‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 23 sur 121 · NT TA · texte numérisé non relu

NT TA

J'ai rappelé Bossuet et Fénelon plusieurs fois! Je conviens que ceux-là étaient, en quelque sorte, prophètes dès le sein de leur mère, et comme des voyants de naissance; maïs, pensons à Pascal, homme du monde, qui reconquiert par le raisonnement la vérité qu’il tenait par tradition de famille, et quand nous verrons ce génie miraculeux, après avoir découvert, encore enfant, jusqu'à la trente-neuvième proposition d’Euclide, composer une humble prière pour demander la patience dans ses douleurs, comment renier, sans crainte, le Dieu d’une telle vie et d’une telle mort ? Pensons encore à Descartes, homme du monde aussi, qui creusa les fondements de la certitude jusqu'aux abimes, et, en présence de cette raison, à la fois si exigeante et si soumise, nous réciterons notre symbole avec moins d'incertitude et plus de consolation. Notre symbole est le même que celui de Descartes et de Pascal, le même que celui des martyrs; ne balbutions point avec timidité ce que d’autres plus grands que nous Chantèrent avec ravissement.

Il n’est pas possible d'imaginer une foi mieux certifiée et mieux portée que la nôtre. Cependant, pour en recevoir le don, le plus sûr n’est point de regarder ceux qui la portent, mais de lever les yeux au Ciel qui la donne; c’est là que le Créateur attacha les flambeaux qui éclairent le monde, c’est de là qu’il fait descendre la lumière des esprits hésitants. Ne l’oublions pas, car s’il est vrai que l’homme n’a rien à craindre de ses erreurs quand il se trompe avec sincérité, il est vrai aussi que l'homme qui dit à Dieu, chaque jour de sa vie : Seigneur, augmentez ma foi (1), ne se tromperaà point jusqu’à la fin,

(1), Tue, 17-5,

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