LATE
D PNR 03
; sion harmonique, la nature ani RE com
son complément. Ici s'impose à notre attention cette ques tion préalable : Quelle est la notion dog gmatique du surna- turel? Il importe de la bien dégager, afin de la bien définir, et c’est pour mieux montrer en quoi le surnaturel consiste, que je commence par dire-ce qu’il n’est pas.
Il n’est point le mystérieux, car l’ordre naturel a aussi ses mystères, non moins incompris et non moins incom= no que ceux de la religion.
Il n’est point le merveilleux, le spiritisme, par exemple,
à % ou la démonologie; sans doute, tout cela suppose les phé- l
nomènes et des forces en ds du cours régulier de la 4
nature, mais c’est une manifestation du surnaturel, non 16 74 # surnaturel lui-même.
Enfin, il n’est point le miraculeux, au moins restreint à | l'ordre physique. Il est vrai que le miracle, ainsi entendu, est un aspect et la signature divine du surnaturel, mais il n’en constitue point l’essence, le surnaturel étant, comme nous verrons bientôt, la réunion de plusieurs ordres de miracles. |
Qu'est-ce donc que le surnaturel? Le voici d'une manière aussi sensible que le comportent les choses supérieures aux - sens. Entre Dieu et l'homme, il existe des rapports essentiels, émanant des droits de créateur qui sont en Dieu, et des devoirs de créature qui incombent à l’homme. De là, un commerce primordial établi, de l’un à l’autre, sous le nom de religion naturelle. Mais une telle religion étant insuffisante pour des motifs déjà énoncés, Dieu n’a- -t-il pas ajouté à ces relations fondamentales une intimité plus éle-
- È nv SURNATUREL, Wa vée. entre lui et le monde? La raison étant déjà, comme dit Leibnitz, une révélation naturelle dont Dieu est l’auteur, ; n’a-t-il pas achevé son ouvrage et notre éducation en nous dotant d’une seconde révélation qui est une sorte de raison surnaturelle? En un mot, après avoir fait de nous ses chefs- ; d'œuvre par voie de création, ne nous a-t-il pas constitués ses fils par voie d'adoption? Le naturalisme dit non, | mais l'humanité répond oui, et cette conviction est justifiée res par l’'universalité et la perpétuité des religions surnaturelles. D'après ces prémisses, le surnaturel n’est autre chose qu'une participation de l’humanité à des croyances, à des obligations, à une force et à des espérances supérieures à la nature. Dans le christianisme, les croyances supra-natuji relles sont la révélation ; les obligations supra-naturelles sont les préceptes évangéliques; la force supra-naturelle, à c'est la grace ; l'espérance supra-naturelle, c’est la vision Ë e béatifique. Ces quatre prodiges forment l’économie de ce à prodige générique, le surnaturel, et ils viennent se résumer en Jésus-Christ, qui est leur centre comme auteur de la foi, promulgateur de la loi, source de la gràce et médiateur de la vision céleste. En d’autres termes, la religion natu- relle, c'est Dieu et l'humanité se connaissant, mais séparés par des abimes incommensurables ; le surnaturel, ce sont les Y cieux et la terre rapprochés, car c'est, entre ces deux 3 extrèmes, le Dieu-homme tendant une main à l’homme, une mainà Dieu, et les rassemblant dans l union ineffable de sa
È personnalité (1).
(1) La vraie religion n'étant pas encore di ce n'est point à - titre de preuve, c’est comme exemple explicatif que nous invoquons ici le christianisme: 4
Après cette explication, je ne suis pas étonné si Pascal a écrit: « On ne connait Dieu utilement que par Jésus- Christ, Sans Jésus-Christ, le monde ne subsisterait pas, Car il faudrait, ou qu’il fût détruit ou qu’il fût un enfer (1). » Il est certain que Jésus-Christ est, à la fois, le point culminant d’où la vue se répand sur tout le panorama du surnaturel, et la fontaine d’où s’épanchent tous les bienfaits de la vie surnaturelle,
Le surnaturel, ainsi conçu, serait-il une tyrannie contre la nature? Il est plutôt son achèvement et sa glorieuse restauration. Sans doute, l'humanité à l’état d’innocence était constituée dans l’ordre surnaturel, mais celui-ci répare la chute quoique l'ayant devancée.
