‹ Le Bon génie (volume 3)Chapitre 76 sur 169 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

Si vous saviez combien ma Lise est bonnel

Dit le vieux Frantz; elle guide les pas

D'un père aveugle, et tous les jours lui donne

Le pain gagné par ses bras délicats.

Mes tristes yeux, en perdant la lumière,

Avaient gardé la force de pleurer;

Et je disais, dans ma douleur amère :

Viens, mon enfant, viens, nous allons errer

De ville en ville; aux riches de la terre

Nous montrerons ton âge et ta misère.

Lorsque si jeune ils te verront souffrir ,

Ils sentiront leur âme s'attendrir ,

Et la pilié... — Que dites-vous, mon père?

S'écria Lise; ah ! je n'ai plus de mère.

Mais son exemple est gravé dans mon cœur!

Bien faible encor, pour vaincre le malheur

Je trouverai la force nécessaire.

Ne quittons point notre douce chaumière;

Vous y vivrez, de mon petit labeur ;

Comptez sur moi, votre Lise est trop fière

Pour mendier le pain de son vieux père.

Avec transport j'embrassai mon enfant.

Et dès ce jour me reposai sur elle.

Ohl quel amour! quel dévoûment touchant!

Je l'entendais, à chaque aube nouvelle.

Quitter son lit et marcher doucement,

A ses travaux se remettre avec zèle.

Ce petit bruit, ce léger mouvement

Venaient frapper la couche paternelle.

Comme un rayon du beau soleil levant;

.Je m'éveillais, et ma jeune gazelle

Près du vieux Frantz accourait en chantant.

Son seul repos était pour me distraire;

Son seul plaisir, un baiser de son père.

Oh ! chère enfant, pvès de mon dernier jour,

Je te bénis en quittant cette terre,

Et Dieu paira ton filial amour!

Maintenant que je connais l'opinion de mes jeunes correspondants sur quelques uns des grands personnages de l'antiquité, je suis curieux de savoir ce qu'ils pensent de ceux de notre nation. Je les prie donc de vouloir bien nie dire :

ÇupI est te personnage de l'iiisinire de France ijuils estiment le plus, parmi ceux qui n'ont pas occupé le trône, et pour quelles raisons:'

J'attendrai les n'ponses dans le délai d'ici au i^ seplembrc courant.

Parmi les réponses faites a ma piér(;dente question, il y en avait quelques unes qui renfermaient des pa-

ragraphes copi('S textuellement dans le dictionnaiie des hommes illustres. Cela a dû leur faire tort, car si je trouve tout siniple et fort juste que l'on consulte des livres pour me répondre, je dois en même temps faire une grande distinction entre ceux qui savent s approprier les idées que leur fournit la lecture, et ceux qui se bornent à copier ce qu'ils ont lu. Ce petit avis ira tout naturellement à son adresse, sans que j'aie besoin de m'expliquer plus clairement.

La question de ce jour est la'dcrni.ère du semestre. La prochaine que je ferai sera la question spéciale pour les prix annuels.

VARIETES

Voici un trait de fermeté et de présence d'esprit qui mérite d'être consigné dans nos petites annales.

Il y a deux ou trois ans, le maître d'une des écoles gratuites établies à Paris en faveur des enfants pauvres, avant été obligé de s'absenter pendant quelques heures, confia la direction de sa classe à celui de ses élèves qui était le plus avancé, et en même temps le plus raisonnable. Cet enfant s'acquittait de ces fonctions momentanées avec tant d'intelligence et de tact, qu'on n'aurait pu s'apercevoir de l'absence du maître, lorsqu'un orage terrible vint à éclater. Ue violents coups de tonnerre se succédaient à de courts intervalles, et. enfin la foudre, tombant sur le bâtiment de l'école, entra par une fenêtre et sortit par la fenêtre opposée, heureusement sans qu'aucun individu en fût atteint. On conçoit toutefois que cet événenimt causa un grand trouJile dans l'école. Une partie des élèves quittaient leurs places pour se retirer; les autres étaient immobiles et tremblants; par-tout le travail était suspendu et avait fait place au mouvement et à la rumeur. Cependant le jeune maître par intérim, intrépide, et sans montrer la moindre émotion, commande le silence, fait reprendre leurs places à ceux qui les avaient quittées , rétablit l'ordre et ordonne de continuer le travail, comme s'il n'était rien arrivé; son attitude tranquille, son regard calme, sa contenance ferme rendent à tous la sécurité, et leur inspirent en même temps une sorte de respect qui commande l'obéissance. Le maître, de retour, ne fut pas médiocrement étonné, lorsqu'il apprit ce qui s'était passé et vit sa classe en aussi bon ordre. Le courageux élève reçut les éloges qu'il méritait, et trouva une récompense durable dans l'estime et la considération que sa conduite lui assure pour toujours, de la part de sçs camarades, de son maître et de tous ceux <pii connaitront le trait (pie je viens <!e rapporter.

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I.e prix de l'abonnement fit , pour Paris , de 2 2 flancs par an , et de 1 2 francs pour six mois. Pour les départemenis, de 24 francs par an, ei i3 francs pour six mois.

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r.urcan de rahonnemei.t clici Louis Colas, libraire rue Daupliioe, n° 32; et chez les principaux libraires cl dirccleurs des postes de^ dépanements.

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