DEUXIÈME QUESTION
Quelle est la première chose à faire quand on a eu le malheur de commettre une faute?
J'ai également choisi deux des réponses faites à cette question, pour les imprimer en entier. Elle sont de Mesdemoiselles Louise D et Amélie fF... :
"Mon bon Génie, votre dernière question parait facile au premier abord; car il est tout simple de dire que, lorsqu'on a eu le malheur de commettre une faute, la première chose à faire est de la réparer. Mais comme il y a plusieurs genres de fautes, il y a aussi plusieurs moyens de les réparer. Je crois que, dans tous les cas, il faut toujours commencer par demander pardon à Dieu , puisque toutes les fois quon commet une faute on l'offense. Il faut aussi en faire laveu h son papa ou à sa maman, et les consulter sur ce qu'il faut faire. Ensuite, si par cette faute nous avons offensé quelqu'un, c'est à notre cœur à nous dicter la réparation. Si cette faute, comme la gourmandise, la paresse, etc., n'offense personne, il faut, pour la réparer et nous en corriger , s'imposer une privation , lemplir une tache, etc. Enfin, mon bon Génie, il faut faire tout ce qu'on peut pour faire oublier ses torts et se corriger. « Louise D « (lo ans.)
Il Mon bon Génie, vous nous avez fourni la réponse à votre question, en nous disant, dans le troisième numéro de la première année, que le moyen le plus sur de se faire pardonner un tort, est de l'avouer avec candeur. Lorsqu'on a fait une faute, on doit en demander pardon à Dieu, et le prier de ne pas permettre que l'on y retombe; car vous nous avez dit aussi :
" Ses bras sont ceux <1 un père, ouverts au repentir.
« Et le coupable qui l'implore « Est un fils e'garé qui veut lui revenir.
« Il faut ensuite tout avouer à ses parents ou à ses supérieurs, et demander pardon à la personne que l'on a offensée. Un enfant doit aussi écouter les conseils qu'on lui donne, et s'en souvenir pour l'avenir.
i< Lorsque, par la faute dont il s'est rendu coupable, il a donné mauvaise opinion de lui à quelqu'un, il doit mettre tous ses soins à se rétablir dans l'esprit de cette personne.
Adieu, mon bon Génie, etc.,
li Amélie W...., à Corbeil. » (g ans et demi.)
Voici quelques extraits d'autres lettres :
« Un enfant qui a eu le malheur de commettre une faute, doit s'en servir pour s'exciter à la défiance de soi-même : il doit réfléchir au besoin qu'il a des secours de Dieu et des personnes plus sages que lui. .i ( M"' Léonie D... , à Lyon. )
li II faut écouter avec docilité les réprimandes qu'on vous fait, imiter le saint roi David en pleurant sur ses fautes, et tâcher de les réparer par une meilleure conduite. .» (M"' Aimée L...., à Strasbourg. )
"Quand j"ai commis une faute et que je n'ai pas encore demandé pardon , je ne puis rien faire de bien ; et je suis bien plus heureuse quand j'ai réparé ma faute, et Maman l'est aussi. .> (M"' Sophie S. de C..., à Crans. »
Je me bornerai à mentionner honorablement les
lettres de 'SI"' Hetiriette B ; M"' Caroline B...., au
Lardin; M"' C. A.,'3i Saint-Martin-le-Beau ; M. Barthélémy Lecarpentier , à Honfleur; M"° Emesline de V...... à Combourg; M. Anatole de T..., a .\atun;
M. Charles Boysset, à Châlons-sur-Saône; M"' Louise P à Montataire.
EXPLICATION DE LA DERNIÈRE CHARADE
Le mot de ma dernière charade est Postoise, dans lequel ou trouve poxt et oise. J'en vais extraire l'explication, de trois des lettres qui m'ont été adressées sur ce sujet.
«Un pont est un bâtiment de pierre ou de hois,
élevé au-dessus d'une rivière, d'un ruisseau, d'un fossé, pour la facilité du passage. On en voit même qui, joignant les montagnes les plus élevées, se trouvent suspendus entre la terre et les cieux, et semblent placés là pour attester la hardiesse et le génie entreprenant de riionime. C'est ainsi qu'on en voit deux en Chine, qui ont fait l'admiration du petit nombre de voyageurs qui ont pénéiré dans cette contrée. L'un qui sert à traverser plusieurs montagnes,a trente stades de long, et est supporté par de grosses poutres qui appuyent sur des pointes de rochers, entre lesquels sont des précipices affreux, de sorte qu'on ne passe jamais sur ce pont sans frémir. Ce pont sert à aller à la capitale de la Chine, sans être obligé de se détourner.
«Le deuxième pont situé près de la ville de Kintung, est un pont de charpente attaché à vingt chaînes de fer qui joignent les extrémités de deux montagnes.