L'homme est un Dieu tombé qui se souvient des cieux,
et du fond de l’abime, il mesure avec mélancolie les cimes où trôna son enfance, aspirant toujours à recouvrer cette patrie perdue. Or, c’est à l’aide du surnaturel que s’opère l’assomption de l'humanité vers ses grandeurs originelles.
Cette action multiple se compose, pour ainsi dire, de quatre miracles. Et, à un tel mot, que le scepticisme de mon lecteur ne me réponde pas qu’il n’y à plus de miracles ! Il est vrai que les prodiges de l'ordre physique sont moins communs qu’autrefois, mais c’est parce que les motifs de crédibilité sont plus nombreux. La conversion du monde, qui est le plus étonnant miracle du Christianisme, tient lieu de tous les autres aux yeux d’une raison attentive. Dieu
(1) Pensces.
2 fournissant F Poire foi ee secours s proportionnés à ses dif- ficultés, les premiers chrétiens voyaient beaucoup de pro- : ï diges, parce qu’ils n’avaient pas vu l’accomplissement des : prophéties, qui est un prodige toujours subsistant (1). Pour
nous qui en sommes témoins, de plus grandes garanties se- Te: raient un éblouissement plutôt qu’une lumière. Cela dit sur les miracles du passé, venons à ceux qui ne 1 16 cessent jamais ; et considérons, d’abord, le miracle des A
| croyances surnaturelles :
C'est une vérité élémentaire que la raison seule est moralement incapable de fixer, sans mélange d'erreur, le code des vérités même naturelles. Eh bien, à cette lacune
À de la raison, le christianisme adapte une vision complé- 7 à - Fe mentaire, la foi, et, grâce aux clartés qui en jaillissent, la | Ë
révélation se prouve par la splendeur de ses effets à ceux
È qui ne la reconnaissent point en elle-même. « Aujourd’hui,
pe rave peuple est éclairé et ferme, là où les philosophes ré=
: -€ pondent en balbutiant, si bien qu’un pasteur de village,
à « avec ses instructions familières, fait plus de vrais sages
\ | « que n’en put faire Platon avec toute la pompe de ses dis-
K. « cours (2). » Ce serait donc ici le cas de répéter à ceux qui
__ demandent des miracles : Ouvrez les yeux, le genre humain
‘4 3 était aveugle, et il voit : Cœci vident !
Ce n’est pas tout, considérez encore le miracle et le hien-
fait des obligations surnaturelles : | FR Il est des hauteurs, dans la vertu, où la nature toute |
seule ne monte pas, et des difficultés, dans le devoir, qu’elle
@) Pascal. Pensées.
(2) Frayssinous. Conférences.
