‹ Le Bon génieChapitre 24 sur 135 · LE PETIT ROBINSON · texte numérisé non relu

LE PETIT ROBINSON

Le jeune Rodolphe deTally était, dans sa première enfance, d'une santé excessivement délicate, cjui obligea ses parents à l'élever avec des ménagements extrêmes. Grâces aux précautions que l'on prit pour éloigner de lui toute fatigue, pour ne le laisser jamais exposé ni aux intempéries de l'air, ni à aucune espèce de danger, la constitution de cet enfant parvint h se raffermir, et à dix ans il était aussi vigoureux et bien portant qu'aucun autre garçon de son âge. Mais malheureusement cette éducation, qui avait été nécessaire pour fortifier son corps, avait produit un effet bien différent sur son caractère: accoutunié à ne se donner aucune peine pour aucune chose, Rodolpbe était incapable de se servir lui-même en quoi que ce fût, et de se passer de domestiques pendant une demijournée; le froid, la chaleur, l'iiumidité, étaient des ennemis qu'd n'avait point appris à braver, et qui lui semblaient également incommodes et dangereux;

nager, gravir un rocher, grimper sur un arbre, lui auraient paru autant d'entreprises inexécutables; pour rien au monde, il n'eût osé rnonter sur un cheval, et il ne concevait pas comment quelqu'un avait la témérité d'approcher d'une vache, Rodolphe était donc tout à-la-fois douillet, maladroit et poltron, autant qu'il est possible de l'être. Ses parents gémissaient des circonstances malheureuses qui avaient fait naître en lui ces pitoyables défauts, et s'efforçaient de les combattre; mais tous les raisonnements venaient échouer devant les habitudes contractées pendant la première éducation. " Allons, dit un jour M. deTally à sa femme, je vois qu'il faut prendre un grand parti , et donner à notre Rodolphe une leçon matérielle, qui seule pourra détruire les effets produits en lui par une cause matérielle. » Cette résolution inquiéta d'abord beaucoup la m.ère de Rodolphe; mais M. de Tally la rassura, lui promit de veiller à ce qu'aucune fâcheuse conséquence ne pût être le résultat de la tentative qu'il voulait faire; et voici enfin ce qui se passa.

A une demi-lieue, environ du château de Tally était une petite île formée par deux bras de rivière assez larges, et qui appartenait au père de Rodolphe. Il n'y avait, dans cette île, aucune habitation; mais elle avait été autrefois la demeure d'un pêcbeur, et Ton y trouvait encore trois pans de la cabane construite en terre glaise, où ce pécheur avait vécu. La partie de l'ile où l'on voyait cette petite ruine offrait un aspect riant, et la terre v produisait en abondance des arbres et des plantes de toute espèce; l'autre extrémité était aride, couverte de rochers et presque inaccessible.

M. et M""" de Tallv, ayant eu la visite d'une de leurs sœurs qui était venue, avec ses enfants, passer trois semaines au château de Tally, on proposa un jour d'aller faire un déjeuner champêtre dans l'île dont je viens de parler. Je n'ai pas besoin dédire que cette partie fut acceptée avec enthousiasme par Rodolphe et par ses deux cousines. Cependant Rodolphe après quelques instants de réflexion, ne laissa pas de montrer un peu d'inquiétude, et de s'enquérir si le bras de rivière qu'il fallait traverser n'était pas bien profond.

Le jour fixé étant venu, on éveilla les enfants de très bonne heure, et l'on se mit en route. Le voyage dura près de trois heures, parce qu'on fit de grands détours, attendu que "SI. de Tally avait ses raisons pour laisser croire à son fils que l'île était plus éloignée du château qu'elle ne l'était en effet. Onpassa l'eau dans un batelet que M. de Tally avait fait préparer à l'avance, et l'on débarqua dans une petite anse où le rivage offrait un tapis de verdure ombrage par de grands et beaux arbres.

Je ne m'arrêterai pas à faire la description du déjeuner champêtre; il nVst aucun de mes lecteurs qui ne sache parfaitement comment les choses se passent en pareil cas. Je dirai seulement que les enfants étaient très joyeux, que M. de Tally était par moments un peu pensif, et que trois fois M"" de Tally détourna la tête pour essayer ses yeux.

Apres le repas, la chaleur étant excessive, nos enfants qui s'étaient levés de grand matin, sentirent quelcpie envie de dormir, et M. de Tally proposa lui-même de faire un somme avant de parcourir l'île. Celte proposition fut acceptée; chacun s'arrangea de son mieux sur le gazon; Kodolphc eut la précaution d'étaler sous lui cinq ou six serviettes, alin de ne pas sentir Thumidité de la terre, et bientôt il s'endormit profondément sur cette espèce de lit.

