S'AFFRANCHIR
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: bable pour lui faire l'honneur d'une génuflexion: enfin, quand vous doutez de Jésus-Christ, et quand vous adorez le suffrage universel, je ne reviens pas de la facilité avec | laquelle l'esprit tombe dans le fétichisme en se dérobant à da foi. Certainement, entre tous les dogmes que vous souscrivez, il n’en est pas d’aussi acceptable que le seul auquel vous n’adhérez pas, et vous sacrifiez à la crédulité, en ce É. sens que la fermeté de vos croyances ne s’échelonne pas 4 selon leur motif de crédibilité. É.
Convenons, du reste, que, si l'homme croit aux plus folles utopies sociales et ne croit pas aux dogmes les mieux démontrés, c’est que sa foi politique est l'expression de ses affections et la consécration de ses droits, tandis que sa foi ÿ
religieuse est surtout le code de ses devoirs. Mais, que les * chevaliers de toutes les politiques l'entendent, ilyaunereligion plus certaine que celle de leur drapeau, c’est celle deleur baptême ; et s'ils sont si affirmatifs sur la première au détriment de la seconde, c’est parce qu’ils font systématiquement | |
de celle-ci une énigme et de celle-là une évidence. Nouvelles superstitions de la libre pensée : ses opinions en matière d'art. Ici, encore, la vérité absolue n'est pas toujours facile à démêler. Combien d’hérésies l'ont défigu-
rée? Combien de sectes divisent ses disciples? Le beau du
parti romantique n’est Pas celui du vieux classicisme. Les réalistes et les idéalistes ne sont pas près de s'entendre. L'un aime la palette éclatante des Vénitiens, l’autre le pin- Ceau mystique et sobre en couleurs des Ombriens. Celui-ci est épris des figures épanouies de l’école flamande , celui-là du teint de rose et de lis des types bolonais. Pour nous, le grand c’est le siècle de Louis XIV, marchant appuyé surla
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Grèce et sur Rome. Pour les Anglais , C'est Shakespeare et
Byron créant à la fois leurs règles et leurs chefs-d’œuvre. En un mot, le beau absolu est si peu susceptible d’une formule absolue, qu’il n’en faut pas plus disputer, a-t-on dit, que des couleurs, et que Mme de Sévigné a préféré Pradon
| à Racine.
Et, cependant, qui a nié le beau à cause des lignes indé-
cises de son image ? Personne. On peut dire qu’en cette
de dissidents. Et voilà pourquoi, malgré la jalousie qui siffla Athalie, et malgré l'ignorance qui reléga longtemps dans un galetas La communion de saint Jérôme, la postérité n'hésite pas à s’écrier, devant le beau exprimé par ces immortelles pages : Je crois.
Que n’applique-t-on la même façon de conclure à la question religieuse, abandonnant au sens commun la solution
de ces objections théoriques dont la spéculation seule ne
viendra jamais à bout? Mais non, on trouve l'esthétique évidente et la foi toujours couverte de ténèbres, et, sans voir que ces différences ne viennent que de ce que les sept péchés capitaux faussent la perspective dans le second cas,
on passe sa vie à affirmer des choses mille fois moins cer-
taines que la religion.
Enfin, superstitions dans l'ordre scientifique. Nous accor-
dons aux vraies certitudes de la science la confiance qui leur est due. Nous pourrions nous en dispenser, néanmoins, en poussant les représailles à l'extrême, car la science qui conteste la métaphysique ne devrait pas oublier que d’autres rèveurs ont contesté la certitude physique, et que toute négation peut être dévorée par une autre plus radicale.