‹ Le Bon génie (volume 2)Chapitre 25 sur 136 · QUESTION PROPOSÉE PAR LE RON GÉNIE · texte numérisé non relu

QUESTION PROPOSÉE PAR LE RON GÉNIE

On répond si bien ;i mes questions, que cela m'engage aies rendres plus difficiles; non point pour tourmenter mes jeunes et bien aimables correspondants, mais pour me procurer le plaisir d'avoir de nouvelles preuves de leur bon esprit et de leur bonne volonté.

Il est une chose fort désirable, c'est de bien connaître la valeur et le sens précis des mots qu'on emploie dans le langage, afin de ne se servir jamais , soit en parlant, soit en écrivant, que d'expressions convenables et qui rendent bien la pensée.

Pour y parvenir, il est nécessaire de réfléchir sur le sens des mots qui paraissent avoir entre eux quelques rapports de signification, et de se rendre compte des différences qui les distinguent. C'est pour accoutumer mes lecteurs à faire cette utile opération d'esprit, que j'ai imaginé de leur adresser aujourd'hui une question de ce genre.

Je les prie donc de vouloir bien me di re :

Quelle est la différence entre le sens du mot bienveillance, et celui du mot bienfaisance?

J'ai choisi ces deux mots parce qu'ils doivent assurément être connus de tous mes lecteurs; car il n'est pas un d'entre eux qui n'inspire de la bienveillance, et c(iii ne soit disposé h exercer la bienfaisance.

Les réponses, telles que je les désire, devront consister en une délinilion de chacun des deux mots; une explication de la différence entre le sens de l'un et celui de l'autre; enfin, un exemple de l'emploi de chacun dans une phrase où il soit convenablement appliqué.

J'attendrai ces réponses jusqu'au dimanche 20 mars prochain. Je donne celte fois une semaine de plus, pour faire droit à la rc'clamation de plusieurs de mes abonnés qui, habitant des départements très éloignés, étaient obligés de travailler à la hâte pour que leurs lettres me parvinssent à temps.

LITHOGRAPHIE

Le colin-maillard est un jeu connu de tout le monde; et je ne pense pas que la lithographie jointe à ce numéro ait besoin d'explication. Tous les enfants aiment à jouer à colin-maillard. J'ai vu quelquefois I des personnes raisonnables prendre plaisir à ce divertissement. Il n'est pas jusqu'au grand Gustave, roi de Suède, et le fléau de la maison d'Autriche, qui ne s'amusât, au milieu de ses triomphes, à jouer à colinniaillard avec ses généraux et ses colonels.

Il y a beaucoup de circonstances oîi on peut être comparé à celui qui est le colin-maillard , c'est-à-dire, qui a les yeux bandés et marche à l'aveuglette. Ainsi, par exemple :

Celui qui étudie une leçon sans la comprendre, et' qui s'efforce d^altraper des mots dont son esprit ne voit pas le sens, est une espèce de colin-maillard.

Celui qui parle sans réflexion, et s'expose à dire des choses inconvenantes qui le rendent lidicule, est comme leco/(/i-Hia(7/ara(qui va se heurter ctourdimeiit contre les murs, si on ne lui crie à chaque instant casse-cou.

Celui qui ne fait pas attention à ce qu'on lui demande, et répond tout de travers à une question, ressemble au colin-maillard qui se presse trop de parler, et nomme une autre personne au lieu de celle qu'il a saisie.

Celui qui est toujours empressé de répondre je comprends, je comprends , avant d'avoir réellement compris une chose qu'on lui explique, est encore un autre colin-maillard qui se h.ite de crier j'e tiens un tel, lorsqu'il ne tient qu'un coussin, un porte-manteau ou une tête à perruque.

Je pourrais ajouter encore beaucoup de celui qui..., mais je laisse à mes lecteurs le soin de faire eux-mêmes d'autres comparaisons, que leur suggérera leur petite expérience.

AVIS. — Ceux de nos souscripteurs de qui l'abonnement date du 1" août dernier, pour six mois, et expire, par conséquent, à la fin de février courant, sont invités à le faire renouveler avant le dimanche C) mars prochain, afin de ne pas éprouver d'interruption dans l'envoi du journal.

iMPRiMiiiiUi DE JOLKS DIDOT AÎNÉ, impremlir du noi, rue du Poui-dc-Lodi , n" 6.

DiaA>cnE, 6 Mars iS^d.

Le prix de l'abonnement est, pour Paris, Je 22 francs par an , ei de 12 francs pour six mois. Pour les départemeDi<:. de -j j Imncs par an, et i3 franc» pour si\ mois.

NCMÉRO 44"

Bureau de rabonnement, chez fx)Ui5 Coi^s, libraire, rue Daupliîoe , u® .32; et cbez les principaux libraire?

ei directeurs des postes de»

départements.

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