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savoureux de la pourriture des germes ? Cette énergie a été 5 rie la végétation, mais quelle est sa nature? mystère! Enfin, qu'est-ce que l’espace qui contient tout et qui n’est .
1 troie 1 te les plus délicates et les fruits les sie ss
luruême contenu par rien ? Qu'est-ce que l’union de lmé >:
avec le corps, et la cause des idées ? Qu'est-ce que la lumière ei
tiellement connue de personne? Toujours de nouveaux mystères! | MS Eh bien donc, Ô adorateurs si exigeants de lé vidence e “2 scientifique, on dée à vos propres mystères, avant de
- vous en prendre aux nôtres | Par une déplorable anomalie ; les mêmes hommes qui se
montrent arrogants envers les mystères de Dieu sont supers-
qu’ils ne l'ont pas analysé ; mais dites-leur que Saturne et Jupiter pèsent tant de kilogrammes, ils feront acte de foi
comme s'ils avaient tenu les balances. Ensuite, qu'il y ait dans leur intelligence des vérités démontrées qui sont des
qu’il y ait en Dieu des évidences qui restent des obscurités pour eux, ils le trouvent inadmissible. Et tandis que leur | vie entière s'oriente sur des probabilités bien établies, le tout de rien ne pouvant être saisi, les voilà qui ne tiendront e aucun compte des probabilités accablantes qu’il y à du côté ; de Dieu, tant que Dieu n’aura pas l’obligeance de cesser d'être infini, pour se réduire à la mesure d’un esprit quine 4 peut pas l'être, Si cela s'appelle de la philosophie, je suis
k qui éclaire toutes choses et qui n’est elle-même substan- =
titieux envers les mystères de la nature. Dites-leur qu'il y 3? a du feu dans l'enfer, ils souriront agréablement, parce HS
mystères pour un paysan, ils le trouvent naturel; mais : RES
heureux au moins de constater que ce n’est point de Ia raison,
La religion est encore difficile à croire, parce qu’elle est une règle. Peut-être nou#sommes-nous demandé comment le besoin de croire étant si impérieux, la difficulté de croire pouvait le tenir en échec? Comment l’homme qui cède à tous les autres besoins avec attrait n’obéit à celui-ci qu'avec répugnance ? On peut en donner bien des raisons, la principale, c’est que la religion est un frein et que nul ne croit Sans peine ce qu’il ne subit pas sans conséquence pénible.
Oui, si bien équilibrés que nous soyons, il ne nous est pas possible d’être inoffensifs à l'égard d’une doctrine qui n’est pas inoffensive pour nos passions. On l’a dit bien souvent après Malebranche : Si les mathématiques jouissent d’une évidence incontestable, c’est qu'aucune faiblesse humaine n’est intéressée à les contester; mais si jamais le carré de l’hypothénuse ou le binôme de Newton entraïnaient des obligations morales, la géométrie elle-même deviendrait un thème de sophistique. L'Institut aurait beau réduire en théorème le sixième et le septième commandements, il compterait autant d’incrédules qu’il y a de débauchés et de malfaiteurs dans les cinq parties de l'univers.
Ainsi s’explique le double mouvement d'attraction et de répulsion qu’éprouve le cœur humain par rapport à la foi ; et la répulsion est si prononcée, qu'elle peut grandir jusqu’à la haine. Divine anomalie, bien digne d’être remarquée ! Les cultes ou les systèmes estimés faux sont rejetés, non détestés. Jésus-Christ et sa doctrine excitent seuls une antipathie pour ainsi dire privilégiée dans l'ame de leurs dissidents. Heureusement l’on peut déduire des démonstra-
4 des oi eu des his sans one. qu'il inspire. tan ses côtés sympathiques, il s'adapte aux bons instincts de notre nature; par ses côtés crucifiants, il oppose un cor- : rectif aux mauvais. En répondant au besoin de croire, il se . montre naturel; en triomphant de la difficulté de croire; il | parait surnaturel. Il y a là une pondération admirable, EX d'autant plus conforme à notre raison qu’elle est moins
| propice -à nos égoïsmes , d'autant plus digne de Dieu qu ‘alle 0e <:
est la loi indispensable de la moralisation de l’homme. J'en ai déjà connu bon nombre, qui, à l'exemple du neveu “2 ai Me de Sévigné, se plaignaient de ne pas savoir croire.
