‹ Le Bon génieChapitre 27 sur 135 · SALLES D'ASILE POUR LES PETITS ENFANTS · texte numérisé non relu

SALLES D'ASILE POUR LES PETITS ENFANTS

J'ai reçu la lettre suivante que je m'empresse de mettre sous les yeux de mes lecteurs :

« Comme tous les établissements de bienfaisance qui intéressent les enfants, sont toujours protégés par vous, mon bon Génie, je ne pense pas être importqne en vous parlant des Salles cTJsile pour la première enfance, dont une a été ouverte à Paris au mois d'août dernier. Cet établissement a pour but de réunir de jeunes enfants de l'âge de deux à sept ans, dont les parents pauvres sont obligés de travailler hors de chez eux toute la journée, et ne peuvent les soigner Ces pauvres petits êtres sont presque toujours

mis en sevrage chez des femmes qui en gardent une trentaine dans une chambre petite et malsaine, ou confiés à une voisine peu soigneuse, ou même laissés seuls, soit dans une chambre, soit dans la rue, exposés à mille dangers.

(( L.i Salle d'Asile est gouvernée par un comité composé de douze dames, et la direction en est confiée à deux Sœurs de la Povidence. La maison a été donnée au comité par l'administration des hospices. Le rezde-chaussée est divisé en deux salles; une grande où les enfants font leurs différents exercices et prennent leurs leçons, et une petite où ils mangent. La journée commence et se termine par une prière; elle est coupée alternativement par des jeux et des études; cellesci consistent à marcher ensemble en ordre et en mesure; à lire de grosses lettres imprimées sur des tableaux suspendus aux murailles; à entendre et à répéter l'explication d'images représentant des animaux et des métiers, sur lesquelles on provoque leurs petites réflexions; à apprendre le catéchisme. On leur donne aussi les premiers éléments du calcul, au moyen d'un grand cadre renfermant des tringles de fer sur lesquelles roulent des boules de couleurs. Pendant les récréations, ils jouent avec des briques de bois, qui leur servent à figurer différentes constructions. Ces amusements ont lieu, ou dans la salle, ou, lorsque le temps le permet, dans une cour sablée et plantée d'arbres.

«Presque tous ces enfants sont admis gratis: un très petit nombre seulement paie une légère rétribution. Plus de i8o noms sont inscrits sur le registre des soeurs; mais il n'y a ordinairement que 80 ou qo enfants présents à-la-fois, à cause de beaucoup de rougeoles et de coqueluches qui régnent maintenant.

«Afin de se convaincre, mon bon Génie, de l'utilité de cette institution, il suffit de se rendre rue du Bac n° 1 13, h la Salle cC Asile. 11 existe depuis longtemps en Angleterre un grand nombre de ces Asiles; on y voit quelquefois plus de 3oo enfants réunis dans la même enceinte. Ils y sont heureux et contents plus qu'on ne peut l'imaginer. C'est au moyen de souscriptions et des dons de la charité publique que l'on a pu former ces utiles établissements. Pour obtenir ici les mêmes résultats, il est nécessaire de trouver les mêmes secours. Si vous pouviez, mon bon (Tenie, recommander à vos jeunes aboniïés l'institution des Sallei (T Asile, et les engager à consacrer à cette bonne œuvre une petite part de leur économies, vous rendriez un grand service à tous les pauvres petits enfants qui languissent encore dans l'abandon.

«Les dons et souscriptions sont reçus par: MM. Mallet, banquiers, rue de la Chaussée-d'Antin, n*' i3 ; madame la marquise de Pastoret, place Louis XV,

n" 6; madame la princesse Théodore de Bauffremont, rue de l'Université', n° 80; madame la duchesse de Praslin, rue de Grenelle, n° io5.

<i Recevez, mon bon Génie, etc. » N. »

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