‹ Le Bon génieChapitre 108 sur 135 · LE GÉANT · texte numérisé non relu

LE GÉANT

Il y a, dans chaque espèce de corps organisés, un point d'accroissement assez fixe, qu'il est rare de voir outre-passer. Cependant cette loi n'est pas si inviolable qu'elle ne puisse éprouver des modifications, soit en-deca, soit au-delà.

Dans l'espèce iiumaine, la taille, quoique très variable, est communément de cinq à six pieds; mais il se trouve accidentellement de plus petites et de plus grandes statures. Lorsque la stature est remarquablement petite, l'homme est un nain; quand au contraire, elle dépasse de beaucoup les dimensions ordinaires, l'homme est un ^éanf. Le dessin que je vous envoie aujourd'hui, représente un de ces individus dont le corps s'est développé outre-mesure.

J'en profite pour vous dire que ces développements ne sont que des exceptions, que des accidents, et qu'il ne faut point ajouter foi aux récits fabuleux, soit anciens, soit modernes, qui attribuent une stature gigantesque à tous les hommes d'une nation, où seulement à toute une race. Il n'y a ni nations, ni races de géants. Certains peuples, il est vrai, offrent habituellement des individus d'une taille plus élevée que celle de certains autres peuples; ce qui tient soit à l'influence du climat, soit à la nourriture, soit aux habitudes; mais cette taille n'excède jamais généralement les proportions affectées à l'espèce humaine. Ainsi tout ce qui a été dit, dans les temps modernes, sur la stature colossale des Patagons et autres peuples sauvages, n'est que fable et exagération, de même que les contes poétiques qu'on avait faits jadis sur les Lestrygons et sur les Cyclopes. ('es exagérations proviennent sans doute de la terreur qu'ont inspirée ces tribus féroces, car on sait que la peur grossit les objets. Au reste, ce ne serait pas une taille gigantesque qui pourrait rendre de tels hounnes plus terribles, car, en général, la force est rarement le partage de ce qui sort des proportions ordinaires; et l'on a observé que les géants sont mous, lâches, faibles, et que leur esprit et leur intelligence sont plutôt affaiblis que fortifiés par l'accroissement excessif de leurs organes. C'est un exemple matériel que nous offre la Nature, de cette vérité, que le bien est toujours dans la modération et jamais dans les excès.

AVIS

Ceux des souscripteurs à ce Journal, dont l'abonnement date du i" février 1827 pour un an, ou du i" août de la même année pour six mois, et expire par conséquent à la fin de janvier courant, sont invités à le faire renouveler avant le dimanche 3 février prochain, afin de ne pas éprouver de retard dans l'envoi des numéros suivants.

Imprimerie de JUIVES DIDOT .\INÉ, iMmiMErn du noi, rue du Ponl-de-Lodi , n* C.

Di>u\cnE, lorfvBiERiSaS.

Le prix de l'abonnement rst , poar Paris , de 22 francs par an. et de 13 francs pour sii oiois; pour les départements, de 24 francs par an, et i3 francs pour six mois*

IV'

ANNEE

Bureau de l'abonnement, chez Locis Colas, libraire, rue Dauphine , n* 32 ; ec chez les principaux libraires et directeurs des postes des départements.

jLI IBDl ©lïïH

â tlll

Page 1