QUESTIO>'S
PROPOSÉES PAR LE BON GÉME
Nous allons, mes amis, continuer notre correspondance, si vous le voulez bien, et je vous invite tous à y prendre part, pour concourir aux prix de semestre que je décernerai dans le commencement du mois de mai prochain.
Je propose aujourd'hui les questions suivantes, a ceux de mes correspondants qui sont âgés de plus de onze ans :
Qu'est-ce que la scffisaxce?
Quels sont les inconvénients qui en résultent, pour celui qui y est enclin, et pour ceux qui ont des rapports avec lui?
J'adresse cette autre question à ceux de mes correspondants qui sont âgés de moins de onze ans :
Quest-ce que la taquinerie? et que pensez-vous cFun enfant taquin?
J'attendrai les réponses à ces questions dans le délai de ce jour au dimanche 16 décembre prochain.
LITHOGRAPHIE
Encore un jeu de garçons : mais celui-ci, ce n'est pas pour le recommander à mes lecteurs, que je leur en envoie la représentation; c'est, au contraire, pour leur en faire sentir les inconvénients et le danger. Ce jeu, qu'on appelle , comme bien vous savez , le Cheval fondu, consiste à s'élancer à cheval sur le dos d'un joueur qui, courbé sur les hanches, la tête ou les mains appuyées, présente son échine dans une posi-
tlon horizontale. Quelquefois plusieurs joueurs sont placés à la file, appuvés l'un contre l'autre dans cette attitude patiente; et ceux qui sautent, cherchent à s'élancer sur le dos de celui qui est le plus éloigné. S'ils ne mesurent pas bien leur élan , ils tombent à cheval sur une tète ou sur un col, au liuu de tomber sur un dos. En supposant même que le saut soit calculé le mieux possible, on ne risque pas moins ainsi de casser les reins de celui qui reçoit un pareil choc, sur-tout s'il est plus jeune et plus faible que le sauteur. Autant j'aime les exercices corporels qui servent à développer les organes, à donner au corps de la force et de l'agilité, sans l'exposer à de graves accidents; autant je redoute ces jeux périlleux, où il n'y a de profit pour personne et où le plus faible peut devenir la victime du plus fort. Le Cheval fondu est de ce nombre : or, comme c'est un exercice que j'ai vu trop souvent en faveur parmi les écoliers, j'ai cru bien faire en signalant les dangers qu il présente; et j'invite celles de mes lectrices qui ont des frères au collège, à user de l'influence qne l'amitié doit leur donner sur eux, pour en obtenir la promesse qu'ils ne s'exposeront plus aux inconvénients d'un jeu, dépourvu d'ailleurs de tout avantage comme de toute grâce.
VARIETES
"Le devoir doit passer avant tout, et il faut raccomplir avant de songer à ce qui nous est personnel. Voici l'histoire d'un chien qui nous offre à ce sujet une leçon frappante.
Vn habitant de la cité de Londres s'en allait un jour à sa maison de campagne, accompagné de son chien César. Il s'aperçut en chemin, qu'il avait emporté dans sa poche une clé dont on devait avoir besoin chez lui pendant son absence. Son chien était dressé à faire des commissions, en sorte qu'il crut pouvoir lui confier cette clé pour la rapporter à la maison. Le chien, en effet, partit rapidement avec son message, et revint ensuite retrouver son maître; mais celui-ci s'aperçut que l'animal s'était battu, et avait la tète ensanglantée. Ce ne fut que le soir, à son retour, qu'il apprit ce qui était arrivé. César, en passant avec la clé devant la maison d'un boucher, avait été attaqué violemment par le chien de ce dernier; mais fidèle à sou devoir, il ne s'était point dessaisi de la clé pour se défendre; il avait reçu plusieurs morsures, en fuvant toujours vers le domicile de son maître, où il avait enfin accompli sa mission. Ensuite, en revenant, il s'était arrêté devant la maison du boucher;
il y avait attendu son aggresseur; l'ayant vu paraître, il s'était élancé sur lui pour le châtier, et après une lutte vigoureuse, il l'avait laissé sur la place hors de combat.
— Le respect, les soins, les égards, les attentions pour la vieillesse, sont des devoirs si |naturels, que les animaux même nous en donnent aussi quelquefois l'exemple. M. de Boussanelle, capitaine de cavalerie au régiment de Beauvilliers, rapporte qu'un vieux cheval appartenant à un des hommes de sa compagnie, étant devenu infirme au point de ne pouvoir plus broyer son foin ni son avoine, fut nourri, pendant deux mois , par deux jeunes chevaux entre lesquels il se trouvait placé dans l'écurie. Ces deux chevaux tiraient le foin du râtelier, le brovaient dans leur propre bouche et le posaient, ainsi préparé, devant le vieux cheval; ils en faisaient de même de l'avoine, et ils soutinrent de cette manière , aussi long-temps qu'ils le purent, l'existence de leur vénérable voisin.
CHARADE
Le lieu qu'habite mon premier
Est tout l'opposé du grenier.
Cherchez mon second dans Barème;
11 est un nombre entier et rond.
Un petit mot est mon troisième,
Qu'on nomme préposition.
Vous vovez, dans mon quatrième,
Une ville de grand renom ,
Grâce au prince dont le peuple aime
Encor la mémoire et le nom.
Un court article est mon cinquième.
Enfin, dans le calendrier.
Vous allez trouver mon entier.
Humble et grand saint, que l'on révère
Pour le bien qu'il fit sur la terre.
( Ceux de mes correspondants qui voudront me donner l'explication de cette charade, pourront me l'adresser en même temps que leurs réponses aux questions que je propose aujourd'hui.)
AVIS
Ceux des souscripteurs à ce Journal, dont l'abonnement date du i" décembre 1826 pour un an, ou du i" juin i8;ï,7 pour six mois, et expire par conséquent à la fin de novembre courant, sont invités à lefaire renouveler avant le dimanche a décembre prochain, afin de ne pas éprouver de retard dans l'envoi des numéros suivants.
iMPRiMERir DE JLIES DIDOT AÎNÉ, imprimeur di roi, rue du roui-tle-Lodi. n* 6.
Dimanche, j décemb. 1827.
Le prix de l'abonnenient est, pour Paris , de 22 francs par an, et de 12 francs pour sis mois; pour les départements, de 24 francs par an, et i3 flancs pour six mois»
Bureau de l'abonncmeii' , chez Louis Colas, libraire, rue Daupbine , n* 32 ; et chez les principaux libraire^ Cl directeurs des postes des départements.
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