DU SURNATUREL
| | étendue, et:18 Créateur remaniant son œuvre physique dans un but plus grand qu'elle, il compose une harmonie invisible avec les discordances de celles que nous contemplons. De cette sorte, les miracles sont, dans l’économie de la ta nature, ce que sont en musique les faux tons, qui contri- | buent à la perfection de certains accords. en Et n’alléguons pas l'inflexibilité des ressorts de la création . à l'encontre des variantes sublirnes que Dieu jette, parfois, au milieu du concert universel. Cette inflexibilité est constante, non nécessaire, Le Créateur était libre d'établir comme la règle ce qui est le miracle actuel; pourquoi nele serait-il pas de faire jaillir le miracle de la suspension momentanée de cette règle? Les lois qui régissent notre globe eussent pu être différentes de ce que nous les voyons ; ily a des lois différentes, d’après les astronomes, dans : d’autres planètes; il y en a eu, d’après la paléontologie, dans les univers antérieurs à celui-ci ; il y en aura, d’après certains prophètes de la science, dans les GÉDÉRANQUE d’un lointain avenir. Et Dieu ne saurait exercer ici, pour un but : surnaturel, l'empire qu’on lui reconnait ailleurs! Et, tandis | que l’homme a la prétention d'opérer des révolutions dans 4 l'œuvre divine, l’auteur de celle-ci aurait moins de droit et ‘a de pouvoir ? Contradiction bizarre! Les penseurs de ce temps trouvent très-simple que la foudre, la tempête et la création tout entière leur obéissent, et ils ne comprennent ; se à pas la docilité de la nature, quand ce n’est pas le génie qui Jui commande, mais la vertu de l’homme servie par la toute-puissance de Dieu; et, cependant, quoi de plus légitime que cette émotion de la création, sous la double auto-
rité de son roi et de son auteur?