PARABOLE ALLEMANDE
Un père était allé visiter les vignes avec son fils encore enfant. Le fils aperçut une abeille prise dans les filets d'une grosse araignée. Déjà l'araignée avait ouvert ses tenailles formidables pour saisir sa proie;
mais l'enfant vint au secours de l'abeille, la délivra, et détruisit la toile de l'animal vorace.
Le père, qui l'avait observé, lui dit: Comment peux-tu, mon fils, mépriser ainsi le talent et la sagacité de cet animal, et détruire d'un seul coup un travail fait avec tant d'art et de soin? N'admirais-tu pas la délicatesse de la toile, la régularité et la symétrie de tout l'ouvrage? Comment peux-tu être à-la-fois si compatissant et si dur?
Le fils répondit: La sagacité de l'araignée tourne en mal, et elle n'exerce son adresse que pour blesser ou détruire, tandis que l'abeille emploie la sienne à recueillir le miel et à préparer la cire; voilà pourquoi j'ai délivré l'abeille, et détruit la toile d'araignée.
Le père admira le jugement de la simplicité naïve, qui condamne le talent et l'habileté, lorsque, dirigés par la malice et l'égoïsme, ils ne tendent qu'à blesser ou à nuire.
Mais, continua le père, il se pourrait encore que tu eusses été injuste à l'égard de l'araignée; tu vois qu'elle tend son tissu sur le raisin pendant qu'il mûrit, et qu'elle le met par là à l'abri des guêpes et des autres insectes.
Le fait-elle pour protéger le raisin? demanda l'enfant; ou ne serait-ce pas plutôt pour étancher sa soif sanguinaire?
Je crois, en effet, dit le père, qu'elle s'inquiète peu de nos raisins.
Oh! dit l'enfant, en ce cas elle fait le bien sans le vouloir, et alors elle n'y a aucun mérite , puisque c'est la bonne volonté seule qui fait la bonté et la beauté de l'action.
Cela est vrai, dit le père. C'est donc la Nature qu'il faut remercier; elle, qui sait tirer parti même de ce qui est mauvais et nuisible en soi, pour conserver ce qui est bon et utile.
AVIS
J'ai encore reçu, en réponse à mes questions sur la sensibilité et la susceptibilité, des lettres tardives, de Metz, de Nantes, et de Châlons-sur-Saône. J'invite mes jeunes amis à ne pas attendre le dernier moment et risquer d'arriver trop tard , s'ils veulent concourir pour les prix que j'ai proposés.
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Imprimerie de JULES DIDOT AI>'É, imprimecr du roi, rue du Poui-de-Lodi , n" C.
Dimanche, 28 ocTODME 1827
Le prix de 1 ahoniicmenl est, pour Paris , de 22 francs par an , et de 1 2 francs pour six mois; pour les départements, de 24 francs par an, et i3 francs pour six mois.
ANNEE