Le soleil avait déjà fait plus des deux tiers de son cours, quand Rodolphe se réveilla. Il jette les yeux autour de lui; personne! Il appelle; aucune voix ne répond! Il cherche les traces du déjeuner; plus rien! Il court au rivage; plus de bateau! Papa, Maman, ma tante, mes cousines! tout a disparu!.... Figurezvous la position de Rodolphe : il crut d'abord qu'on était allé se promener dans l'ile sans lui; il va, vient, à droite, à gauche, il pleure, il se désole, il fait retentir l'air de ses cris; l'écho formé par les rochers de l'autre extrémité de l'ile, est la seule voix qui lui réponde. Le pauvre enfant abattu, consterné, tombe sur l'herbe, et commence à croire ou qu'il fait un songe, ou qu'il est l'objet d'un enchantement. La faiblesse de son caractère l'avait rendu un peu superstitieux; il se rappelle les contes qu'il a entendus de fées et de magiciens, et le voilà se persuadant qu'il a été enlevé de la maison paternelle par un mauvais génie, et transporté dans une île déserte. Il tremble de voir paraître quelque bête féroce, ou bien des sauvages qui le feront rôtir pour le manger. Assailli par toutes ces idées terribles, il demeura plus de deux heures sans oser remuer ni pousser de nouveaux cris. Cependant le soleil descendait rapidement vers le couchant; la digestion du déjeuner de Rodolphe était faite depuis long-temps, et la faim commençait à se faire sentir; de plus, la nuit menaçait d'arriver. L'idée d'être sans abri et sans diner se présenta au petit malheureux d'une manière si affreuse, que cette crainte l'emporta sur toutes les autres, et qu'enfin il se leva pour voir s'il n'y aurait pas quelque moyen (le trouver à manger et de quoi se mettre à couvert.

Le voilà donc parcourant le rivage : chaque insecte qui remuait sous l'herbe était, dans son imagination, pour le moins un serpent à sonnettes; un corbeau qui passa en volant au-dessus de l'ile, jui parut un vautour qui rodait pour venir le dévorer quand il serait endormi. Tout en tremblant, il arriva enfin aux ruines de la cabane du pêcheur. En voyant ces restes d'habitation, il ne douta pas que ce n'eut été là la demeure de quelque sauvage. Cependant , cette vue lui causa un mouvement de joie, a Je puis, dit-il, recouvrir ces trois pans de murs avec des branches, et

cela me fera une espèce de hutte pour v passer la nuit. » Il avait heureusement un couteau dans sa poche, et il se mit aussitôt en devoir de couper des branches. Ce travail le fit suer et lui donna bien du mal, car vous savez (ju'il était passablement maladroit. Cependant, il en vint à bout, et parvint à se faire un toit de feuilla{;e. Tranciuillisé sur ce point, il descendait au bord de la rivière pour prendre un peu d'eau dans le creux de sa main et se désaltérer, car il mourait de soif, lorsqu'il aperçut un pommier chargé de fruits miirs. Cette découverte fut un nouveau sujet de consolation. Mais pour avoir les pommes, il fallait grimper sur l'arbre; ce fut pour le coup que Rodolphe sua : vingt fois au moins il glissa jusqu'à terre et se vit obligé de regri.mper avant de pouvoir saisir la première branche. Mais ce sont de grands maîtres que le besoin et la nécessité; Rodolphe finit par avoir des pommes. C'était un diner bien léger sans doute; mais enfin cela valait mieux que rien.

La nuit vint: notre petit Robinson se blottit et se barricada comme il put dans sa cabane. Il fut longtemps à s'endormir, parce que le chagrin et la peur le tenaient éveillé. Pourtant, comme il avait fait pendant cette journée un exercice très nouveau et très violent pour lui, la fatigue l'emporta et le sommeil vint fermer ses veux.

Le lendemain matin, Rodolphe n'étant pas retenu par la mollesse d'un bon lit et de draps bien fins, se leva au point du jour. H pleura de nouveau, en pensant à ses parents et à son triste isolement. Cependant, voyant que la nuit s'était passée sans accident, il se sentit un peu rassuré contre toutes ses craintes de la veille. En examinant l'intérieur de sa cabane, il découvrit dans un coin une vieille écuelle de bols écornée, pas très propre, mais qui ne lui en parut pas moins un trésor. Il s'en empara vivement et la suspendit à un bouton de sa veste, au moyen d'un bout de ficelle qui était encore passé dans un petit trou fait à l écuelle. Il avait faim; il grimpa cette fois sur le pommier avec plus de facilité, et mangea des pommes. Ensuite, s'étant armé d'un bâton, pour se défendre au besoin contre les tigres ou les serpents à sonnettes, il se mit en route, afin de chercher si l'île ne lui offrirait pas d'autres ressources.

Notre petit aventurier ne tarda pas à arriver dans une jolie prairie située au pied des rochers. Au milieu de cette prairie, paissait tranquillement une vache. Rodolphe ne manqua pas de la prendre, dans le premier moment, pour un buffle ou pour un bison; mais en la regardant plus attentivement, cette illusion se dissipa, et il reconnut que c'était bien réellement une vache qui paraissait avoir beaucoup de lait. " Oh ! se dit- il, si j'osais aller la traire, quel bon repas je ferais! » Quand on n'a mangé que des pommes depuis vingt-quatre heures, quand avec cela on s'est fatigué et on a passé la nuit sur des feuilles, l'estomac conseille le courage. Rodolphe approche de la vache; elle fait un mouvement, il recule; puis il avance encore, il est tout près d'elle, il la touche, elle se laisse faire; Rodolphe d'une main prend son écuelle, de l'autre le pis de la vache: celle-ci ne bouge pas; Rodolphe trait, remplit son écuelle, boit le lait avec avidité, et recommence. Il fallait que la vache fût bien bonne, car le pauvre garçon ne s'v prenait

pas ave< une adresse merveilleuse, et tirait le pis coinni • s'il eùl touIu l'arracher.

