‹ Le Bon génieChapitre 37 sur 135 · EXPLICATION DU DERNIER LOGOGRIPHE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DU DERNIER LOGOGRIPHE

Le mot de mon dernier logogriphe est gloire, dans lequel on trouve Loire et Loir. En voici l'explication extraite de plusieurs des lettres que j'ai sous les yeux.

« La gloire est l'idole des grands hommes, et la récompense de leur travaux; c'est elle qui, dans les combats, entraine le héros au milieu des dangers, car suivant l'expression de Delille,

\à (jloire, à la mort prêtant ses traits guerriers,

Cache son Front hideux sous l'cclat des lauriers.

C'est elle qui précipite le hardi navigateur dans les périls d'un océan inconnu; c'est elle qui enivre tl'espérance le poète, le savant et l'artiste; c'est pour elle

3u'ils prodiguent les travaux et les veilles. La t/loire iffère de la célébrité, en ce qu'elle ne ^.'attache qu'aux grandes et nobles actions, ou aux chefs-d'œuvre du génie, dans la littérature, les sciences et les arts, au lieu que la célébrité est aussi souvent le châtiment des grands crimes que la récompense des grandes vertus. Je crois, mon bon Génie, que j'ai tort de dire rJcompense en parlant de la vertu, car lorsqu'elle est véritable, elle n'en cherche poiut sur la terrre, elle u'at-

tend que de Dieu le prix de ses travaux, et elle arrive ainsi à la seule gloire désirable, puisque c'est la seule qui ne passera point. » ( M"' Célinie de B , à B )

« La Loire prend sa source dons le département de l'Ardèche, passe à Roanne, Nevers, Briare, Gien, Orléans, Blois, Tours, Saumur, Nantes, et se jette dans rOcéan , à douze lieues au-dessous de cette dernière ville, entre le Croisic et Bourgneiif, après un cours d'environ 200 lieues. Les navires la remontent jusqu'à Nantes, et les bateaux un peu au-dessus de Roanne. Malheureusement, coulant sur ua fond de sable, dont elle charrie de grandes quantités, et ayant un lit peu profond, la navigation en est très difficile, et des inondations considérables, en hiver et même au printemps, causent fréquennnent aux babitants de ses charmants rivages les plus vives inquiétudes. Une belle et forte levée ou digue faite sous Henri II, roi d'Angleterre, duc de Normandie et d'Aquitaine et comte d'Anjou, réparée et devenue chemin public vers la fin du dix-septième siècle, borde sa rive droite, depuis Blois jusques auprès d'Angers, et en préservant une riche vallée des ravages des débordements, forme peut-être la plus belle et la plus agréable route de France, sur une longueur de plus de [\o lieues. Il se fait un grand commerce par la Loire.

<• Le Loir prend sa source dans le département dî' Eure-et-Loir, passe à Châteaudun, à Vendôme, près Chateau-du-Loir où il devient navigable, à La Flèche, et se jette dans la Sarthe à une lieue au-dessus d'Angers, après un cours de plus de l\o lieues. » (M"° Aline L , à Baugé.)

« Le Loir est un petit animal qui ressemble un peu à l'écureuil, dont il a les habitudes. Il est reconnaissable par une touffe de poils au-dessus de la queue. Il n'est guère connu que dans les climats tempérés. 11 liabite les forets, ne craint ni la belette, ni les petits oiseaux de proie, contre lesquels il se défend courageusement avec ses dents qui sont très aiguës. Il échappe aux loups et aux renards par son agilité. Ses plus grands ennemis sont les chats sauvages et les martres qui sont assez rusés pour le prendre. Sa nourriture est la même que celle de l'écureuil; quelquefois il déniche de petits oiseaux pour les manger. Il vit environ six ans, et en général, est très gras. Sa retraite ordinaire est le creu d'un arbre où il fait un lit de mousse et de feuilles. La femelle y dépose ses petits qu'elle fait en été, au nombre de quatre ou cinq. L'hiver ils se retirent dans leur nid, et y sont engourdis jusqu'à la fin de la saison. Pendant ce temps, le sang est arrêté dans les petites veines; il n'y a que les gros vaisseaux qui agissent. Le printemps leur rend leur vigueur et leur agilité.» ['SV*' Sophie Ch....)

