CÉCILE DE P
Ce récit paraîtra sans doute fort intéressant à mes jeunes lecteurs, et ils ne pensent pas qu'il est très embarrassant pour moi, à cause de la question que mon aimable petite correspondante y a glissée. Je dois avouer franchement (|ue j'ignore s'il est un sens caché sous la figure des divers objets qui sont donnés à la Rosière, dans le champ ou ou la conduit. Désirant satisfaire à cet égard la curiosité toute naturelle de ma jeune correspondante, et n'ayant pas, tout bon Génie que je suis, la faculté de deviner, j'ai consulté beaucoup de livres, et même de très gios et très poudreux ; mais aucun n'a pu m'apprendre ce que je cherchais à savoir. J'ai vu seulement que la Rosière était conduite dans une pièce de terre où, pour rendre bommage à la vertu couronnée, elle trouvait des vassaux qui s'empi essaient de lui offrir des pr.^ents. Ces présents étaient en effet ceux dont paile inadeijnoiselle Cécile deP — ; et quelques autres encore, telf/que deux bal-
loa . un Vo'ir-.-ot «te fleure cto • m^ij; rien n'a pu
m'expliquer ce que chacun en particulier pouvait signifier. Leur singularité est au moins u'- .-euve de l'antiquité de cette institution du couronnement de la Rosière. Elle remonte en effet au cinquième siècle, et doit sa création à saint Médard, propriétaire du territoire de Salency. Ce fut lui qui établit cette belle fête, et il jouit lui-même du fruit de sa sagesse, car sa maison fut honorée du prix de vertu qu'il avait fondé; sa sœur obtint la couronne de roses. Ma jeune correspondante ne dit pas quel jour a eu lieu la cérémonie, mais cela a dû être le 8 de juin , jour de saint Médard. Elle a, au reste, judicieusement supposé le motif qui détermina le roi Louis XIII à permettre que la Rosière fût revêtue du cordon bleu. Ce fut du château de Varennes, à Salency, où il se trouvait alors, que ce prince envoya le marquis de (iordes, son capitaine des gardes, porter à la Rosière que l'on couronnait, le cordon bleu et une bague d'argent. Depuis cette époque, ces deux ornements sont attachés à la couronne de roses.
Cette fête est charmante; elle est le triomphe de la vertu. Elle n'a eu de modèle nulle part, mais on l'a imitée dans beaucoup d'endroits. Tout le monde sait que le roi Louis XVIII, lorsqu'il était retiré dans une province d'Angleterre, voulut couronner la Rosière du village de Hartw. U; et on connaît le mot touchant que lui adressa la jeune (ille; " Sire, .[ue Dieu vous le rende! » Le vœu de l'innocence fut exauce.
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. lîureau de l'^bouDemeut, chez Louis Cqï-as, libraire, 1 ue Dauphiue , n** Sa ; et chez les principaux libraires et directeurs des postes dcf dépnrtcmcms.
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