ANNEE NOUVELLE
Les éventualités possibles, si nombreuses et si diverses, sont largement envisagées, mais ne dérangent rien de la déclaration primitive.
Plus imprégnée de christianisme et faisant écho aux âges de toi perdus aujourd'hui dans le recul des siècles, la même phrase se traduisait par les mots : c( Aime Dieu et va ton chemin ».
Elle donne le même son, celui de la résolution ferme, de la volonté tenace du but à conquérir sous sa forme moins confessionnelle : fais ce que dois.
Or ce qu'elle doit faire, la France et avec elle la coalition des Alliés, elle le fera pour que l'année soit bonne, pour que la victoire advienne, pour que le résultat de tant de sacrifices ne soit pas compromis.
Aussi non contente de vœux platoniques ni des congratulations de télégrammes officiels échangés entre les gouvernements, d'accord avec la déclaration unanime qui vient de répondre à la dernière manœuvre de guerre, l'Entente exécutera cette année cette (( opération de police sanitaire qui doit libérer l'Europe du cauchemar allemand ».
Elle a renouvelé le pacte de Londres, elle a répété, sur les réparations dues à la Belgique violée, ce qu'elle devait dire en réplique aux persistantes hypocrisies tudesques.
Tout homme éclairé pense que Guillaume II,
si toutefois l'orgueil, même déçu, lui laisse quelque sentiment humain, à défaut d'honneur, changerait volontiers de rôle aujourd'hui avec Albert I" qui, pour avoir tenu des serments, n'est provisoirement que le roi de l'Yser et n'a pour capitale que La Panne et l'enclave du Havre.
Les plus fervents admirateurs de la force allemande, ceux même qui au début prenaient en pitié la folie du peuple belge d'avoir résisté au colosse^ sont convaincus que la « misérable armée anglaise » n'a pas dit son dernier mot. .
A mesure que se développe la logique de « la justice immanente » et que les nations se sentant plus près du gouffre de la guerre, aspirent davantage à voir cesser la lutte, il apparaît plus nécessaire aux Alliés de finir jusqu'au bout leur oeuvre. Le devoir, tout tracé, se précise et s'affirme.
Enfin, pour terminer par une vaillante devise de l'antique sagesse des générations : aide-toi, le ciel f aidera^ les coalisés de la justice et du droit sont déterminés à prendre, de leur côté, toutes les mesures pour que le Dieu de Frédéric II et de son dernier héritier qui favorise, à les en croire, les escadrons les plus nombreux et les plus gros canons, sanctionne la justice de leurs armes.
Le ciel aidera nos efforts, qui ne peut approuver la violation des serments, qui maudit les impostures, condamne l'esclavage et réprouve les blas-