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LA BONNE BESOGNE

« bonne besogne » que fit alors le Petit français , organe authentique des officiers prisonniers à Brandebourg et Halle.

Les cent numéros de ce quotidien peu banal, paru du lundi 14 septembre 1914 au mardi 22 décembre, forment aujourd'hui un fort attrayant volume. La préface que M. Charles Benoist a faite pour l'œuvre du lieutenant Hubert de Larmandie mériterait d'être citée entière. C'est un excellent commentaire du titre choisi par les vaillants rédacteurs qui surent, dans l'inaction forcée, continuer la guerre et rester fidèles à leur programme : « Tous au coude à coude devant Tennemi qui nous tient en son pouvoir... sachons souffrir avec dignité». « Les Français, écrivait le député de Paris, que leur âge a écartés des champs sacrés où se joue la destinée de la France et préservés des hasards de la bataille^, vous remercient de l'avoir fait revivre pour eux », ce journal documentaire de la vie des prisonniers. Ils ne seront point les seuls à en goûter le charme ni à en tirer les leçons. Continuer ainsi la guerre et contribuer à en combattre les néfastes et désolantes influences est vraiment faire bonne besogne, aussi profitable aux combattants qu'aux témoins de la grande lutte. Tout ce qui maintient la vie, réconforte les cœurs et corrige les destructions qui sont l'essence du mal de k guerre sert à la fois la patrie et l'huma-

nité. Surmonter l'action dissolvante de la guerre, reconstruire ce qu'elle démolit, affirmer, fût-ce dans la captivité, la survivance ^u pays qu'elle voulait « saigner à blanc », c'est répondre aux voix pessimistes et intéressées qui chantaient déjà: Finie la France ! La France redressée continue la guerre et prépare la paix que la victoire de l'Entente garantira.

12 mars 1917.

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