Sans abuser contre eux d’un de nos arguments classiques, Go
AU ’ïls ne savent point se vaincre. C’est qu’on n est pas religieux comme on est peintre ou musicien, par une vocation irrésistible, par inclination de tempérament, on lest par à vertu. Dieu à fait, sagement et tour à tour, de sa religion 2 un besoin et une difficulté, un attrait et un sacrifice. A ceux . qui voudraient voir en elle un effort contre nature, elle se présente comme un besoin ; à ceux qui voudraient la regarder comme une vaine poésie de l’àme et un enchantement stérile de la vie, elle se présente comme une vertu. Mais ce pe qui. suffit pour la justification de Dieu, c'est que, quelle que ; soit la difficulté d’une telle vertu, le besoin que nous en 4 5e y mêlera toujours assez de son charme pour que l'humanité ne s’en affranchisse point sans se violenter.
cette vertu, tandis que la volonté seule fait les frais des autres. Il y à une sagesse adorable dans ce dessein. Supposé
; je me permettrai de leur demander si ce ne serait pas parce de
Et ne nous étonnons pas que l'intelligence ait sa part à (ee,
que la foi fût un ravissement de l'esprit, elle emporterait de force la liberté de notre adhésion, et Dieu octroyerait à l'esprit une héatitude sans moralité, puisqu'elle ne serait pas le prix de la douleur. IT faut donc que la foi éclaire notre voyage, comme la colonne de nuées et de lumière du désert, obscure par un côté pour faire de notre soumission un acte méritoire, claire par l’autre pour en faire un acte raisonnable. Mais demander de contempler un jour la vérité dans son essence, avant de l'avoir adorée dans ses ombres, c’estambitionner pour le présent une intelligence sans dépendance, et, pour l'avenir, des récompenses sans mérite. Véritable renversement de la raison substitué aux difficultés de la foi.
À certaines heures, le côté lumineux de la colonne se voile, et alors l’on se croit condamné à vivre toujours sous le nuage, Ce n’est qu’une illusion, encore quelque temps, le nuage fondra. Savoir attendre, dans la difficulté de croire, C’est le moyen de savoir croire. Un jour, on faisait cette objection à Copernic : Si le monde était arrangé comme vous le prétendez, Vénus aurait in phases pareilles à celles de la lune; qu’avez-vous à dire? Copernic répondit : Je n’ai rien à dire; mais Dieu fera la gràce qu’on trouve une solution à cette difficulté (1). Un siècle plus tard, Galilée inventa les télescopes avec lesquels on aperçut les phases de Vénus. Copernic était mort croyant au phénomène sans l'avoir vu. Accordons à Dieu l’acte de foi, tour à tour sublime et aveugle, que Copernic faisait en son propre génie. Et quand la difficulté de croire nous présentera des
{1) J. de Maistre,
| C'est une vérité élémentaire, qu’il y à deux natures en à r
que saint Paul a signalés dans l’homme, et que Louis XIV prétendait connaître si bien. C’est de la bonne nature que: procède le besoin de croire, c’est de la mauvaise que pro-
4 d’aveuglement sur les choses divines. :
1 Pour ne plus voir, il n’est pas nécessaire d’avoir perdu la vue, il sufñt que le regard soit voilé. Et, d'autre part, l'œil 1 est l’organe le plus facile à altérer dans notre constitution. Un grain de ns sous la paupière pe ce GOrÔReE au
mation sur la rétine, une larme sur la ue arrêtent la : lumière du jour. Les oculistes énumèrent avec étonnement les maladies de toute sorte propres à ce petit orbite qui réfiéchit l’immensité des cieux aujourd’hui, et qu’une piqüre 1 d’insecte peut fermer demain. Telles et plus nombreuses sont les affections oculaires de l'âme. Combien d’incrédules ne voient pas Dieu, parce qu’ils ne voient pas loin ; combien d’autres, parce qu’ils voient de travers! Seulement,
nous, la bonne et la mauvaise : ce sont les deux hommes
cède la difficulté. La nature déchue, en effet, porte avec “ ô elle des infirmités morales et intellectuelles : deux sources
dans l’ophthalmie physique, on ne nie point la réalité de l'objectif en cessant de le distinguer, tandis que les aveugles de l’incrédulité croient qu’il n’y a plus de soleil depuis qu’ils ont perdu les yeux.