Restaurt- parce bon repas, Rodolphe se sentit tout plein de vigueur et de coura{;e, et il conçut le projet de gravir les rochers au pied desquels il se trouvait, afin de voir s'il ne ferait pas au-delà encore quelque découverte utile. Une fois résolu, il s'élance; glissant sur la mousse, marchant sur les genoux, s'accro.iiant avec les njains, il parvient dans un endroit qui formait une petite gorge, et le premier objet qui frappe ses yeux est un lionime vêtu d'un simple caleçon, la tête couverte d'un bonnet entouré de plumes de coq, et qui s'enfuit à son aspect, en courant sur les rochers comme un chamois. < Pour le coup, s'écrie Rodolphe, je ne me suis pas trompé; voilà un sauvage, et je suis dans une île déserte! » Son cœur battait violemment, car il n'était pas encore assez enhardi pour ne point trembler de nouveau à cette pensée. Gçigndaiit vovant le sauvage s'enfuir, il eut assez de présence d'esprit pour juger qu'il ne flillait pas paraître lui-même effravé, et il avança jusquà l'endroit d'où l'homme était parti. Il y trouva une espèce de renfoncement sous un bloc de rocher, formant comme une petite grotte. Il hésita d'abord à y entrer, dans la crainte d'y rencontrer d'autres sauvages; cependant, comme il n'entendait aucun bruit, il se décida. La grotte ne contenait qu'un tas de feuilles mortes sur lesquelles on voyait que quelqu'un avait couché, un panier renfermant des pommes de terre cuites à l'eau, et dans un coin un fusil à deux coups, chargé. Rodolphe étonné regardait tout cela: il fut tenté d'abord de s'emparer du panier de pommes de terre; mais il lui vint un scrupule. «Ceci ne m'appartient pas, se dit-il, et je n'ai pas le droit de ravir h ce snnvagc sa nourriture; non, ce serait volt-. Seulement cela me prouve qu'il y a des pommes de terre dans mon île déserte; je chercherai, et j'en trouverai; j'allumerai du feu, et j'en ferai cuire sous la cendre. Quant au fusil, c'est différent; si je rencontrais le sauvage armé, il pourrait me tuer et me manger; il me semble que j'ai le droit de lui ôter son arme et de la prendre pour ma propre défense. » Après avoir fait ce raisonnement, il prit le fusil, que la veille il n'aurait osé toucher pour tout l'or du monde, le mit sur son épaule, et continua son voyage de découvertes.

N'ayant plus rien trouvé dans les rochers, si ce n'est quelques lapins qui fuyaient à son approche, il redescendit dans la plaine, pour aller faire une nouvelle visite à sa bonne vache, et se mettre ensuite à la recherche des ponmies de terre. Cette recherche ne fut pas infructueuse, et Rodolphe se vit récompensé de la délicatesse qui lui avait fait respecter la propriété du sauvage, en trouvant un petit coin de terre tout peuplé de cet utile végétal. II en fit une provision qu'il emporta à sa cabane. Puis, ayant rassemblé du bois sec et des feuilles mortes, il battit le briquet avec le dos de son couteau et lui caillou, et il parvint, après bien des efforts, à allumer du feu pour faire cuire ses pommes de terre. Je doute que le déjeuner même de la veille, lui eût paru aussi bon que le diner qu'il fit avec ce simple mets et une écuelle de lait trait par lui-même.

