‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 20 sur 121 · DANS L'ENSEMBLE DE L'HUMANITÉ · texte numérisé non relu

DANS L'ENSEMBLE DE L'HUMANITÉ

ve un instant l'embarras d’être prêtre; mais __ C’est par un amour sacerdotal que j’envie le sort des apolo- : gistes non revètus du sacerdoce: ils sont puissants pour la

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7 3 défense de la vérité, précisément parce qu'ils ne sont pas | # FES + chargés de la défendre. Le prêtre, au contraire, a l’aide L faire son métier, même quand il remplit le plus cher de ses ë $ ge Fe devoirs. Singulière inconséquence de l'opinion! Sijétaisun

profane adressant, du haut d’une grande position, quelques

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phrases de politesse au christianisme, la libre-pensée serait | à ] . : SOLRE impressionnée par cet acte de foi; et, parce que j'affirme a: mon symbole par tous les sacrifices de ma vocation et par

toutes les études de ma vie, elle m'écoutera comme un témoin suspect. Je proteste contre ce renversement de l'équité. En général, toute controverse est dirimée par le jugement des spécialités : en architecture, on s’en rapporte aux architectes, dans les questions de stratégie, aux généraux, dans les affaires d'art, aux artistes. Pourquoi le der- [5 3e nier mot sur les doutes théologiques n’appartiendrait-il pas aux théologiens ? « Il faut craindre de se tromper en poés'e, D dit Joubert, quand on ne pense pas comme les poètes, et . en religion, quand on ne pense pas comme les saints (1) 1» Tout homme qui raisonne d’une science sans l'avoir apprise ex professo est rangé dans la catégorie des simples

È amateurs ; comment les amateurs de la polémique négative, . : jouissant de franchises particulières, compteraient-ils au x ; nombre des autorités ? Si j'osais composer un volume d’hé- 0 résies contre les conclusions les plus accréditées de la méde

cine, cette immixtion présomptueuse me serait beaucoup

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plus nuisible qu'aux médecins : et, de leur côté, médecins, artistes, philosophes, archéologues, tous, à l’envi, auraient le droit ‘d'écrire contre la religion et d'obtenir plus de créance que les Pères de l’Église? Mais nul n’est admis à parler de ce qu’il ne sait point sans déconsidérer son esprit et son caractère ; et le premier enfant perdu de la librepensée serait autorisé à nous arracher l'Évangile des mains, pour en donner un commentaire de sa façon opposé au nôtre ? Évidemment, il y a là une contradiction et une injustice. En dépit de tout préjugé contraire, il faut que le rationalisme prenne ses grades en théologie s’il veut être reconnu comme puissance belligérante contre le sacerdoce, car celui-ci peut dire avec un orgueil aussi légitime que celui d'Alexandre : « Donnez-moi des rois pour adversaires ou je n'entre point en lice; » il est de droit naturel que nul ne soit jugé et combattu que par ses pairs.

Et l’autorité sacerdotale a cela d’unique, dans le christianisme, qu’elle n’est pas purement mystique. En Égypte, les prêtres possédaient la science, mais ils la cachaient. Partout ailleurs ils affirment et ne raisonnent pas, ils imposent les dogmes sans les justifier. Chez nous, ils sont à la fois ministres et apologistes de leur croyance. En disant que la religion chrétienne est la seule qui ait des preuves, Fontenelle a indiqué que le clergé chrétien est le seul qui en donne. Aussi, considérés dans notre ensemble et dans nos œuvres doctrinales, nous formons la plus ancienne et la plus belle école normale qui ait enseigné le monde moderne.

Sans doute, celui-ci n’a pas été disciple reconnaissant ; et, à peine sorti de nos leçons, il nous a dénié sa dette en proclamant que la science était devenue laïque. Il ne faut

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veut-il parler ? Serait-ce de la science profane ? Nous en abandonnons le sceptre à ceux qui ont la modestie de se l'adjuger. Serait-ce de la science religieuse? En ce cas, constatons que si bien d’autres choses sont sécularisées, la théologie ne l’est pas encore ; que ce sont toujours les lèvres :

) nt ro de confusion ! à cet égard : de noie science

du prêtre qui gardent le saint dépôt, et que tout homme qui

voudra mettre du bon sens dans sa religion devra le rece-

voir du prêtre, s’il n’a l'évidence à lui objecter.

Il est vrai que le prêtre ne sait guère qu’une chose, mais cette chose, ceux qui aspirent à le supplanter la savent si peu, que, parmi eux , il n’en est pas un qui soit capable de répondre couramment à un questionnaire de conférences ecclésiastiques ; et cette chose ils la savent surtout si mal,

qu'il leur est impossible d'en parler sans accuser ce défaut

d'éducation première, qui mêle inévitablement à la science inapprise les plus grossières erreurs.

Encore une fois, le prètre ne sait guère qu’une chose, mais cette chose il l’a étudiée sans inquiétude de fortune et sans préoccupation de famille capables de le distraire, sous une discipline morale qui, concentrant toutes ses passions dans l'intelligence, l’illumine de plusieurs feux à la fois. Aussi, quand apparaît un de ces docteurs vénérables qui ont blanchi au service de notre vérité, si ce vétéran de la théologie, après avoir traversé le monde intellectuel dans tous les sens, semblable à ces philosophes d'autrefois qui avaient parcouru la terre pour en interroger les oracles célèbres, présente à ses semblables le fruit de ses labeurs, en disant : ;

Voilà la vérité, je ne reconnais à aucune autorité anti chrétienne le droit de primer celle-ci.

mé ils sont parfois dépourvus d'autorité : à à raison même de ce qu'ils savent, tout aussi bien que de ce qu’ils igno- | rent. C’est, en effet, parce qu’ils comptent parmi les gloires 2 de l'Académie qu'ils ne seront jamais pris au sérieux 48 comme docteurs de l’Église! C’est parce que tout a trouvé. + place dans leurs programmes d’études, que le Symbole des Apôtres y a perdu la sienne. Aussi, depuis le baron de Breteuil, qui, sommé de nommer l’auteur de l'oraison dominicale, l’attribua à Moïse, jusqu’à François Arago, entendant, pour la première fois, la même prière de la u bouche d’une sœur veillant sur son agonie, les savants ne représentent souvent, par rapport à la religion, que Ja plus dangereuse des. ignorances, l'ignorance pédante et ra- dicalement incapable de se faire justice parce qu’elle ne se connaît pas. | C'est la mode, aujourd’hui, dans certains conventicules de journal, de menacer l'influence sacerdotale au nom du progrès des lumières. Le sacerdoce ne craint pas les lu- mières. du progrès, il n’en craint que l'orgueil. Si 1e FIXES "1 septième siècle, qui comptait Port- -Royal dans les rangs de l'opposition, et qui se jouait avec les thèses de la Sorbonne, 3 nous eût infligé l’ostracisme au nom du progrès, nous 4 aurions pu courber la tête devant l'autorité apparente de ce jugement. Mais quand je vois un siècle de romanciers et de 5: 1 financiers, de petits journaux et de petits chroniqueurs, se porter comme candidat à. la succession de notre tiare, je ne. peux que sourire au lieu de trembler. : ‘ Et il ne faut pas croire que, parce que, de nos jours, l'incrédulité donne à ses élucubrations le titre d'Études

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