La première cause de cette catastrophe, c'est la passion, ou l’infirmité morale. Mysticisme à part, toute passion est un orage, et l'effet immédiat de tout orage n’est-il pas d’obscurcir l'atmosphère? Heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu (1). C’est là une loi physique, pour ainsi dire, autant que surnaturelle. De la pureté de l’air dépend l'éclat des rayons solaires; rien n’a plus d’affinité avec la lumière que la sérénité.
Cela posé, pourquoi le symbole paraît-il obscur ? Parce :
qu'il impose le décalogue. Au pied du Sinaï, où Dieu promulgue ses commandements, les passions frémissantes jettent de la poussière dans les airs, comme faisaient les Pharisiens embarrassés pour répondre à la prédication de saint Paul; et voici comment les exigences de la loi enfantent les révoltes contre la foi.
La voix de Dieu a dit : Luxurieux point ne seras (2), et toutes les hérésies de la volupté, depuis Hérode jusqu’à Henri VIIT, depuis les rêves impurs des gnostiques jusqu'aux négations de nos libertins de salon, sont nées de cette obligation. Comme Dieu serait évident pour un grand nombre s’il ne leur demandait rien! Sous le paganisme, le voluptueux façonnait les dieux à son image pour s’abriter à l'ombre de cette ressemblance : sous le christianisme, ne
(1) Matth, 5-8, (2) Marc, 12-31,
RUE Fe "à LA de CULTÉ DE CROIRE. |
ant faire la divinité à son image et ne voulant pas se faire à l’image de la divinité, il la supprime pour s’en affranchir. Ainsi, les passions de la chair obscurcissent plus
L de lumière surnaturelle que la poussière soulevée par la marche de tous les progrès. Et la même cause d’incrédulité agit en dehors des sociétés chrétiennes. Les premiers peu- ples convertis à l'Evangile ont été monogames. Si tant d'au tres lui résistent encore, c’est parce qu’ils ne le sont pas. Que le Christ entendît le précepte de la chasteté à la façon - de Mahomet, il ferait en quelques années la conquête du monde. Mais sa gloire est dans ce refus de transaction. 3 3 Jamais il ne se montra plus divin qu’en préférant son inté- . grité à l'empire universel ; et plus la corruption et la bar- | barie le repoussent, plus je crois en lui.
Un autre commandement ajoute : Tu aimeras ton prochain comme toi-méme(1l) ; et, à ces mots, voici qu'après les négations de la luxure s’élèvent celles de la haine. Ne nous en étonnons pas, il faut avoir le cœur bon pour comprendre le bon Dieu de l'Évangile. On connaît les aveuglements de l'amour. La haine porte aussi son bandeau qui peut lui cacher le ciel; et si, d’après saint Jean, celui qui n'aime pas,
me connaît pas Dieu (2), cela n’indique-t-il pas qu’il n’est pas Join de le méconnaître? Combien de vindicatifs de la vie privée s’en prennent à Ja religion de tous leurs griefs contre “a les hommes religieux et boudent en quelque sorte la vérité, | parce qu elle a pour amis certains de leurs ennemis ! Com- » bjen de vindicatifs de la politique ne pardonnent pas à Dieu G de ne point prendre la tête de leur parti, et croiraient , si
(1) Mare, 12-31.
