‹ Le bon combatChapitre 16 sur 23 · UNISSONS · texte numérisé non relu

UNISSONS

tion ou d'y introduire des corps étrangers, non assimilables. Unir, grouper, souder les multiples manifestations de l'action humaine, qu'il s'agisse de bienfaisance, de commerce, de recherches scientifiques ou d*art, ce n'est donc nullement tendre à une centralisation, à une unification impossibles et paralysantes. Le conflit qui dresse les uns contre les autres les partisans de oc la liberté » et ceux de « l'obligation », dont les thèses ne cesseront de se combattre, qu'il s'agisse d'éducation professionnelle ou de toute autre des nombreuses réformes qu'il faudra mettre sur pied après la guerre, ne se résoudra que par l'échec auquel se condamnent ceux qui veulent en France « caporaliser » les énergies. En attendant, il fera couler des flots d'encre et perdre des heures précieuses. Il est donc légitime de mettre en garde les bonnes volontés si nombreuses qui veulent faire quelque chose, contre l'appétit du pouvoir de tout contrôler, absorber et légiférer. De l'union, beaucoup d'union, disons même de nombreuses unions, car les multiples groupements qui seront créés sous l'influence de nécessités locales et précises ou trouveront d'eux-mêmes les moyens de vivre et de prospérer côte à côte et sans se nuire, ou seront conduits à s'associer ; mais point de tentatives prématurées d'unification et de chimérique identification.

On demeure ici à dessein dans les régions générales de principes applicables à toutes les créations charitables ou lucratives que suscitera le besoin de réparer les maux de la guerre. Mais, pour illustrer ces théories par un exemple, qu'on me permette de signaler dans cet ordre d'idées ce qu'écrivait judicieusement, le i" avril, le « chet de file » de cet excellent Journal bimensuel des Mutilés et Réformés qui prend à cœur la cause des victimes de la guerre et défend avec énergie les intérêts matériels des réformés et blessés. Pris à partie par un camarade plus zélé que modeste, qui lui reproche (( de favoriser la création de nouvelles sociétés et de les aider dans leurs débuts », il répond avec justesse et impartialité :

Peu importe que telle société prospère plus qu'une autre. Le principal est que nous nous groupions sans tarder, que nousnoussentionslescoudes, que nous nous unissions pour la cause commune. Le temps sera le meilleur juge entre les bonnes sociétés et les médiocres. Celles qui auront efficacement travaillé et qui auront vraiment aidé leurs membres, en verront le nombre augmenter... Dans un avenir rapproché les petites associations fusionneront avec les grandes et quelques mois après la guerre, seules subsisteront les sociétés vraiment créées pour nous, celles qui placeront l'intérêt général au-dessus de celui de chacun.

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