AUX DER^■IÈRES QUESTIONS DU BON GÉNIE
Dans mon numéro du ig décembre dernier, à la suite de ma fable intitulée l'Aheille et la Fourmi, j'avais proposé à mes jeunes lecteurs de répondre à ces deux questions :
Quel est le sens moral de cette fable?
Que pensez-vous de la conduite de l'abeille?
J'ai reçu eu réponse un grand nombre de lettres. Presque toutes sont très satisfaisantes, et je dois des félicitations à mes jeunes correspondants. La pUipart d'entre eux ont eu l'aimable attention de joindre à leurs réponses des vœux pour moi à l'occasion de la nouvelle année. Je les en remercie de tout mon cœur, et je leur exprimerais difficilement combien je suis touché do ces marques d'affection de leur part. Elles sont un vrai bonheur pour moi.
Je conserve toutes ces jolies lettres, afin de tenir compte du mérite de chacune, quand viendra le moment de donner le prix de semestre, que j'ai promis pour le premier dimanche du mois de mai prochain. Aujourd'hui, je me borne a imprimer ici celle qui m'a paru avoir saisi avec le plus de pénétration et de sentiment, le sens de toutes les parties de la fable, et l'avoir exprimé avec le plus de clarté et d'éléjjance. J'y ajouterai seulement quelques pensées extraites de diverses autres réponses. Voici cette lettre :
u Mon bon Génie,
«Voici ma réponse aux questions que vous avez faites au sujet delà fable de l'abeille et de la fourmi. u Le sens moral de cette fable est, à ce qu'il me semble, qu'on doit obliger tout le monde, et rendre le bien pour le mal. Le plus grand bonheur, quand on s'est acquis des richesses par son travail, c'est de les employer à soulager les malheureux.
i( La conduite de l'abeille, dans cette circonstance, me paraît bonne et généreuse, car elle est instruite du refus que la fourmi a fait à son amie la cigale. Mais cependant, je suis fâchée qu'elle lui en fasse le reproche au moment où elle lui rend un service. Il faut, lorsqu'on oblige, le faire avec le plus de grâce possible, et ne rien mêler de désobligeant au bien qu'on veut faire. D'ailleurs, la pauvre fourmi, si laborieuse et si économe, n'avait recours à l'abeille, qu'elle savait bonne et riche, que parce qu'elle était la victime d'un malheur qu'elle n'avait pu prévenir, tandis que la cigale avait été une paresseuse qui, au lieu de travailler pendant la belle saison, afin d'amasser des provisions pour son hiver, s'était amusée à chanter.
«Permettez-moi, mon bon Génie, de vous offrir
les vœux..., etc.
(1 Virginie G "
Voici maintenant quelques pensées extraites de plusieurs autres lettres. Chacun reconnaîtra celle qui lui appartient :
« L'abeille a fait quatre bonnes actions : de venir au secours de la fourmi: de lui pardonner; de lui donner de bons avis"; de lui donner un bon exemple. »
Il Lorsqu on travaille bien, qu'on est économe, et quon a un bon cœur, dans quelque état que l'on soit, on trouve toujours moyen de secourir les infortunés. 1)
« Celui qui travaille est heureux de pouvoir faire du bien aux autres; la richesse ne rend heureux que par le pouvoir qu'elle donne de faire le bien. »
u La conduite de l'abeille peut nous servir d'exemple par sa prévoyance et son activité. Comme elle fait des provisions de miel, nous devons en faire d'instruction et de talents. »
«Il ne faut point faire de mal, même aux méchants.» (Cette pensée est d'un jeune sourd-muet, M. Gonzalve de N.... )
"On doit assister son prochain et ne pas regarder s'il a été ingrat. "
« L'abeille a eu raison de faire sa leçon à la fourmi avant de lui rendre service, parce qu'il faut éviter de (aire des reproches aux personnes que l'on a obligées. »
Je regrette d'être forcé de mettre un terme à ces extraits, car j'aurais encore beaucoup de jolies pensées et de mots spirituels à prendre dans les autres compositons.
VARIÉTÉS
Le Roi a donné pour étrennes a S. A. R. Mademoiselle, une toilette en forme de corbeille, en argent, soutenue sur des coquillages, entourée de tresses en fleurs de lys et surmontée d'une petite Psyché ovale; et à Monseigneur le duc de Bordeaux, un parc d'artillerie, entouré de redoutes, de pieux et de chevaux de frise. L'intérieur est garni de pièces de canon, d'obusiers, de boulets, de caissons, de bombes et de cartouches. Toutes ces petites merveilles, jusqu'au plateau, sont en or et en argent.
— J'ai parlé, dans un de mes premiers numéros, d'une association de jeunes filles qui , moyennant une rétribution de 3o centimes par mois, habillent de pauvres enfants et leur procurent des états. Plusieurs de mes jeunes lectrices m'ont demandé à qui on devait s'adresser pour verser la souscription. C'est à M°" .Vlexandrine Belliard, rue des Blaucs-Mantcaux, n"42. On recevra, chez cette dame, tous les renseignements qu'on pourra désirer.
liirniMEniE de Jl'LES DIDOT .\lMi, niiniMEUn ou boi, rue du Poiil^ic-Lodi
Dimanche, i G Janvier iS^S.
Le prix de rabonnemcnl est, pour Paris, de 22 fraocs par an, et de 12 francs pour STX mois. Pour les départements, de 24 francs par an, et i3 francs pour six mois.
NrsiÉito ^ï^.
Bureau de rabomicmeni, cliez LoDis Colas, libraire, rue Daiipl.ioe, n» 3=; et chez les principaux libraires et directeurs des postes des déparlements.
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