ACTE I, SCENE IV
FAU VILLE
Avec fa bonne mère et ta femme.
DOLCY,
Ma femme !
FAU VILLE
Oui; tu dois te marier, toi : tu as tout ce qu'il faut pour devenir le niodèle des maris 5 Fesprit sage , la tête mathématique 5 tu ne m'as rien confié , à moi , ton ami intime ; mais je trouve en moi une sympathie qui me révèle tous tes secrets : la fille de ton ancien patron , ceîte jeune LaureDerbelet, la cousine desBeaugrand... Tu ne réponds pas? c'est une réponse. Eh! eh! il doit y avoir là plus que de l'aisance.
DOLCY.
Ce qui m'a surtout frappé , mon ami , c'est l'espoir d'être heureux avec elle , et , puisqu'il faut te l'avouer , eh bien, oui, j'aiTamour-propre de penser qu'elle serait heureuse avec moi.
FAUVILLE.
On dit qu'elle a un petit caractère décidé?
DOLCY.
Un caractère charmant ! Je sais qu'on l'accuse d'être vive , susceptible , de s'irriter même lorqu'il lui semble qu'on ne se conduit pas comme on devrait le faire ; mais est-ce là un défaut? Non! c'est une qualité; c'est la preuve de sa raison , de sa bonté, de son esprit de justice ! Elle a un taot, une finesse , un discernement audessus de son âge.
FAUVILLE.
Je ne peux que me louer d'elle et de sa mère j ces dames se sont toujours montrées fort prévenantes pour moi j c'est tout simple , je suis ton ami ! Veux-tu que dès notre retour à Paris je fasse la déclaration ?
DOLCT.
Non, mon cher! non... Je suis bien décidé à ne parler que lorsque mon avenir sera assuré j lorsque je serai placé. Puissé-je Têlre promptemenl, car on peut marier mademoiselle Derbelet à un autre.
FAU VILLE
Ah ! si le bonheur voulait qu'il y eut une recette vacante dans la direction générale du vieux comte Dirselle ?
Du com le Dirselle?
FAU VILLE
Sans doute ! elle serait à toi. Je n'ose pas affirmer que le noble comte soit un administrateur bien capable; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il tient merveilleusement sa place à table, au jeu et près des belles. C'est qu'il a un plus grand mérite encore , celui d'être mon parent , mon ami , et d'avoir en moi une confiance illimitée. Tous les matins, je suis initié à ses secrets d'affaires et de plaisirs ; je le vois en robe de chambre. Ah ! mon ami ! si tu voyais un directeur général en robe (le chambre! Me voilà encore plus contrarié qu'il ne soit pas aujourd'hui des nôtres.
DOLCY.
Lui!
FAU VILLE
Je devais l'amener ici! je l'avais invité; je n'étais pas fâché de me montrer avec mon parent le directeurgénéral; mais il n'a pas pu différer son travail avec le ministre. Bah ! ton afïaire était sûre ! nous commencions Taltaque en nous mettant à table ; il résistait d'abord cm premier service, c'est la règle; mais il était bientôt ému par nos prières et par un vin de Bordeaux excel-