«Puisque nous parlons des Chinois, nous devons citer, parmi les ponts situés sur les fleuves, celui qui est construit entre la ville de Fochen et le faubourg de Nantai. Il a cent arcades si élevées et si grandes, que les vaisseaux passent dessous à pleines voiles. Les pierres dont il est bâti sont de grandes piei res de taille Ijlanches, avec des balustrades dont les piédestaux sont garnis des deux côtés de lions de marbre.
«Le pont de Loyang, dans la province de Sokien, est plus beau encore que le précédent. li est porté sur 3oo piliers joints, sans arcs, par des pierres d'un marbre noir de i8 pas de longueur; Les piédestaux des balustrades sont ornes de lions.
«Les Romains, dont les idées semblaient s'agrandir avec leurs conquêtes , ont aussi construit des ponts d'une hardiesse et d'une beauté remarquables. Pour ne pas entrer dans trop de détails, je me contenterai de citer celui que Trajan fit bâtir sur le Danube. Il avait une demi-lieue de longueur, et était aussi remarquable par la beauté et la solidité de l'architecture, que par sa grandeur. On sait que Caligula, parmi ses autres fantaisies extravagantes, eut celle de faire un pont de bateaux en pleine mer, sur le golfe de Pouz,zoles, dans une longueur d'environ dix lieues. Les Romains nous ont aussi laiss(', près de INîmes, le pont du Gard dont les débris imposants sont faits pour inspirer l'admiration, 'i (M"' Caroline L )
i( Oise, rivière qui prend sa source dans les Ardennes, à quatre lieues de Ilocroy. Elle est navigable depuis Fère, et se jette dans la Seine à sept lieues audessous de Paris. Dans son cours qui est de quarantecinq lieues, elle traverse une partie du département
des Ardennes, et ceux d'Aisne, d'Oise et de Seine-ei- Oise. " ( M"= Jntoinetle R. de la M...... à Marseille. )
"Pontoise, anciennement capitale du Vexin français, dans le département de Seine-et-Oise. Cette ville prend son nom de la rivière d'Oise. Elle fut prise, par un moyen bien drôle, par les Anglais, en i435. On raconte que, dans un temps où il était tombé une grande quantité de neige, ils approchèrent de la ville pendant la nuit, sous des draps blancs, habillés en blanc, avec des échelles blanches, et que, par ce moyen, ils escaladèrent les murs , sans qu'on les aperçut. Heureusement l'armée de Charles VII la reprit,
sept ans après, sur les Anglais. » (M"= Étisa A , à
Limoges. )
En répondant à mes dernières questions, on m'en a adressé plusieurs, dont j'ai pris note pour y répondre successivement. Mes chers correspondants doivent bien comprendre qu'il m'est impossible de les satisfaire tous à-la-fois sur ce point, et j'espère qu'ils auront la bonté d'attendre avec patience que leur tour vienne. 11 m'est aussi parvenu quelques lettres qui demandent des réponses particulières; je promets de ne pas les oublier, mais je prie également ceux et celles qui me les ont écrites de ne pas m'accuser de négligence ou d'indifférence, si je tarde un peu à les satisfaire; il m'est bien difficile de tenir parfaitement à jour toute ma correspondance, malgré le plaisir que je trouve à m'en occuper.
— J'ai encore reçu, depuis dimanche dernier, plusieurs réponses qui auraient mérité d'être mentionnées; mais elles arrivaient trop tard, le délai était expiré.
AVI. S
11 nous a été lait, pendant le mois dernier et le mois courant, quatre réclamations de numéros de ce Journal. Ceux de nos souscripteurs qui nous les ont adressées, n'ont probablement pas fait attention que leur abonnement n'avait pas été renouvelé à son expiiation, et que, par conséquent, l'envoi du Journal a dû être interrompu. Nous regrettons beaucoup que la rigueur indispensable d'une règle générale nous mette dans la nécessité de suspendre en pareil cas le service, sans aucune distinction. Mais nos abonnés doivent comprendre qu'il nous serait difficile de suivre une autre marche. Nous faisons tout ce qui dépend de nous, en indiquant sur l'adresse la durée de l'abonnement, et en rappelant, à la fin de chaque mois, par un avis générai, l'époque des renouvellements.
Ijii'RiMEiui; M. JULES UlDOr AÎNÉ, iMi'niMii
.lu l'orit-ilt-l.oJ.
OlMA.VCllC, 34l'^'^E«B. 1826.
Le prix de l'abonTiemcDi est, pour Paris, de 2 2 francs par an , et de I î francs pour sii mois. Pour les ddparlemenis , de 24 francs par an , i( 1 3 francs pour sis mois.
iir .\N>ÉE. N° 34-
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