SCÈNE IX. ' FAUVILLE, DOLCY
FAUVILLE5 à part.
Allons! il n'y a pas à reculer!
DOLCY.
Vous ne vous attendiez pas à me revoir. Monsieur?
FAUVILLE.
Non , mon cher ami , mais j'en suis enchanté !.. .
fc DOLCY.
Ce sont des nouvelles assez singulières qui me font revenir sur mes pas , et qui m'engagent à vous demander une explication dont j'ai grand besoin , avant de voir madame Derbeiel et monsieur le comte Dirselle* car, grâce à vous , Monsieur, il faut que je m'explique avec tout le monde.
FAUVILLE.
Eh bien ! mon cher Dolcy , me voilà : mais pourquoi diable ce ton cérémonieux entre deux amis?
DOLCY.
Ami^! j'ai été le vôtre : avez-vous jamais été le mien ?
FAUVILLE.
En doutes-tu ?
DOLCY.
Répondez-moî , Monsieur v Est-il vrai que ce soit à vous qu'ait été donnée la place sur laquelle vos seules instances m'avaient permis de compter?
FAUVILLE.
Il est vrai que tantôt , ici , le comte Dirseîle m'a fait entendre ...
BOLCY.
Fort bien! Est-il vrai que vous vous soyez proposé pour gendre à madame Derbelet?
Ma foi , j'avoue que notre ami Beaugrand s'est dépêché de songerpour moi à un mariage. . . ettume connais, moi, je me laisse aller , je me...
>r . DOLCY.
Oui 5 vous vous laissez faire j et vous espérez qu'un honnête homme , trompé trop long-temps , continuera à être séduit par vos faux semblans d'amitié ? Vous l'espérez à tort , Monsieur j il vient un moment où l'excès de la fausseté le désabuse j ce moment est cruel pour lui , car il reconnaît qu'il n'y a pas de cœur , là où il croyait avoir trouvé le cœur d'un ami : n'importe ! Il est enfin éclairé , et il est bien décidé à ne plus vous laisser faire!...
F AL' VILLE
Tu prends le ton bien haut, mon cher Dolcy , et je n'y suis pas accoutumé j si lu te crois offensé , il y a une manière bien simple de te satisfaire , et entre hommes d'honfieur et de courage...
DOLCY.
Voilà de mes gens , toujours prêts à répondre par un cartel j comme si une affaire sur le terrain pouvait réparer le mal qu'ils ont fait. Nous nous connaissons, Fauville j nous savons tous les deux que ni l'un ni l'autre ne reculerait devant un appel. C^ entretien finira comme il vous plaira j ihais avant tout, je veux que vous me répondiez , et vous allez me répondre.
• FAUVILLE.
Voyons , explique-toi : de quoi le plains-tu ?
DOLCY.
Je ne vous reprocherai point d'avoir faiblement servi