‹ Le Bon génie (volume 2)Chapitre 97 sur 136 · LA PECHE A LA LIGNE · texte numérisé non relu

LA PECHE A LA LIGNE

LITHOGRAPUIE.

La pêche à la ligne est un amusement que quelques personnes recherchent beaucoup, mais qui ne peut guère convenir qu'à celles qui sont douées de patience. Il en faut en effet pour passer des heures sur le bord d'une rivière ou d'un étang, à regarder flotter un petit morceau de liège et à attendre qu'un pauvre poisson, quelquefois bien chétif, vienne mordre à l'hameçon. Je sais bien qu'on peut se munir d'un livre, fixer sa ligne, et occuper, par la lecture, le temps que le poisson vous fait passer à attendre; mais ce ne sont pas les véritables amateurs de la pêche qui songent à cela, et il est vrai de dire que ce n'est pas non plus le moyeu de faire une brillante pêche. Cette occupation, toute simple qu'elle parait, exige pourtant de l'attention; nouvelle preuve de celte vérité, qu'en toute chose il faut être à re qu'on fait pour le faire avec succès.

Puisque j'envoie à mes lecteurs un dessin représentant la pèche à la ligne, ils ne seront pas fâchés que je leur explique comment une ligne est faite.

Une ligne se compose d'un long fil de crin, attaché par un bout à un long roseau. A l'autre extrémité du fil de crin est fixé un petit crochet en fer dont la

pointe est très aiguë et qu'on nomme hameçon. Près de ce perfide hameçon est un petit poids en plomb qui sert à le faire plonger dans l'eau. A une certaine distance au-dessus, est un morceau de liège dans lequel passe le fil de crin, de manière qu'on peut le faire couler pour alonger plus ou moins la partie de la ligne qui doit plonger. Ce morceau de liège flotte sur l'eau et ne laisse plonger que la partie de la ligne qui est au-dessous de lui»

Lorsqu'on veut se servir de la ligne, on enveloppe l'hameçon avec un appât qui est ordinairement un ver; puis on jette la ligne à l'eau en la tenant par le roseau. Lorsqu'un poisson vient et aperçoit le ver, il l'avale, et le mouvement qu'il fait agite le morceau de liège flottant sur l'eau. Alors on retire vivement la ligne, et le poisson reste suspendu à l'hameçon. C'est là ce qu'on appelle pêcher à la ligne, et, je vous l'avouerai, sans blâmer le goût des autres, ce n'ai jamais eu la patience de faire.

CORRESPONDANCE

Page 1