‹ Le Bon génie (volume 3)Chapitre 141 sur 169 · LA SALAMANDRE · texte numérisé non relu

LA SALAMANDRE

Tandis que je suis dans la famille des lézards, je vais aussi m'acquitter envers celui de mes lecteurs qui m'a questionné au sujet de la salamamlre.

La salamandre appartient à cette même famille des lézards. C'est un petit animal qui a été, comme le caméléon, le sujet de beaucoup de fables. Les anciens avaient cru voir en elle un être privilégié qui bravait la puissance du plus actif des éléments, et qui pouvait vivre dans le feu sans en être consumé. Ce qui avait pu donner lieu à cette illusion, c'est que les salamandres ont la faculté de faire transudcr de leur corps une liqueur blanche qui, lorsqu'on les jette dans le feu, suffit quelquefois pour les préserver un moment de son action et leur donner le temps de se sauver. Mais pour peu qu'elles y demeurent exposées quelques instants de trop, elles y périssent tout aussi bien qu'un autre animal. Il faut peu de chose, comme vous voyez, pour donner naissance à des fables, quand l'amour du merveilleux y travaille de concert avec l'ignorance. Maintenant que le temps et l'observation ont dissipé les prestiges de cette fausse gloire des salamandres, elles ne sont plus que de petits animaux assez laids et fort dégoûtants, qui habitent les lieux humides , les mares fangeuses , ou des eaux plus pures. Leur peau, dépourvue de couleurs brillantes, est constamment humectée d'une liqueur gluante à-peu-près semblable à celle qui couvre le corps des crapauds, leur forme est celle des lézards, à la famille desquels elles appartiennent. Leurs mouvements sont lents. Elles se nourrissent de vers, de larves d'insectes et autres petits animaux. Pendant l'été, elles chanr-eut de peau tous les dix à douze jours; et l'hiver elles se aieinieni enfoncées dans la terre ou dans la boue. Ces animaux ont la vie très dîne: il faut de violents

coups de bâton pour les tuer, et quelquefois loi squ'oii croit avoir laissé une salamandre morte, il arrive qu'elle en revient et se rétablit même très promptement. On s'est assuré aussi par des expériences, que quand une salamandre a perdu un de ses membres, il s'en reforme un autic à la place, en assez peu de temps. Elles ont au reste peu d'ennemis, car elles habitent des lieux où il n'est pas facile de les trouver, et elles répugnent d'ailleurs h la plupart des animaux; les oiseaux aquatiques, et particulièrement les canards, sont à-peu-près les seuls qu'elles aient à redouter.

Voilà, mes amis, à quoi se réduit aujourd'hui l'Iiistoire merveilleuse des salamandres.

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