LE VENT
Dans le nombre des dernières questions qu'on m'a adressées, se trouve celle-ci : Qu'est-ce que le rent?E\\e exiye, h elle seule, un lony article j-our y répondre.
.le suppose d'abord que vous n'avez pas oublié, mes amis, les choses que je vous ai dites au sujet de Vair. Vous savez, par conséquent, que Vair est un corps, de la nature de ceux qu'on nomme Jluicles.
Eh bien, le vent est un mouvement de translation de Vair, par lequel une certaine portion de l'atmosphère est poussée d'un lieu dans un autre, avec une vitesse plus ou moins grande. Ce mouvement a lieu dans une direction déterminée, et c'est de cette direction que dérivent les noms que portent les vents; car ils en prennent de différents, selon les différents points de l'horizon d'où ils soufflent: ceux qui viennent des points cardinaux sont les vents du Nord , d'Est, du Sud, etd'Ouest; ceux qui soufflent des points intermédiaires, sont les vents de Nord-Est, de Sud-Est, de Sud-Ouest, de Nord-Ouest. Il y a, en outre, les vents de Nord-Nord-Est, Sud-Sud-Est, etc. Ces différents vents, suivant les points d'où ils viennent, apportent divers changements dans l'état de la température de l'atmosphère: ainsi, ceux qui soufflent des contrées du Nord, nous amènent le froid, parce qu'ils nous
apportent des masses d'air refroidi par les glaces septentrionales. Ceux qui arrivent du Sud, agissent naturellement en sens inverse, et répandent chez nous la chaleur. Ceux qui, venant de fOuest, ont passé sur rOcéan, en chassent vers nous les vapeurs, et sont humides et pluvieux. Ceux de l'Est, au contraire, produisent la sécheresse. 11 me semble que tout cela est facile à comprendre.
Il y a des vctits qu'on appelle constants, parce qu'ils soufflent toujours du même côté: tels sont les vents alizés, qu'on remarque entre les deux tropiques, et dont la direction est constamment de TEst à l'Ouest.
Il y a d'autres vents qu'on appelle périodiques ou réglés; ce sont ceux qui soufflent périodiquement d'un point de l'horizon dans un certain temps, et d'un autre point dans un autre temps: tels sont les moussons, qui soufflent , pendant six mois, du Sud-Est, et pendant six autres mois, du Nord-Ouest.
On appelle enfin variables, les vents qui soufflent tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et qui conunencent ou cessent sans aucune règle : tels sont ceux que nous observons à Paris.
On éprouve, dans la partie de l'Afrique, voisine de; <■ la Méditerrannée, les effets terribles d'un vent de Sud; ^ Est nomméSiivco, dont la brûlante chaleur tue quel-iê quefois les animaux dans l'espace dune demi-heure. V/
Les iles de Malte et de Sicile sont aussi tourmentées par ce redoutable vent. Le voyageur naturaliste Brydone rapporte que, le 8 juillet 1770, il eut occasion d'observer les effets de ce vent à Païenne. « A huit heures du matin, dit-il, j'ouvris ma porte, sans soupçonner aucun changement de temps, et je n'ai jamais été plus étonné de ma vie : je ressentis tout-à-coup sur mon visage une impression pareille à celle qu'aurait faite une vapeur brûlante sortie de la bouche d'un four; je retirai ma tête et fermai la porte, en criant à mon compagnon que toute l'atmosphère était en feu. » Il ajoute que le thermomètre monta à près de 4o degrés. Cette chaleur dura jusqu'à trois heures de l'après midi, où le vent tourna au Nord, et changea tellement la température, qu'on éprouva sur-lechamp une fraîcheur excessive. Pendant le Siix>co, aucun habitant ne sort de chez lui, à moins d'y être forcé par la nécessité. Les portes et les fenêtres sont fermées, et quand on n'a pas de volets, on suspend des couvertures mouillées en dedans des fenêtres. Ce vent se fait sentir jusqu'à Naples, quoi qu'avec moins de violence; il y cause un grand abattement, et souvent même des maladies.
Mais tout ce que je viens de dire ne satisfait probablement pas les questionneurs, qui sont curieux sans doute de connaître la cause qui produit les vents. A cet égard il me sera difficile de les contenter. Les vents résultent en général d'un défaut d'équilibre dans l'air, c'est-à-dire, que certaines parties de l'atmosphère se trouvant avoir plus de force que les parties voisines, s'étendent du côté où elles trouvent moins de résistance. Mais quelle est la cause de ce défaut d'équilibre? C'est ce qu'on ne sait que très in)parfaitement. Les explications qu'on a données de ces phénomènes, sont si vagues et si peu satisfaisantes, qu'en les rapportant je ne ferais que jeter de la confusion dans vos idées. Je vous dirai, toutefois, qu'il v a des phvsiciens dont l'opinion est que l'électricité peut y jouer un rôle.
Vous savez que l'industrie a tiré partie du vent de plusieurs manières, en lui faisant produire des effets pour lesquels il nous faudrait employer la force d'un grand nombre d'hommes ou d'animaux. Ce sont les vents qui font tourner nos moulins à moudre le bled, à broyer les fruits et les semences pour en extraire les huiles, h fouler les draps, etc. Les vcnls ont seuls été pendant long-temps l'âme de la navigation, jusqu'à ce que, de nos jours, ils aient partagé cet empire avec la vapeur. C'est avec leur secours qu'on a transporté, pour la preujière fois, d'un bout de l'Océan à l'autre, des vaisseaux énormes, qu'on ne serait point parvenu à conduire aussi loin , à force de rames.
La force du vent dépend de sa vitesse, et de la masse d'air qu'il fait agir contre l'obstacle qui lui est opposé.
Le même vent fait donc d'autant plus d'effort, que l'obstacle lui présente plus de surface. C'est pourquoi , suivant le degré de vitesse du vent, on habille plus ou moins les ailes d'un moulin, on déploie plus ou moins les voiles d'un vaisseau. Si les arbres sont moins renversés par le vent pendant l'hiver que pendant l'été, c'est que, dans cette dernière saison, ils sont garnis de feuilles qui font que le vent a plus de prise sur eux.
Voilà, mes amis, tout ce que je puis vous dire sur le vent. Je regrette de n'être pas mieux initié aux secrets de la Nature, pour pouvoir vous en faire connaître les causes d'une manière positive. Il faut que vous vous contentiez d'en savoir autant que moi.
MOTS A L'OREILLE
SOUFFLÉS PAR LE B0^' GÉNIE
v^ La religion du cœur réconforte la vie: prière, espérance, consolation, soeurs jumelles! prière, espérance, consolation, filles de la foi!
v^ Élevons-nous notre pensée vers Dieu, déjà nous devenons meilleurs : il semble qu'il y ait, dans la prière, comme une première ablution de l'âme.
^ L'âme religieuse traverse doucement la vie, entre l'espérance et la résignation: la première fleurit^ parfume et charme le voyage; la seconde fortifie contre les aspérités de la route, et préserve des chutes désespérées.
^ La prière de l'innocence est la plus agréable à Dieu: gardons notre innocence, enfants; nos parents peuvent tomber malades.