(2) I. Joan, 4-8.
nous voulions bien prêcher une révolution qui mettrait à la
retraite les ambitions des autres pour utiliser leurs propres
talents! On parle de tous les côtés des. chrétiens de senti-. ment; qui n’a connu des incrédules de ressentiment ?
Un troisième précepte a été promulgué : Le bien d'autrui tu ne prendras; et, à ces mots, la cupidité, à son tour, forge des sophismes pour éluder la probité. C’est que toutes les dettes seraient payées le jour où Dieu, le premier des créanciers, serait aboli. Le vol lui-même deviendrait la propriété à l'heure où le grand propriétaire du ciel et de la terre n'aurait plus de droits. Aussi qui pourrait compter les incrédules à qui le Mammon d’iniquité souffle la révolte ! Et, parmi eux, j'ai vu marcher, non-seulement les financiers qui ne veulent pas de la foi, parce qu’elle leur imposerait des différences trop notables à payer, mais les littérateurs qui insultent la religion, parce que cela les enrichit, tandis qu'ils la défendraient, si cela leur rapportait davantage ; mais les Érostrates bouffons de la petite Presse, dont personne ne parlerait s’ils ne parlaient pas contre Dieu, et qui soignent leurs affaires en éditant des blasphèmes ; mais enfin la foule innombrable de ces hommes appelés positifs, Qui ont oublié totalement les principes dans l'étude des intérêts, se croyant ennemis de Dieu par exigence de raison, tandis qu’ils ne le sont que par indigence de vertu.
Enfin, la voix divine s’est écrice : A pprenex de moi que je suis doux et humble de cœur (1). Et l’orgueil humain a répondu : Je ne veux pas que celui-là règne sur moi, car le commencement de l'orgueil, c'est de renier Dieu (2). Cette rela-
(1) Maëth., 11-29.
(2) Eccl., 10-14.
Bt LA lincrédulité des hérésiarques. En D un exemple effrayant ? Transportez-vous à l’agonie de À amennais, et écoutez, d’un côté, le vieux Corneille prononçant sur la tête du révolté l’anathème célèbre :
Dicu ne s'abaisse pas vers les cimes trop hautes... ”
4 Pindis que de l'autre, l'ange du sacerdoce soupire avec 4 | larmes cette prière : Mon Dieu, ce que vous avez caché aux
… superbes, vous le révélez aux petits (1).
L'incrédulité des sectaires, qui croiraient en Dieu s'ils n’avaient point juré de se préserver de cette faiblesse, et nt à dont l'orgueil trouve son compte à s’obstiner dans des ser- É ments sacriléges , comme s’il pouvait exister une parole 4 d'honneur au profit des engagements qui ne sont pas hono- < rables. :
L'incrédulité des écrivains qui ont bâti leur système à ICS | l'encontre de l'Evangile, et qui, pour le reconnaitre, auraient | besoin de déclarer qu’ils composèrent de méchants livres, ce
È qui est plus difficile que d’en faire de bons. ss . Enfin, l’incrédulité de ces innombrables orgueilleux dei la
4 vie publique, qui, trouvant la popularité dans le blasphème,
raindraient de la perdre dans la soumission à la foi, et qui as vendent leur Christ pour des applaudissements de parti où ;
Er:
‘4 | pour quelques panégyriques de journal, En vérité, quand on
80 CONCILIATION DE CETTE Lo
déshabille l’incrédulité, on est stupéfait de la part qu'ont les petits sentiments dans les plus grands crimes de la pensée!
Ainsi, la négation, regardée comme un exercice légitime de la liberté intellectuelle, n’est souvent qu’un écart de la liberté morale. Supprimez les défections journalières de l'humanité, à l'instant vous diminuez proportionnellement ses ombres; car si, dans l’ordre naturel, c’est la raison qui informe la conscience, en matière de foi le jour se fait de la conscience à la raison. Il le fallait ainsi, du reste, afin que la conquête des vérités les plus saintes fût la récompense d'un effort moral, non d’une intuition privilégiée, et que Dieu ne se rendit pas plus accessible au génie qu’à la vertu. Donc, les sages de ce temps qui ont écrit en tête de leurs libelles sceptiques : Comment finissent les dogmes ! devraient regarder un peu moins dans les télescopes, un peu plus dans leur àme : ils apprendraient peut-être comment finissent les doutes |
Il n’y a pas que les déviations de la volonté à redouter pour la sûreté de notre regard en matière de croyance, les infirmités de l'esprit y nuisent aussi. C’est la seconde cause de ces doutes sans nombre qui s'élèvent du fond de notre pensée, comme les nuages du sein de la mer.
