LA PETITE BIENFAITRICE
L'hiver était froid et rigoureux. La petite Mina, fille unique de parents bienfaisants, ramassait les miettes de pain qui étaient tombées de la table, et les gardait soigneusement; puis elle allait deux fois le jour dans la cour, y répandait les miettes, et les oiseaux accouraient et les becquetaient. Mais la main de la petite fille était toute tremblante de froid.
Ses parents l'épièrent un jour, et, se réjouissant de lui voir faire cette bonne action , ils lui demandèrent : Pourquoi fais-tu cela. Mina?
C'est que tout est couvert de neige et de glace, répondit !Mina : les petits oiseaux ne peuvent rien trouver, et maintenant ils sont pauvres. C'est pour cela que je leur donne à manger, de même que les hommes riches soutiennent et nourrissent les pauvres.
Mais tu ne peux pas nourrir tous les oiseaux, reprit le père.
Mina répondit: Est-ce que tous les enfants ne font pas comme moi par toute la terre, de même aussi que tous les riches ont soin des pauvres?
Le père regarda la mère et dit : O céleste simplicité!
LE CARRE DOEILLETS.
O petite maman , donne-nous à chacun un carré de fleurs qui nous appartienne, un à moi, un à Gustave, et un à Malvina; et alors chacun cultivera le sien.
Ainsi parla le petit Frédéric à sa mère; et la mère lui accorda sa demande, et donna à chacun un carré plein de beaux œillets. Les enfants en eurent une grande joiej ils disaient: Quand les œillets seront en fleurs, ce sera superbe! Car ce n'était pas encore le temps des œillets; mais ils avaient déjà des boutons.
Cependant Frédéric, plein d'impatience, avaitbien de la peine à attendre le moment de la fleuraison, et il desirait que ses œillets fleurissent avant tous les autres.
Il allait à chaque heure voir ses œillets; il les prenait dans la main, contemplait leurs boutons, et était tout joyeux quand une petite feuille rouge ou jaunâtre brillait à travers les fentes de la verte enveloppe.
Mais, enfin, il s'ennuya d'attendre. Il ouvrit les boutons avec ses doigts, et déplia toutes les petites feuilles de la fleur; puis il cria d'une voix triomphante. Venez voir, mes œillets ont fleuri! Mais quand le soleil brilla sur les fleurs, elles penchèrent tristement la tête, et leurs feuilles étaient en désordre et flétries avant midi; et le petit garçon pleurait.
Enfant impatient ! lui dit la mère; Dieu veuille que ce soit la dernière joie de ta vie que tu gâtes par ta faute! Tu n'auras pas acheté trop cher le grand art de savoir attendre.