreuses régions o0Z 1l y a des kolkhoses sans suécès et des exploitations paysannes ruinées, qui entreront encore en ligne de compte en plus.

Si les causes de la détresse actuelle persistent sans changement, une famine qui en proviendrait doit de plus en plus diminuer les forces productives de l’agriculture, en sorte que sa décadence, commencée dejà depuis des années, prendrait dès lors une allure encore plus rapide.

Cela conduirait naturellement à réduire rapidement toutes les dépenses culturales, notamment en ce qui concerne les écoles déjà lamentables actuellement, à voir progressivement empirer encore l'alimentation déjà aujourd'hui insuffisante des ouvriers et des millions de personnes mourir de faim à la ville et dans les campagnes.

Finalement, ce fléau ne s'arrêtera pas non plus devant le Parti communiste et l’armée rouge, auxquels jusqu'à présent même affamée la Russie avait toujours réservé des moyens de bien vivre.

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Si les communistes ne se convertissent pas volontairement à la démocratie, ce qu'il est difficile d'espérer, si cette démocratie nest pas imposée par des mouvements prolétaires ou paysans, alors le sort qui attend le parti communiste, c’est de croupir — dans une Russie croupissante.

Par bonheur, cette éventualité, quoiqu'elle ne soit pas exclue, n'est néanmoins pas du tout certaine, et pas même vraisemblable. |

Bien que la dictature ait, depuis une douzain» d'années, cherché à détourner tous les points d'appui d’une opposition possibles, elke s’est elle-même tellement désorganisée et compromise à le faire, elle a créé tant de contradictions, provoqué une telle instabilité, que peut-être n'est-il pas besoin d'une violente secousse pour que la terre lui manque sous les pieds.

D'assez faibles mouvements d'éléments opposants pourraient amener cela.

C’est de la paysannerie surtout que pourrait sortir ainsi un mouvement d'opposition qui aurait du succès. Sans doute la population des villes est pour l'ordinaire plus mobile. Mais c'est aussi dans les villes que tout l’appareil oppresseur de l'Etat est concentré, armée et police. Au contraire, les villages sont moins à portée.

C'est pourquoi, dans ces dernières années, les villes sont restées tranquilles, en dépit d’une détresse croissante, au lieu qu'on signale fréquemment des désordres dans les villages. Encore plus souvent d’ailleurs, des actes terroristes dirigés contre tel ou tel communiste, le meurtre d'agents communistes en pleine campagne.

L'esprit de résistance semble donc, dans les conditions données de la Russie, s'être plus fortement développé, ou mieux, être plus en état de se manifester dans les campagnes que dans les villes.

Certes, ces troubles et ces actes de résistance de la part de paysans n’ont jusqu’à présent conduit à rien, qu à rrenforcer le régime de terreur même dans les campagnes, où, aux débuts de la domination soviétique, il s’était fait moins sentir. Les soulèvements paysans ne pouvaient avoir aucun résultat,

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