Et, d’abord, constatons que l’incrédulité n'est nullement en soi la marque d’une clairvoyance exceptionnelle. S'il en était ainsi, il y aurait, dans les nations comme dans les individus, un degré déterminé de culture, auquel correspondrait la naissance des doutes. On ne verrait que des croyants audessous de ce niveau, on ne verrait que des incrédules audessus. Cette loi n’existe pas. Certains ignorants ont une
foi ue FEU que ee savants : ceux-ci, se leur côté,
doutent, quoique savants, non parce qu'ils le sont, et la + > preuve, c’est que de plus savants encore ne doutent pas. En
bonne justice, pense-t-on que Voltaire eut une plus grande intelligence des choses invisibles que Descartes et Pascal?
cet des choses de la nature que ces illustres adorateurs nom- més Cuvier, Ampère, Cauchy et Biot? Donc, ce qui est con-
traire à la religion, ce n’est point la science de l’homme,
c’est l’homme lui-même, l’homme par ses faiblesses intellec-
tuelles comme par ses passions. Contentons-nous de nommer
ici quelques-unes de ces faiblesses que nous aurons à étudier plus tard.
Et d'abord, voici les ie de tempérament, qui, par inclination, flottent au lieu d’affirmer, traitant le pour et le
contre de toutes choses avec une complaisance voisine du
pyrrhonisme, et regardant l’indécision comme l'idéal de la supériorité, comme le dernier mot de la raison sur elle-même. Quoi de surprenant qu'il doute de la religion, celui qui
doute de tout le reste ?
A la suite, viennent les sceptiques à l'esprit faux, qui ne
voient pas la vérité, parce qu’ils ont une entorse intellec-
tuelle qui les tourne presque invinciblement du côté opposé, tantôt artistes littéraires faisant profession d'exploiter les
paradoxes lucratifs, tantôt hommes du monde passant leur
vie à caresser l’absurde par ambition d'originalité. Plus loin, ce sont les sceptiques de comptoir ou de cabinet,
qui, avec une très-haute culture profane, n’ont reçu aucune
éducation religieuse, et qui vivent et meurent, brouillés avec Dieu, sur la foi des plus grossiers malentendus. Les païens des premiers siècles -accusaient nos pères. d’adorer
ni De de ne dans ses fins de ere 1 Après les esprits infirmes par une sorte de conformation,
il y en a qui le deviennent par les contacts qu'ils subissent
et par les milieux qu’ils habitent : les milieux, en effet,
réagissent sur les corps qui les pénètrent. Les esprits étant plus impressionnables que la matière subissent a fortiori E cette action subtile, et l'intelligence s’imbibe comme l'éponge E des courants où elle plonge. C’est pourquoi bien des hommes,
qui se regardent comme les auteurs de leur incrédulité, n’en
sont que les récipients plus ou moins passifs. Que leur manque-t-il pour être chrétiens ? Rien que d’avoir appartenu à ; une famille, à une école, à un club moins hostiles au chris= He
tianisme.
