DU SURNATUREL. Ê
rejettent le li trel, sous prétexte que personne ne l’a vu
‘4 ni touché ; mais bientôt on retournera contre eux ce r'aisOn—.
nement imprévoyant. Dieu, l’àme, le monde moral, la reli- $ gion naturelle elle-même, c'est-à-dire toutes les vérités \ “3 %
impalpables, seront éliminées à leur tour, en vertu de telles. fins de non-recevoir. Ainsi, le rationalisme spiritualiste des
__ derniers cinquante ans était le précurseur logique du rationalisme positiviste de nos jours; et la même philosophie qui É
nous délivra du sensualisme de Condillac y retombe, pour avoir vainement essayé de se tenir au-dessus, sans l’appui
du surnaturel.
Le second argument renferme une question de prudence
et de moralité. Quel frein donnera-t-on aux passions, à la ; place du surnaturel? Loin d’être incompatible avec le pro-
grès moral, comme le prétendent des juges intéressés, il en
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est la condition indispensable; il soulève les peuples au- = dessus des horizons terrestres, il les emporte vers l'infini, et presque tout ce qu’ils font de grand, dans l’ordre dela vertu,
ils l’'accomplissent sous cette impulsion salutaire. Au contraire, une fois déchue des hauteurs du surnaturel, l’humanité ne fait qu’une courte station dans le naturalisme spiri-
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tualiste; avant peu elle tombe, meurtrie et souillée, de ces . régions idéales dans le gouffre du matérialisme, et, passant
de celui des idées à celui des mœurs, on la voit, abêtie et
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de cette école de barbarie? Malheureusement, ou plutôt
heureusement, on ne trouve pas d'exemple d’une civilisa-
tion dans laquelle le surnaturel, vrai ou faux, n'ait versé quelque bienfait. Le jour où les peuples deviendraient natu-
mutilée en quelque sorte du côté de la tête et du cœur, tendre à s’absorber dans les sens. Que ne peut-on faire l'essai
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> faristés, les philosophes, aayés. de br Ouvrage, Me: raient de l'être.
PA : : 424 SET ï de surnaturel est conforme aux exigences de la raison. 4 4 Est-il en opposition avec la nature? Il est vrai qu'il la domine, mais il ne lui est pas contraire. Si l’on envisage la y ï nature sous ces deux aspects généraux, l’ordre physique et l’ordre moral, elle est, pour ainsi dire, sympathique au. Surnaturel. Physiquement, elle l’accepte comme une harno= : nie, et moralement comme un complément.
Oui, le surnaturel est une harmonie, quoique les appa-
a rences disent une dissonance. Sans doute, je ne proposerais pas cette idée à un adorateur de l’unité de substance, car la
Fe matière étant pour lui tout ce qui est, qui pourrait en
Se modifier les évolutions? Et, d’ailleurs, si le monde renfer-
mait la totalité de l'être, quel ordre pourrait résulter de ses perturbations? Mais la nature et le monde visible ne sont qu’uné portion de l'être : il y à Dieu au-dessus, la liberté nine à côté, et c’est le concours harmonique de ces trois Ç =. agents qui forme l’harmonie générale. Les choses étant .
ainsi, quand la nature accomplit un mouvement déroga-
toire à son mécanisme ordinaire , sous la pression d’une volonté divine sollicitée par la liberté humaine, il y a miracle, mais il n’y a point désordre: car ce désordre d'en bas est la condition d’un ordre plus haut; la dérogation : à la loi. partienlière rentre fans les nécessités: d’une loi plus