‹ Le Bon génieChapitre 129 sur 135 · LES DEUX AMIS · texte numérisé non relu

LES DEUX AMIS

Fable composée à Saint-Pétersbou à mademoiselle Pauline de 1' Emile Dapré de Saint-Maup

/Adre, Vous qui , dans un âge ef

Possédez le plus nobli^

t adressée '-, par M.

"Vous qui savez dqk comptenclre

Le timide accent du malheur:

Vous dont l'âme toujours pieuse et secourable Devine l'indigence , interroge ses vœux ; Ecoutez ce récit . il n'est point fabuleux, Bien qu'il soit piéserité sous les traits de la fable.

Le redoutable hiver couronne de glaçons,

De ses rigueurs attristait la nature :

Couvert de ma pelisse, insuffisante armure

Contre le choc des aquilons,

Je regagnais mon domicile

Lorsque, tournafit TAmirauté, Je rencontrai deux thfebs sanâ maître, Sans asile.

Réduits à la mèh'clicité.

Avant la neige pour litière; Ensemble ils supportaient le froid et la misère. L'un d'eux nie regardait avec anxiété ; Ses veux semblaient me dire : « Adoucis ma souffrance^

Il Puisse en ce jour ta bienfaisance

(( M'affranchir de la liberté ! >»

Je flatte l'animal de la voix et du geste; Il prend ce doux acceuil pour un consetitement":

Voilà mon chien, joyeux et leste.

Sur mes pas allant , revenaflt,

Faisant mainte et mainte gambade,

Toujours suivi du camarade.

Nous arrivons tous trois près de mon logement:

Là , pour l'encourager , j'appelle , je caresse

Le chien dont j'admirais la grâce et la souplesse^

L'autre est repoussé brusquement, Tant il est vrai que, pour sortir d'affaire. Pour réussir dans ce monde , il faut plaire.

Or, à celui qui me plaisait

Je dis: u Pour toi je me sens de l'attrait;

« Médor oti Turc, Soliman ou Cerbère,

(I Qui que tu sois, car j'ignore ton nom.

Il Viens , j'y consens ; mais pour ton compagnon ,

(i Sa présence m'est importun^ : ,

u II doit ailleurs chercher fortune.

Il — Non, non, me répondit le chien,

" ^*"-)rt de mon ami sera toujours le mien.

*^e tes bienfaits pourquoi l'exclure?

" '-^"S ne le malheur créa notre amitié:

«loU5 ^ojjxnous errons, nous cherchons aventure,

artageons la nourriture

uQue " ,,

, "S accorde la pitiel

i, Et lorsqL , V .

"^ .101 ton ame s interesse,

u Seul ie serais , • i i i -^ »

u aeui jt ^^^^^ ^ ^^ j^^ j^j^^ j^ détresse!

(I Jamais; ce serait cruauté.

Il Mais qui me vaut ta préférence?

« La dois-je à mon peu de beauté, « A ma jeunesse, à mon agilité?

Il Va , n'en crois point une vaine apparence :

'( Au fond, Médor vaut mieux que moi; «Et la bonté, n'est-ce donc rien pour toi? M Je te réponds de lui, c'est un garçon fidèle; « Tandis que je serai de service au salon,

<i A la porte de ta maison

u Mon ami fera sentinelle.

Il II est de bonne garde, il est fort, plein de zèle; <> D'un loup , à la campagne, il te ferait raison ;

Il Matin et soir, nuit et jour, à toute heure , (i Tu pourras défier ie plus subtil larron

il De pénétrer dans ta demeure.

« Pour te fléchir, que te dirai-je enfin? ft J'aime mieux avec lui trainer mon existence,

Il Transir de froid , mourir de faim , « Que de passer sans lui mes jours dans l'abondance. »

Je demeurai muet à ce trait jgénéreux :

De pareils arguments ont de quoi nous confondre^

Aussi , ne pouvant V répondre.

Chez moi jeles reçus tous deux.

CHARADE

Je gagerais que mon premier

Vous plait déjà, jeune lectrice; Moi, j'aime mieux les bois et leur ombre propice,

Quoiqu'on y trouve mon dernier.

Incommode ennemi, presque mycroscopique,

Mais qui grossit quand il nous pique; Dans le nord de l'Europe on trouve mon entier.

Qui peut ici rimer en Ique.

(Ceux de mes correspondants qui voudront me donner l'explication de cette charade, pourront me l'adresser en même temps que leurs réponses aux questions proposées dans le numéro précédent.)

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IHEME DE JULES DlbOT AÎNÉ, imprimeir dC roi, rue du Poni-de-Lodi , n' 6.

Dimanche, 27 avril 1828.

Le prix de ) abonnement est , pour Paris , de 2 2 francs par an, et de 12 francs pour six mois; pour les départements, de 24 francs par au, et i3 francs pour six mois.

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Bureau de l'abonnement, chez Louis Cocas , libraire, rue Dauphine , n* 32 ; et chez les principaux libraires et directeurs des postes des départements.

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