Fatigué de l'exercice de la journée, Rodolphe se

j reposait le soir sur le rivage, et songeait à la nuit qu'il allait passer dans sa cabane; il récapitulait aussi tout ce qui lui était arrivé, et finissait par se trouver encore heureux de s'en être si bien tiré. Dans ses premiers moments de frayeur et d'embarras, il avait entièrement oublié de penser à Dieu qui pouvait le secourir et veiller sur lui; mais ses esprits s'étant calmés, il y pensa, et rendit grâces avec ferveur à ce Dieu qui ne l'avait pas abandonné dans sa détresse. Puis, jetant les yeux sur l'autre rive, et reconnaissant le lieu où il s'était embarque sur le petit bateau, il commença à croire qu'il n'y avait ni enchantement ni rêve, qu'il n'était point dans une île déserte, et que, tout simplement on était parti sans lui après le déjeuner champêtre, afin de lui donner une leçon. Alors, il pleura un peu; mais bientôt il se sentit une énergie nouvelle, et s'écria: «Eh bien, ils ont bien fait, et j'en profiterai!" Tout en continuant de réfléchir, il pensa que s'il savait nager, il pourrait traverser la rivière et retourner au château de son père. « Et pourquoi n'apprendrais-je pas à nager? se dit-il; voyons! voici un endroit où il y a peu d'eau, et où le fond est lui beau sable bien fin; essayons! peut-être qu'en m'exerçant pendant quelques jours, je parviendrai à nager assez bien pour passer de l'autre côté. " Cela dit, il se déshabilla, et voilà mon Rodolphe, qui avait tant peur de l'eau, prenant un bain dans la rivière. S'il ne réussit pas à nager du premier coup, au moins cela lui fit-il grand bien, et lui donna-t-il de nouvelles forces. Il se coucha par là-dessus, et pour cette fois, il s'endormit sans peine, du plus profond sommeil. La 'huit précédente, il n'avait vu en songe que des tigres, des lions, des antropophages: celle-ci, ses rêves furen| plus riants; il se retrouvait à Tallv, dans les bras de sa mère et de son père, racontant ses petites aventures, et complimenté par ses cousines sur son courage et sa fermeté. Son sommeil dura longtemps, et ce jour-là le soleil était dt^à bien élevé, que Rodolphe dormait encore, tant il avait été fatigué la veille. Or, devinez oii il se reveilla?.... Dans l'endroit même où il s'était endormi a|irès le déjeuner de famille. Son père, sa mère, sa tante, sescousines étaient autour de lui, et de plus le sauvage, c'est-à-dire le garde-chasse de M. de Tally, avec une redinjjotte pardessus son caleçon, et toujours ses plumes cle coq sur la tête. C'était ce bon serviteur qui avait été chargé de veiller sur Rodolphe dans l'île; c'était lui qui venait de le prendre tout endoruù dans sa cabane et de l'apporter au milieu de sa famille. Rodolphe crut d'abord, en s'éveillanl, n'avoir fait qu'un rêve; mais la vue du sauvage, mais l'aspect d'un tlejeuner tout frais auquel on n'avait pas encore touché, mais sur-tout l'émotion de sa mère et le sourire de son père, ne le laissèrent pas long-temps dans l'erreur. «Oh! mes bons parents! s'écria- t-il en se jetant dans leurs bras; que je suis heureux de vous revoir! Ah ! je n'oublierai jamais une leçon qui a dû vous coûter plus qu'a moi! » On devine le reste: le déjeuner fut gai; on visita toute l'île, la cabane de Rodolphe, la prairie de la bonne vache, la grotte du sauvage; on s'embarqua sur le petit bateau pour retourner à Tally, et en partant on laissa à file le nom d'ile du petit liohi tison, qu'elle porte encore aujourd'hui.

Imprimerie de JULES DIDOT AÎNÉ, imprimeur dd roi, rue du Poni-Je-Lodi , n" G.

DlMANaiE, :i\jvts 1827.

Le prix de l'abonnemeni ^sl , pour Paris , de 2 ï fraiiis par an , ei de 12 francs pour six mois. Tour les dcparienienis, de 24 francs par aa , et i3 francs pour six mois.

IV'

AKNEE.

Bureau de l'abonnement, cher Louis Colas, libraire, rue Daupliine , n° Sa; el chez les principaux libraires ri directeurs des postes des départements.

PHTCi

CORRESPONDANCE

RÉPONSES AUX DERNIÈRES QUESTIONS DU BON GÉNIE

Eh bien, mes amis, je vous ai fait lever matin! heureusement je vois que vous ne m'en avez pas su mauvais [jré, et qu'au contraire vous m'en remerciez tous. J'ai bien lieu de me féliciter aussi de vous avoir donné un pareil sujet à traiter, car aucune de mes questions ne m'avait encore procuré un aussi grand nombre de lettres si bien composées. J'aurai tant de regret aujourd'hui de ne pouvoir donner place, dans ma petite feuille, à toutes celles qui le mériteraient, que j'abrège au moins autant que possible mon préambule.

Ne pouvant imprimer toutes les bonnes compositions que j'ai sous les yeux, je vais choisir entre elles, celles dont les tableaux offrent le p'us de diversité, à cause de la différence des sites où mes jeunes correspondants se sont trouvés placés pour observer et décrire le lever du soleil. Je commence par la lettre de M. Eugène Delisle :

«Mon bon Génie, c'est ce matin même qu'accompagné de mon bon père, j'ai fait la petite excursion dont je vais tacher de vous rendre compte. Levés avec le jour, nous nous sommes rendus au sommet d'une

colline, d'où la vue plane sur la ville qui s'élève devant elle en amphithéâtre, et sur les environs couverts de jardins qui font un effet charmant dans cette saison. »

(Suit une description pittoresque et historique de la ville de Périgueux, dont les détails sont fort intéressants, mais que je supprime à regret, afin de me réserver de la place pour d'autres lettres. Après cette description, mon jeune ami continue ainsi:)

