‹ Le Bon génie (volume 3)Chapitre 50 sur 169 · LA BREBIS · texte numérisé non relu

LA BREBIS

ANFXDOTE.

Je passais récemment dans un obscur canton

Où l'on m'a conté, pour notoire.

Ce petit fait touchant qui rappelle l'histoire

De la vache de Fénélon.

Un prélat, homme simple et bon, Respecté, mais sur-tout chéri dans son domaine, En se rehdant un jour à la ville prochaine Rencontra sur sa route un beau petit garçon

Qui lui parut en grande peine.

lî allait tristement du coteau vers la plaine,

Guidant son jnodeste troupeau, Et caressait en pleurant un agneau.

u Pauvre agneau! disait-il ; tu n'auras plus de mère;

<i Elle est perdue au fond du bois.

(1 Hélas! ma brebis la plus chère

« Aujourd'hui n'entend plus n)a voix.

iiOh!quand je vais rentrer,quel chagrin pour mon père!

Le prélat s'était arrêté ,

Et tandis qu'à sa plainte amére L'enfant s'abandonnait, il Tavait écouté. .c Pauvre petit! dit-il avec boute;

Il Tu retournes à ta cliaumiére ;

«Si tu n'y trouvais plus ta mère, « Dis-moi , que ferais-tu ? — Je pousserais des cris. <i — Et tes cris , mon enfant , pourraient-ils te la rendre?

(i — Si ma mère pouvait m'entendre,

(i Elle accourrait près de son fils.

(, — Tu le crois; ebbien donc, cela devrait l'apprendre « Par quel moyen tu peux ramener ta brebis, n

Sur le prélat, le petit pâtre

D'abord jette un regard surpris ;

Puis tout-ii-coup il a compris;

Il saisit son agneau folâtre, Contre son sein le presse doucement Et le force à pousser un triste bêlement.

Deux ou trois fois il renouvelle

Cette épreuve, quoiqu'à regret.

Et voilà que, dans la foret,

On entend la brebis qui bêle.

Le petit de nouveau l'appelle , Et la pauvre brebis, aux cris de son agneau , Comme une tendre mère inquiète et fidèle,

Accourt rejoindre le troupeau.

VARIÉTÉS

Vacanlhe est une plante qui croit dans les contrées chaudes du globe et qui est remarquable par la beauté de ses feuilles élégamment sinueuses. Vitruve raconte qu'une jeune fille de Corinthe étant morte, sa nourrice alla déposer sur sa tombe les joyaux qu'elle avait le plus aimés. Ils étaient renfermés dans un panier recouvert d'une tuile, et qui se trouva placé sur une racine d'acanthe. Celte racine venant à pousser, les feuilles d'acanthe furent obligées de suivre, en se développant, les contours du panier qu'elles entourèrent, et de se recourber sous les bords de la tuile. Elles formèrent ainsi un ornement qui fournit, au sculpteur Callimaque, le modèle du chapiteau de colonnes qu'il construisait à Corinthe, et qui ont donné le nom d'ordre Corinthien au plus riche et au plus élégant de tous les ordres d'architecture.

— Ceux de mes lecteurs qui habitent Paris, vont souvent se promener aux Tuileries et n'ont peut-être jamais songé à demander qui a planté ce beau jardin et bâti ce vaste palais. Aujourd'hui que je les y fais songer, ils ne seront peut-être pas fâchés de le savoir. Le château des Tuileries est construit sur un terrain

Qii Ion a, pendant long-temps, fabriqué de la tuile, et c'est de là qu'il tire son nom. Il fut commencé au mois de mai de l'an i564, par Catherine de Médicis, qui fit bâtir le pavillon du milieu, de ce palais; Philbert de Lorine en fut l'architecte. Les deux corps de logis, qui le joignent de paît et d'autre, furent exécutés sur les dessins de Jean Bullau qui était alors architecte du connétable de IMontmorency. Tout le reste de ce palais a été fait, sous le régne de Louis XIV, d'après les dessins de l'architecte Le Vau. Quant au Jardin, il a été commencé en itioo, par les soins de Henri IV, et perfectionné depuis p;(r le fameux André Le Nostre, qui a tracé le parterre. La triple allée qui borde la rivière le long des champs Élysées, et qu'on appelle le Cours la reine, fut plantée en Tannée 1616, par Marie de Médicis.

— Je prévois d'ici que l'article précédent va m'attirer une question de la part des habitants du quartier du Luxembourg. Afin de leur éviter la peine de me l'adresser, je leur dirai tout de suite que ce palais a été bâti en 161 5, par Marie de Médicis, et que Jacques de Brosse en fut l'architecte. Je ne sais pourquoi les habitants de l'autre côté de la rivière affectent de le dédaigner. Ils ignorent sans doute qu'on respire au Luxembourg l'air le meilleur et le plus salutaire qu'on puisse trouver dans l'enceinte de Paris.

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