Ajoutons au scepticisme formé par l’action des milieux
celui qui résulte de la profession. Ils sont à plaindre ceux
qui, soit à la tribune, soit au barreau, soit dans les journaux, | soit dans les livres, sont engagés, par état, à plaider le pour
et le contre et à faire miroiter des mêmes couleurs le bien
et le mal: il n’est pas rare qu’ils tombent par là dans le
mépris de l’un et de l’autre,
Et le scepticisme créé par la position où l’on est, ne sin
filtre-t-il pas dans l'esprit plus subtilement encore que celui
de l'occupation que l’on a? Malheur, par exemple, à ceux qui touchent aux hommes par un pouvoir quelconque, ca
il y a la tentation du scepticisme dans l'autorité, comme
dans toutes les grandes expériences de la vie. Logiquement
c’est après avoir douté de Dieu que l’on devrait douter des
hommes ; pratiquement, c’est l'inverse qui se produit,
peu Érorables à a foi, en mentionnant la plus pernicieuse, le spécialisme. Voilà, en effet, le grand fléau des esprits de | … ce temps. Toutefois, comme il faut être juste pour avoir le droit de faire justice, honorons l’homme spécial en nous f défiant du spécialiste. DE.
3 D Les études spéciales, c’est-à-dire celles qui mettent en jeu | D. une aptitude particulière de l'intelligence, sans paralyser 4 les autres, forment les hommes éminents. Les études exclu- D sives, c’est-à-dire celles qui amassent une vie anormale sur
| “un point du cerveau, en laissant le reste dans l’inertie, sont
“un développement contre nature, une excroissance de la vie : D hectiente et produisent les jugements faux. Sans doute, il y a de grands voyants parmi les savants ; mais, comme
le Cyclope, ils n’ont qu’un œil, et s'ils voient très-clairement | un point donné, ils embrassent peu d’étendue. Eh bien! c'est du creuset de ces faux géants que s’élève, aujourd’hui, ce fracas, j'allais dire ce chantage d’affirmations pseudo-scien= % tifiques, dont pas une seule n’est prouvée, au moins parmi celles qui prouveraient quelque chose contre la foi. La science est pour ces hommes un roman d’hypothèses quand ils n’ont plus de certitude à lui arracher, et elle joue, à leur à service, le rôle de l’ami trop complaisant de qui un plaideur connu disait : | … Il me sert de témoin, Mème il jure pour moi lorsque j'en ai besoin (1); Ne succombons jamais à la tentation du découragement ‘en présence de ces fallacieux étalages. Après tout, Diou étant
(1) Racine: — Les Plaideurs.
à Ja fois l'auteur de Hi Re et de la ea il n° l'est point à à possible que le second de ses ouvrages le cache, tandis que le premier le révèle. La religion n’a donc aucune raison de craindre la science des spécialistes, parce qu’elle n'a aucun besoin de l'ignorance de ses adeptes; et, pour une heure d’engouement qui appartient aux affirmations aventureuses, l'avenir appartiendra toujours à vrais savants, c’est-à-dire ceux qui étudièrent la création morale en même temps que les choses physiques, ne furentils pas profondément religieux ? La foi de Descartes convertit la reine Christine ; Pascal était croyant jusqu’à la sombre misanthropie du jansénisme; Leibnitz et Euler étayaient la théologie par leurs travaux; enfin, Biot écrivit cette
matière, mais plus encore pour découvrir qu’elle n’est rien. » Voilà les vrais témoins de Dieu dans ce débat. Après de tels suffrages, qu'importe à la vérité l'opposition de ces esprits exclusifs, qui se cantonnent dans une impasse de la création
et qui prennent la carte de leurs explorations pour les der-
-nières limites de l'univers! Savants illustres et ignorants superbes à la fois, qui font abstraction de Dieu, parce qu'il
ne décline pas le nom de ses éléments moléculaires ; de l’homme, parce que nele voyant que par le soupirail de leurs laboratoires, ils ne le connaissent pas ; enfin, du sens com-
ne laissera pas un résidu au fond d’une cornue.
Preuves irrécusables qu’il ne faut pas s’en prendre à Dieu si un certain nombre ne le voient pas. Au contraire, aw’on imagine la terre peuplée de cœurs purset d’esprits bien faits, la raison humaine se changera en une hymne d’adoration.
la foi. Les grands , les
parole d’or : « Il faut étudier beaucoup pour comprendre la &
mun lui-même qui restera consigné à leur porte, tant qu'il
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