« A peine avais-je eu le temps de contempler ce tableau qui semblait plongé dans le sommeil de la mort , que le rideau de nuages qui paraissait au levant comme un voile de pourpre et d'or, s'entr'ouvre et brille de mille feux. Les légères vapeurs qui obscurcissent encore l'horizon, se replient, s'éloignent, s'effacent peu à peu et disparaissent. Tout prend par degrés une teinte de vie aux premiers rayons que lance sur le monde l'astre éclatant , noble et majestueuse image de la Divinité. Il verse sa naissante lumière sur les campagnes, et tout répond à son appel : les oiseaux réveillés par lui, le saluent de leurs joyeux concerts; un frémissement général semble agiter même les choses inanimées. Tout se réveille, tout enfin semble renaître avec lui. L'âme doucement émue se sent agrandir à ce spectacle; la fraîcheur embaumée de l'air se répand, pour ainsi dire, sur les

idées. Quelles sensations délicieuses viennent en foule remplir le cœur! Quel plaisir intime pénètre tous nos sens ! Comme elles sont consolantes et pures, les pensées du matin! Ah! c'est alors, c'est sur-tout alors que l'âme transportée dans un monde nouveau, s'élance pleine de reconnaissance vers son auteur, qui lui a réservé tant de jouissances et semble avoir créé tous ses ouvrages pour l'avantage et le bonheur de l'Être de sa prédilection. Cependant, le soleil s'avance dans sa carrière enflammée; le vent fraîchit, l'air s'épure; les objets se colorent de teintes nouvelles qui leur donnent un air de jeunesse et de gaieté. Un bruit confus succède au silence; les paisibles habitants des campagnes se hâtent de sortir de leurs toits enfumés, et d'aller, reposés par le sommeil de la nuit, reprendre les utiles travaux dont le fruit doit nourrir leur famille. Et tandis que le riche repose encore sur le duvet paresseux, le laboureur couvre son corps de sueur, pour lui procurer tous les avantages qu'il achète au poids de l'or; mais si le riche pouvait contempler la création au moment de son réveil, s'il pouvait voir ce laboureur ouvrir gaiement un pénible sillon, ou émonder en chantant l'arbuste sujet de son espérance, il envierait peut-être le sort de l'objet de sa pitié, et tomberait prosterné devant l'Eternel , en lui rendant grâce de tous les biens qu'il prodigue à ses enfants; car, son coeur fût-il égaré, il serait ramené vers Dieu par une scène si magnifique, digne interprète de sa bonté, de sa puissance et de sa gloire.

« Eugène Delisle, à Pèrigiieux. »

Parmi les descriptions du lever du soleil sur le bord de la mer, je choisis celle que m'a adressée Mademoiselle Antoinette R. de (a M.....

«Mon bon Génie, ce matin, excitée par la curiosité que m'a fait naître votre question, je me suis arrachée sans peine aux douceurs du sommeil, et à quatre heures précises, je me suis trouvée sur la hauteur du fort de Notre-Dame-de-la-Garde, qui domine la mer, Marseille et tout son territoire. Là, j'ai vu les étoiles pâlir à l'aspect d'une douce lumière qui semblait retirer peu à peu le voile qui couvrait la nature. Une seule résistait avec opiniâtreté, c'était la brillante étoile de Vénus; mais elle céda enfin et disparut. Alors la scène change : un grand tableau se déroule à mes yeux; les objets cessent d'être confondus; la plaine liquide prend une couleur moins sombre; l'immensité des maisons, qui tantôt ne montrait que confusion et cahos, prend une forme régulière; mille mats jalonnent le port et en dessinent les contours. Les dômes et les clochers des églises s'élèvent majestueusement au-dessus des édifices de notre vaste cité. Déjà la verdure des champs, variée par la pâle couleur de nombreux oliviers , se présente aux yeux dans

toute sa beauté; la mer couverte de rides mouvantes ressemble à une immense prairie agitée par les vents. Mais voilà que, vers l'orient, l'atmosphère enflammée imite l'effet d'un vaste incendie; la crête des montagnes s'embellit d'une bordure dorée; l'horizon s'agrandit; ma vue acquiert un nouveau degré de force, et atteint de toute part des objets très éloignés qui naguère étaient hors de sa portée; je distingue au loin jusqu'aux maisons des îles de la rade.

« Enfin le moment arrive où l'astre du jour montrant une partie de son disque, me présente un arc enflammé; il s'élève, il s'agrandit.... je le vois tout entier, mais cinq fois plus grand que je ne l'eusse jamais vu. J'aperçois à travers les rayons qui s'échappent de sa circonférence, une mer bouillonnante de feux. J'avais des yeux d'aigle, je regardais le soleil en face, et je pouvais supporter ce faisceau de lumière.

« Comment exprimer les sensations que me faisait ressentir un spectacle si beau et si nouveau pour moi ! Je n'en avais jamais éprouvé de pareilles. Entièrement absorbée dans une jouissance et dans un ravissement inexjîrimables, je suis restée un instant en extase; et revenant à moi-même, j'ai adoré, remercié et béni l'auteur d'un si sublime ouvrage. Je me suis dit ensuite : Est-il étonnant que les hommes aient adressé leurs hommages au soleil, lorsqu'ils eurent le malheur de perdre toute idée d'un Etre purement sjîi rituel?

