CHAPITRE VIII
La vraie religion et les cultes de l'Orient qu'on lui oppose.
De ce qu'il y a beaucoup de religions, il ne faut pas conclure qu'il n'y en a pas une de vraie; l'honneur de Dieu, la moralité de l'homme et le sort des peuples sont également intéressés dans cette question. Cependant, l'Auteur de la vraie religion ne manque point à ce qu'il lui doit, en n'empêchant pas les fausses religions de se produire, parce que ce serait renverser, non étayer l'ordre moral, que d'ôler à l'homme la liberté de se tromper. De leur côté, les adeptes de la vraie religion, en la reconnaissant pour telle, ne sont nullement exposés à manquer de charité envers les disciples du faux, car, à proprement parler, elle est exclusive, non intolérante. En second lieu, de l'existence d'une vraie religion, il ne suit nullement que Dieu soit injuste envers ceux qui meurent sans la connaître, car celle-ci est si libérale dans ses admissions, si modérée dans ses exclusions, qu'elle ne rejette de son sein aucune victime de l'erreur involontaire, et qu'elle n'est impitoyable qu'au crime de mauvaise foi. Conclusion moins redoutable pour les dissidents de naissance que pour les libres penseurs, parce que ceux-ci peuvent rare-