‹ Le Bon génie (volume 3)Chapitre 139 sur 169 · LA PETITE SOURIS · texte numérisé non relu

LA PETITE SOURIS

FABLE

.> Oh! Maman, venez, venez vile, •> Disait une jeune souris; « Venez voir le charmant logis i Qu'on nous a préparé. Quel agréable gite! « Vous me disiez que d'ennemis 41 Cette maison était peuplée; « Que chiens, hommes, enfants cl chats

Il Y formaient contre nous une ligue assemblée; « Mais vous vous trompiez, n'est-ce pas? Il Voyez donc cette maisonnette, Il Si bien construite, si proprette, " Cette grille élégante, et ce plancher si net ,

« Et sur-tout ce petit crochet '1 Auquel est suspendue une blanche noisette Il Avec un morceau de lard frais.

Il Dites, qu'en pensez-vous, ma mère?

Il Des ennemis ont-ils jamais " Telles attentions? Vous conviendrez, j'espère, Il Que votre crainte était chimère, Il Et qu'ici l'on ne nous veut rien Il Que du bien.

Il Entrez , Maman , ouvrez la porte •>

Veut-on savoir où ma souris Tenait un discours de la sorte?

C'était, hélas! mes chers amis, C'était dans une souricière.

Où, sans soupçonner son malheur, Elle se trouvait prisonnière.

Il Imprudente! lui dit sa mère; Il Qu'as-tu fait? quelle est ton erreur? Il Cette petite maisonnette Il Qui t'a paru si joliette.

Il N'était qu'un piège séduisant; Il Et tu vas devenir la proie Il De quelque chat, ou quelque enfant : «Ton supplice fera leur joie. Il Et moi, quel tourment est le mien!

Il Hélas ! je ne vois nul moyen Il De te sauver d'un sort dont l'aspect m'épouvante., Ces mots, à la souris tremblante, Ont révélé ses torts et son destin.

Elle s'agite, se tourmente.

Cherche à sortir; mais c'est en vain : La trape à soulever était bien trop pesante ! Et c'était aussi vainement Que la mère, mordant la grille, Cherchait à délivrer sa fille ; Quand tout-à-coup, heureusement, Tous ces chocs et ce mouvement Ont renversé la souricière.

La trape s'entrouve; la mère Des pieds et du museau fait tant , Qu'elle en tire la pauvre enfant; Et quittes pour la peur, s'enfuyant au plus vite,

Sans regretter lard frais ni noix ,

l^lles vont respirer dans leur modeste gîte.

Plus simple et plus sur à-la-fois.

Ne croyez trop à l'apparence :

La plus belle, souvent, n'est qu'un piège trompeur Mais si vous y tombiez, enfants, par imprudence.

Ou par faiblesse, ou par erreur.

Songez que votre mère est votre providence.

VARIÉTÉS

Il faut absolument que je me mette au courant envers mes correspondants; c'est pourquoi toutes les fois qu'il me reste un peu d'espace, j'en profite pour répondre à quelqu'une des questions qui m'ont été adressées. C'est ce que je vais faire encore aujourd'hui. On m'a demandé ce que c'est que Vantimoine.

h^antimoine est un me'tal blanc, cassant, qui présente dans son intérieur des lames plus ou moins larges; il est plus dur que le plomb, l'étain et même l'argent; c'est un des métaux les plus légers. Lorsqu'on a fait fondre de l'antimoine, en le chauffant, il se forme à sa surface, pendant le refroidissement, une étoile branchue, en forme de feuilles de fougères; On la remarque sur presque toutes les masses d'ant;moitié répandues dans le commerce, et auxquelles on donne le nom de réijutes.

Ce métal a la propriété de durcir les métaux mous avec lesquels on l'allie; aussi son principal usage est d'entrer avec le plomb dans la composition des caractères d'imprimerie. On l'allie aussi quelquefois à l'étain dont on fait les chandeliers, les cuillers et autres ustensiles.

l^'aiithnoine est la base de plusieurs médicaments, et entre autres de i^émétit/ue, l'un des vomitifs les plus actifs, et qui, pris à trop forte dose, est un violent poison.

Le minerai dont on retire Vantimoine contient du souffre et porte le nom de sulfure d'antimoine. Il est presque toujours composé d'aiguilles fines ou de baguettes plates, d'un blanc bleu.ître, qui se fondent à la flamme d'une bougie. Il en existe de fort belles mines en France, dans l'Auvergne, le Languedoc et les Cévennes.

— Depuis que le carnaval est commencé, il y a eu déjà beaucoup de soirées et de bals d'enfants. La lanterne magique parait être fort à la mode cette année, et il seinble que les gens qui la montrent aient pris soin de rendre leurs représentations plus intéressantes. Quelques-uns y ont même ajouté un spectacle d'automates, et il y en a qui se sont élevés jusqu'aux tours d'escamotage. J'ai assisté à une de ces représentations où l'on a ri di' bien bon co^ur.

iMpniMEniE DE JULES DIDOT .WSt, ivu'niMtiB i>i' iioi

ilu l'om-do-l.oili

DimaxciiEjiSff.vbier 1827-

Le prix de l'abonncmciu est, pour Paris, de 32 frain s par au, et de 12 francs pour six mois. Pour les dL-partenients , de 24 francs par an , et i3 francs pour six mois.

Iir ANNÉE. N'^ 42.

rc3« de l'alionnetnent, I.ocis Colas, libraire, rue Daupliine, n* 32; et cliez les principaux libraires et directeurs des postes des départements.

Page 1