« J'étais encore occupée à esquissser ce rapide tableau, sur le sommet du mur de l'antique fort de Notre-Dame-de-la-Garde, lorsque la cloche appelant les fidèles, m'a fait quitter la plume, pour descendre dans la petite chapelle du fort, déjà remplie de marins, dont les uns venaient se mettre sous la puisante protection de la mère de Dieu, et les autres la remercier du secours qu'ils en avaient reçu dans les dangers. Là, j'ai rendu de plus amples actions de grâces à Dieu, auteur de tant de merveilles.

« Antoinette R. de la M..., à Marseille. »

Contemplons maintenant, avec "M"' Ariane de C..., le soleil levant sur le lac de Genève.

"Mon bon Génie, vous avez voulu faire lever de bonne heure vos abonnés ; mais s'ils ont été tous aussi bien récompensés de leur peine que moi, je suis sûre qu'aucun ne la regrettera.

«J'habite maintenant la rive droite du lac de Genève; c'est de là que, ce matin, jai admiré le lever du soleil. C'est à vous, bon Génie, que je dois le plaisir que m'a causé le magnifique spectacle dont je vais essayer de vous faire la description.

« Environ un quart-d'heure avant le lever du soleil, tout était calme; la nature paraissait dans l'attente;

on n'entendait que les chants joyeux des oiseaux qui retentissaient de tous côtes; ils animaient le plus beau paysafife du monde. Les montagnes situées sur la rive

Sjaùclie du lac étaient d'une teinte grise très uniforme; eur différentes formes et décnu|)ures se dessinaient avec une netteté parfaite sur le ciel d'un bleu grisâtre. Le lac, en quelques endroits, était légèrement ridé par le zéphyr; mais en d'autres, il était si calme et si uni, que les montagnes et le ciel s'y réfléchissaient comme dans une glace. Les neiges éternelles qui couvrent le Mont-Blanc étaient dorées par les rayons de l'astre du jour que je ne voyais point encore; ces rayons ajoutaient un éclat pur à leur admirable blancbeur, et les faisaient contraster d'une manière frappante avec les autres montagnes encore dans l'ombre. La verdure des arbres et des prairies n'avait pas cet éclat qui la fait admirer durant le jour, mais elle était d'une fraîcheur ravissante.

«Le soleil n'avait point encore paru. Au fond du beau lac de Genève, du côté du Valais, on voyait une auréole rouge- orangée]; quelques légers petits nuages fort élevés étaient aussi d'un beau rouge, car déjà le soleil les éclairait; mais quand il fut complètement levé, ils devinrent d'un blanc soyeux, après avoir passé successivement par toutes les nuances du lilas et du rose.

"Le point du ciel où l'astre doit paraître devient de moment en moment plus lumineux; sa vive couleur se fond en rose qui à son tour s'évanouit peu à peu; enfin un point brillant parait à l'horizon des montagnes; chaque instant ajoute à son éclat, et bientôt il se montre comme un disque d'or qui, se réfléchissant dans les eaux du lac, y forme une longue colonne de feu qu'on peut à peine regarder. Aussitôt toute la nature s'éclaire; les prairies paraissent d'un vert d'émeraude; les troncs des arbres sont dorés par l'astre du jour qui, s'élevant à chaque instant, acquiert un éclat toujours plus vif qu'enfin l'œil ne peut plus soutenir.

«Après le lever du soleil, l'autre rive du lac est enveloppée d'une vapeur qui ajoute encore à la beauté, à la fraîcheur du paysage en l'enveloppant d'un vague enchanteur.

«Deux barques voguent sur le lac, leurs voiles blanches se réfléchissent dans le cristal des eaux; toute la nature est si brillante, si belle, que la plume ne peut la décrire; il faut avoir vu ce beau spectacle pour bien comprendre tout ce qu'il a de ravissant. « Ariane de C , à Montfleuri. »

Je regrette de ne pouvoir imprimer en entier un plus grand nombre de lettres, car j'en ai encore plusieurs qui en seraient très dignes; ce sont celles de

Mesdemoiselles Stéphanie de F , à V ; Célinie de

B jàCaen; Caliste B...., a Mortefontaine; Clémence

de F...., à Villebadin; Jiigustinc *** , au Lude; Louise

D , à Saint-Brieux; Louise F...... à Grenoble; et

celle de M. Jdolphe Lindt, à Paris. Je vais au moins donner des extraits de celles-ci et de quelques autres qui offrent des fragments propres à être détachés.

«L'aspect de la nature, après te repos de la nuit, a quelqucMîhose de singulièrement calme, dont je ne me formais pas l'idée. Lorsque ce calme universel fut niterrompu par les chants joyeux des oiseaux, j'éprouvai un vif sentiment de plaisir, parce que les objets qui me sont le plus familiers m'apparaissaient

alors sous des formes toutes nouvelles, » (M"' Célinie deB )

«Le soleil fut quelque temps à se montrer; il me venait mille idées qui toutes se rapportaient à Dieu; j';ulrnirais son ouvrage; Maman qui était avec moi, m'en faisait connaître les beautés d'une manière si touchante, que je ne pus ni'empécher de me prosterner et de rendre grâce à mon Créateur. » (M"' CatisU- B )

«Tout s'anime en sa présence (du soleil); les oiseaux chantent son retour, les poissons pour le voir viennent nager à la surface de l'eau, et les fleurs, plus belles que de coutume, exhalent un odeur délicieuse. Pourquoi faut-il se lever si matin pour voir ce spectacle? Je voudrais sans cela le regarder tous les jours.» {M"" ^ugustine.)

