‹ Le Bon génie (volume 2)Chapitre 90 sur 136 · LES DRUIDES · texte numérisé non relu

LES DRUIDES

Voici une lettre qui ne sera pas sans intertt pour ceux de mes lecteurs qui ont déjà acquis quelques notions de l'ancienne histoire de notre pays:

" Mon bon Génie , je suis un de vos premiers abonnés, mais jamais encore je ne vous ai écrit. Je commence aujourd'hui, et peut-être allez-vous me trouver singulier d'entrer en correspondance par une matière bien sérieuse. Il s'agit de nos vieux Druides, de leurs rites, et des dieux gaulois. Cela semble au-dessus de mes forces, et vous m'accuserez de présomption. Mais je veux vous faire une confidence : ce que je vais vous dire, je le tiens d'un de mes frères qui est au collège, qui vient de terminer sa rhétorique, et qui me fait quelquefois des leçons que j'ai bien soin de retenir. Cette fois , pour que ma mémoire ne me trahît pas, j'ai mis sur le papier ce qu'il m'a appris. Si vous jugez que cela puisse être utile à vos autres abonnés, communiquez-leur ma lettre, mon bon Gt'nie, et sur-tout priez-les de ne me regarder ni comme un pédant sans barbe, ni comme un perroquet.

i( Les dieux donc des Gaulois n'étaient qu'au nombre de deux : Phitoti et Mercure. Nos pères prétendaient descendre du premier; mais c'était sur-tout le second qu'ils avaient en une vénération particulière.

Ils le désignaienl sous les noms de Ttieut, Tentai, Teutalùs. C'était le même que les Égyptiens appelaient Thot; ce qui a donné à d'habiles gens l'idée de fain venir des bords du Kil les premiers habitants des rives de la Seine et de la Loire.

uTeutatès était le maître, le créateur, le génie universel. C'était l'inventeur des arts, le guide des vovageurs, le protecteur des marchands. On l'invoquait par-tout et dans toutes les occasions. Son image se retrouvait dans les villes et dans les campagnes. On lui offrait des sacrifices; on couvrait d'offrandes ses autels, et même au pied de ses idoles on immolait des prisonniers !

uLes ministres de ce culte sanguinaire étaient les Drailles, choisis entre les principaux de la nation, et qui 1 emplissaient les plus augustes fonctions, comme aussi quelquefois ils exerçaient les pratiques les plus cruelles.

« Leur chef, espèce de grand-prêtre, avait une autorité souveraine. Cette haute magistrature était élective. On ne la confiait qu'à celui qui, à vingt anngeçf d'épreuves et d'études, joignait les plus austèrejj» vertus. S'il se présentait des concurrents égalemenl estimables, le sort des armes décidait de la préférence.

« On distinguait plusieurs ordres de Druides : les Facenrs, prêtres et docteurs; les Eubages ou Augures

qui étudiaient les secrets de la nature et prétendaient annoncer l'avenir ; les Sémothées, appliqués au service des autels, espèce de lévites qui secondaient les Vales ou Vacerre.s; les Sarronides, juges à-la-fois et instituteurs, ayant plus d'étendue d'esprit que les autres; les Bardes, poètes ou chantres, récitant des vers et des hymnes à la louange des héros et des dieux.

«Toutes ces différentes classes se confondent, chez nos historiens, dans le nom général de Druides. Ces Ministres portaient une longue robe marquetée d'or, avec un riche collier, de longs cheveux et une barbe épaisse. Ils avaient en grand honneur le gui de chêne, plante parasite qui croit sur les branches du chêne et de laquelle on retire une espèce de glu. Au mois de novembre, le prince des prêtres faisait solennellement la coupe de cette plante avec une serpe d'or. On la divisait par morceaux pour la distribuer religieusement au peuple lors des étrennes. Cette fête, qu'on annonçait avec des cris et au son des instruments, se terminait par l'immolation de deux taureaux blancs, liés ensemble par les cornes.

"Les idoles des Druides étaient d'une grandeur démesurée. On en voit des restes encore, dans les géants et les grotesques qu'en Flandres, aux jours du carnaval, on promène dans les rues et dans les champs, et qu'on bride ensuite, en se livrant à mille iolies. Ces géants sont des figures en osier, connne étaient les idoles. Mais il y a cette différence qu'autrefois on brûlait dedans des victimes humaines qu'on y avait mises, taudis qu'à présent, quand on brille ces objets de mascarade sur les places publiques, il ne s'y mêle aucun sentiment pénible, et que si ces spectacles blessent la raison et font hausser les épaules, du moins ils ne soulèvent pas le cœur et ne causent plus ni deuil ni larmes. C'est un des bienfails du christianisme d'avoir fait cesser, par-tout oii il s'est montré, ces sacrifices barbares que réprouve la religion du vrai dieu. Il n'est resté, de ces monstrueuses cérémonies payennes, que quelques usages , aujourd'hui fort innocents, dans certains divertissements populaires dont ils attestent l'antiquité. li Adieu, lïîoji bon (iéuie, etc. etc. a OscAn. »

:*iv)T:; A LOr.EILLE.

(| QuiccîKiue reinpiit les devoii's de son état et de sa ooiiditiou a droit à l'estime de tout le monde.

^ Il n'y a de potil et de Jiiisérable que celui cjiîi ne s'acquitte pas de ses devoii's ou (jui les ijjnore.

^ Celui qui a l'amour du travail est armé d'im houelier contre les tentations.

(| Rappelez- vous qu'il est une porte par laquelle entrent tous les vices; c'est la paresse.

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