De très bonnes explications de ce logogriphe m'ont été données aussi par M"" ylittoiiwtte li. de la M....; Herminie G....; Annette de C...., de Metz; Cécile de F.....; et Marie de M...., de Saumur.

Parmi les descriptions d'orage qu'on m'a adressées, il en est quelques unes qui doivent donner lieu, sous le rapport du style, à des observations que je réserve pour le prochain numéro.

LITHOGRAPHIE

Quoique, jusqu'à présent, l'été ne nous ait pas amené de très grandes chaleurs, nous en avons eu cependant assez pour que le dessin lithographie que je vous envoie aujourd'hui, mes amis, ne soit pas hors de saison. J'ai voulu vous le présenter, afin d'appeler votre attention sur l'agrément et sur l'utilité des bains de rivière et de la natation.

Assurément il est plus agréable de se baigner dans une masse d'eau où l'on peut agir et se mouvoir, que dans une étroite baignoire dont la vapeur remplit et humecte l'air d'un petit cabinet resserré. Cette eau courante, fraîche et qui n'est échauffée que par le soleil, donne au corps de la vigueur et de l'énergie, au lieu de l'abattre et de l'affaiblir, connue fait l'eau échauffée par le feu, souvent à un degré plus élevé qu'il ne faudrait.

Quant à la natation, il est peu d'exercices qui aient plus d'attrait, et il n'en est pas qui soient plus salutaires. On conçoit aisément tout le bien qui doit résulter de cette action, de ce mouvement de tous les muscles, dans un fluide fortifiant. Joignez à cela l'utilité de la natation dans un grand nombre de circonstances, soit pour échapper soi-même à un danger, soit pour en sauver son semblable. Si vous réfléchissez à ces divers avantages, vous ne vous étonnerez pas que je recommande les bains de rivière à mes lecteurs des deux sexes, et la natation aux jeunes garçons qui sont assez grands et assez forts pour se livrer à cet exercice. Mais je ne dois pas oublier de leur recommander en même temps la prudence, et de leur rappeler que la témérité n'est point du courage, et que les fanfaronnades sont choses ridicules, dont il y a presque toujours à se repentir.

J'ajouterai que les bains de rivière, qni sont en général très bons, ne conviennent pourtant pas à tous les tempéraments, et que les choses que je viens de dire ne doivent pas être, pour mes jeunes amis, une occasion de tourmenter leurs parents afin d'en obtenir ce que ceux-ci croiraient devoir leur refuser. Mes conseils s'adressent, au contraire, à ceux à qui on aurait conseillé déjà les bains de rivière, et qui y éprouveraient quelque répugnance.

AVIS

Il est arrivé encore cette fois, au bureau du Journal, plusieurs lettres non affranchies qui ont été refusées, entre autres une assez grosse, de Lyon. Cela m'a causé un grand regret; mais je ne puis rien contre cette règle, que j'ai déjà fait connaître plusieurs fois à mes correspondants, et dont ils ne peuvent pas ne point comprendre la nécessité.

— Ceux de nos souscripteurs dont l'abonnement date du 1" août 1826 pour un an, ou du i" février 1827 pour six mois, et expire par conséquent à la fin de jinllet courant, sont invités à le faire renouveler avant le dimanche 5 août prochain, afin de ne pas éprouver d'interruption dans l'envoi du Journal.

Imprimerie de JULES DIDOT .VINÉ, imiuimeur du noi, nu du roin-cU l.odi, n" G.

DiMikKcnE, 5 AOCT 1817.

Le prix de l'abonnemept est, pour Paris , de u francs par an, et de 12 fraucs poi r ments, de 24 francs par an, et i3 francs pour six moij.

ILl IBDH (EÉia

^^titïr4i.

ANNÉE. N° l4.

Boreaa de l'aboDoeineiit , chez Louis Coi^\s , lihraire, rue Dauphioe , n" 3î ; et chez les principaux libraires et directeurs des postes des départements.

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