«L'âme semble s'agrandir à un si beau spectacle; et le cœur éprouve naturellement les sentiments les plus vifs d'atlmiration pour les œuvres de Dieu, et de reconnaissance pour sa bonté envers les hommes. Si la prison dans laquelle nous nous trouvons renfermes est si belle, que sera-ce de la patrie qui nous est réservée après cette vie? » (M. Eugène R...., a Beauvais.)

« On voit d'abord toute la partie orientale du ciel se revêtir de la pourpre de l'aurore, la lune se retirer, les étoiles pâlir. Mais que ce triomphe de l'aurore est rapide! On peut le regarder comme une image naturelle du plaisir: rien n'est si inillant que son approche; rien n'est si court que sa durée. » (M"' Herminie G...., à Lyon.)

Parmi les autres lettres de mes correspondants les plus avancés, je dois encore mentionner, comme méritant d'être distinguées, celles de 'SV^' Eugénie F...., a Keims, et de MM. Henri Amal, à Marseille; Léandre Bourrdhon, à Marseille; Barthélémy Lecarpentier, à Honfleur.

J'ai lu avec un tendre intérêt les regrets touchants exprimés par M"-^ C. P. de Maestricht, qui est aveugle depuis l'âge de cinq ans, et ne peut jouir du beau spectacle du soleil levant. Je lui demande pardon d'avoir éveillé en elle de pénibles sentiments en proposant un pareil sujet; je l'aurais certainement évité, si cette idée se fût présentée à mon esprit.

Je dois faire une observation ii quelques uns de mes correspondants qui se sont donné peut-être beaucoup de mal, pour fleurir outre mesure leur description du lever du soleil. Ce n'était pas une description poétique et mythologique que je demandais; c'était toutsnnplement une description vraie. Ainsi, les portes de l'orient, CJurore aux doigts de roses, les pleurs du matin, et Flore, et Pomone n'y avaient rien à faire. Je gagerais bien que ceux et celles qui ont employé toutes ces belles Figures, n avaient pas secoué les pavots de Morphée de grand matin pour assister au lever du soleil; car ce spectacle, observé en réalité, leur eût inspiré de tout autres idées que ces réminiscences de fictions mythologiques. J'ai remarqué, en général, que mes correspondants et correspondantes de Paris ont été les plus paresseux.

Mais mes plus jeunes amis vont croire peut-être que je les oublie. Point du tout: voici, parmi leurs lettres, celle que j'ai cru devoir choisir pour i'uisérer ICI ; elle est de M"' Cécile de V..... :

«( Mon bon Ge'nîe, nous avons été a Conrbevoie d'où nous avons très bien vu le lever du soleil.

Ci Je me suis levée à une heure et demie; la nuit était très claire, cependant je ne pouvais distinguer que de grosses touffes d'arbres. Aussitôt que je vis un peu plus de clarté, tous les oiseaux chantèrent h s louan[;es de Fauteur de la nature, et je commençai à voir les arbres se détacher l'un de l'autre; puis j'aperçus les maisons, Jcs fleurs et presque tous les objets. Au-dessus de l'eau il y avait une vajieur. A mesure que le jour augmentait, les étoiles pâlissaient; enfin, je n'en vis plus qu'une seule qui se trouvait dans l'aurore. Cette belle étoile s'appelle la piincte de Vénus, ou Yétoile du Berger. Oh! mon bon Génie, que c'est beau de voir cette brillante étoile dans cette jolie teinte rose.

« Un endroit de l'aurore est devenu d'une couleur très vive, et je croyais à clia([ue instant que le soleil allait en sortir. Je vis, tout-à-fait à l'horizon, un point lumineux qui devint une superbe boule rouf^.e, qui s'élevait majestueusement, et se montrait à la nature comme un roi se montre à ses sujets. A mesure qu'il s'élevait, il rapetissait, et quand il fut arrivé à sa grandeur ordinaire, il était d'une blancheur éblouissante; il était entouré de ses rayons, et on ne pouvait plus le re^jarder.

«Mon bon Génie, quelle sensation on éprouve quand on voit lever le soleil! il semble qu'il est l'image de son Créateur. C'est ce qui m'a fait penser que, de toutes les idolâtries que les hommes ont pratiquées, celle du soleil est la plus excusable.

« CÉCILE DE V âyée de lo ans. "

Je me bornerai à mentionner les lettres de Mademoiselle Pauline de M ; M. Octave Ducros; M. Narcisse Cayez; M. Anatole de T.., à Autuu.

EXPLICATION DE LA DERNIÈRE CHARADE

Le mot de ma dernière charade est Théodose, dans lequel on trouve tlié, o et dose. En voici l'explication, extraite de plusieurs lettres que j'ai sous les yeux :

Il Le thé est la feuille d'un petit arbre qui croît au Japon et à la Chine. Cet arbrisseau est toujours vert. L'infusion du thé est une boisson aussi saine qu'agréable; mais quand elle est prise avec excès, elle peut devenir nuisible. Il paraît que le thé (ut introduit en Europe en 1610, et qu'il fut apporté en France en i636. Il y a différentes espèces de thé, entre autres le thé impérial, qui n'est autre chose que les feuilles qui paraissent déployées au sommet des plus petites branches. La récolte s'en fait à Udri, petite ville du Japon , avec le plus grand appareil. Ceux qui doivent la faire ne mangent ni poisson, ni certaines viandes, se lavent deux fois par jour dans la rivière et dans un bain froid, et ne touchent aux feuilles qu'avec des gants. le plant est environné d'un lar{;e et profond fossé; les allées d'arbrisseaux sont balayées tous les jours. Des commis veillent à la culture et à la récolte. Ce thé est envoyé sous cachet à Teuipcreur, avec une bonne escorte. Ce que l'empereur a choisi est conservé dans des vases de porcelaine. Il n'y a que les mandarins qui fassent usagede ce thé. » (M"' Finjinie B ., à Metz.)

(I O est une des cinq voyelles de l'alphabet. Il y en

a deux espèces en français: l'o bref et l'o long. Ce dernier s'indiquait autrefois par s mis à la suite; cet 5 est remplacé aujourd'hui par un accent circonflexe. Le maître de philosophie du Bourgeois Gentilhomme de INIoIière, (ait prononcer cette lettre à son élève, en lui faisant faire une bouche toute ronde. » (M. Octave Ducros. )

a Dose: quantité plus ou moins grande de chacun des ingrédients qui entrent dans la composition d'un médicament. On l'applique aussi, par extension et au figuré, à plusieurs autres choses. » (M"' Antoinette R. de la M )

Il Une trop forte dose de plaisir est souvent nuisihie; il faut alors la diminuer. Il est quelquefois utile d'au{;menter la dose d'un médicament, quelque répugnance qu'il nous inspire. » (M"" Sophie Ch....)

Il Théodose le Grand naquit à Cauca, en Galice. Il fut associé à l'empire, en 339, P^'" ^'"^'itn; il régna seul de 39?. à 393. Ce fut lui guerrier courageux et habile, un prince généreux et juste. Facile à irriter, la réflexion le ramenait à la douceur. Cependant, on reproche justement à sa mémoire des actes de cruauté; mais ses grandes qualités surpassaient ses défauts. On ne saurait trop admirer ces belles paroles qu'il adressait, en 393, à un préfet du prétoire: «Si quelqu'un « parle mal de nous ou de notre gouvernement, nous « ne voulons pas qu'on le punisse : s'il Ta fait par lé- « géreté, il faut le mépriser; si c'est par erreur, il faut « le plaindre; si c'est à dessein de nous faire une in-

« suite, il faut lui pardonner.» ^.^V^' Aline L , à

Baugé. )

J'ai encore plusieurs lettres, entre autres celles de

Mesdemoiselles Ernestine de St.-Y.., Célinie de B ,

et Cécile de V...... qui contiennent des explications

très satisfaisantes de cette charade. Plusieurs m'ont donné de longs détails sur le règne de Théodose; je les ai lus avec beaucoup de plaisir, parce qu'ils m'ont offert une preuve de l'instruction de mes lecteui's et lectrices, ou au moins de leur désir de s'instruire. Je n'ai pas cru cependant devoir reproduire ici ces détails, attendu qu'ils sont un peu lonjys, et que j'évite, autant que possible, de remplir mon journal avec ce que mes jeunes amis peuvent trouver ailleurs dans leurs livres.

LITHOGRAPHIE

Les petits Navigateurs : Ce serait le cas de faire un article sur la navigation, sur les promenades en bateau, sur les plaisirs qu'on peut y trouver, sur les dangers qu'il y faut éviter; mais vous avez pris toute la place aujourd'hui, mes amis. Heureusement le dessin que je vous envoie n\\ pas besoin d'explication, et je retrouverai facilement l'occasion de vous dire, à quelque autre propos, ce que m'aurait sugg(*ré ce petit sujet.

AV IS. — Ceux de nos souscripteurs dont rabouncment date du 1" juillet iSaO pour un an, ou du i" janvier i8.>.- pour six mois, et expire pa? conséquent à la fin de juin courant, sont invité? à le faire renouveler avant le dimanche i" juillet prochain, afin de ne pas éprouver d'interruption dans l'envoi du Journal.

lupniMEHiE DE JULES DIDOT AlNl^:, impdimevr vv roi, rue du roni-de-LoJi. u* 6.

Dimanche, i"' juillet 1827.

Le prix de l'abonncmcni est , pour Paris , de 2 2 francs par an , et de 12 Trancs pour six mois. Pour les dcparlenients, de 2^ francs par an , et i3 francs pour sis mois.

IV'

Bureau de l'ahonnement, chez Louis Colas, libraire, rue Dauphine, n' Sa; et chez les principaux libraires et directeurs des postes des déparieuieots.

mit^

Page 1