Ë turel a pu produire certaines créations à + réservées, Aù nombre de ces raretés évangéliques qui n’a compté l’humi lité, la chasteté, la charité de la bienfaisance , de l’apostolat, du martyre, et enfin cette ascension suprême dan l'échelle de la moralité qui se nomme la sainteté! réalisa
tion idéale de la perfection dont aucune philosophie ne 3
donne ni la notion, ni la force ! sublime Thabor de la grandeur morale, où l’homme ne setransfigure point sans un con 4 ‘ cours spécial de Dieu, car cet état est aussi surnaturel, pour qui tient compte de la corruption naturelle, que le serait j # celui d’un organisme affranchi des lois de la pesanteur et 2. | marchant dans les airs. Voici donc un second et permanent miracle : le genre humain était lépreux, et il est guéri: Leprosi mundantur. 11
Puis vient le miracle et le bienfait de la force surnatu= PNR $
N'est-il pas avéré que la volonté humaine est naturelle ment incapable d'exécuter tout le bien auquel elle aspire,
et qu’elle fait parfois le mal avec de stériles et incompré- “4
hensibles élans vers la vertu? « Le fait de l'impuissance « de la raison et de la volonté, en théorie et en pratique,
« est certain et évident, » dit Bossuet. Mais voilà que le surnaturel vient prêter main-forte à cette puissance défaillante ; il ajoute un moteur divin, la gràce, à l'énergie 4 humaine réduite aux abois, et ce n’est que par cette force surnaturelle que l’homme triomphe de ses vices naturels. Placez-vous, en imagination, devant une bibliothèque de
Bollandistes, et, comparant les saints. du christianisme à 72
ceux de Plutarque, c’est-à-dire l'humanité transfigurée par
à l'humanité enflée par le stoïcisme, je vous défie
ps d’oser nier les miracles en présence de celui-ci, qui est présent au monde depuis dix-huit cents ans : le genre humain était boiteux, et il marche : Claudi ambulant. Enfin, quel miracle que celui des espérances surnaturelles ! | | Rien de plus incertain pour la religion naturelle que ; notre destinée future. Rousseau, fatigué de n’apercevoir que le vide dans son éternité de déiste, s’écrie : « O phi-
4 losophes ! cessez de battre la campagne, et dites-nous nette-
Le: ment ce que vous mettrez à la place de l'enfer et du é __ ciel(1)? » Le surnaturel dissipe ces nuages. Il nous mon- is tre l’homme sortant du sein de Dieu par la création, séparé
: de Dieu par le péché, ramené à Dieu par la rédemption,
4 réuni à Dieu par un embrassement indissoluble, la glorifi-
cation. Ainsi, notre destinée s’illumine et grandit d’un 4 bout à l’autre, et ce besoin de voir la vérité essentielle, qui est, à la fois, le tourment et l'énigme de notre pèlerinage , | trouvera son apaisemement dans la possession définitive de Dieu. En d’autres termes, la même puissance qui faisait revivre ici-bas les âmes par la grâce, ranimera les corps pour les félicités de la gloire; et les miracles s’enchaînant ainsi aux miracles, sur la tombe glorifiée du genre humain, d comme aujourd'hui près des confessionaux et des fonts du baptême, les anges chanteront : Les morts sont ressuscités : Mortui resurqunt.
En résumé, le surnaturel n’est pas en opposition avec la nature physique. Si un des hommes fossiles que l’on pré-
() Émile, t. III, p. 187.
tend avoir découverts dans les débris d’un monde inférieur à celui-ci avait entendu dire qu’un jour nous converserions d’un hémisphère à l’autre, par-dessous les vagues de l’Océan, il eût accueilli avec incrédulité l'annonce -de la télégraphie électrique ! Reconnaissons donc à Dieu ke pouvoir des miracles dont il nous a presque gratifiés, et ne fai- Sons pas du surnaturel le synonyme de l'impossible. De son côté, la nature morale le reçoit comme son achèvement, au lieu de le repousser comme un hors-d’œuvre. La nature morale est une réalité souveraine, inéludable, que les naturalistes, accoutumés à ne rien voir au-delà de leurs faunes et de leurs flores, si souvent erronées, devraient bien ne pas omettre dans leurs classifications. Or, pour peu qu’on la consulte sur ce point, elle répond que le surnaturel ne la charge point d’un fardeau inutile, mais qu’il la termine ; qu'il n’est point pour elle une superfétation, mais un couronnement fortuné ; et le fils d'Adam qui n'a pas senti ces choses ignore son cœur autant que la religion.
UE
Qu'importe, toutefois, que le surnaturel trouve gràce devant la raison et devant la nature, s’il est condamné par l'histoire, Or, la critique moderne lui a posé, comme autant de défis, une série de Questions auxquelles il est sommé de répondre, sous peine de défaite. Et, d’abord, qui a vu le surnaturel? Supposé qu'il se rendit visible, qui pourrait le constater? Enfin, dans le cas où il serait constaté, qui pourrait distinguer le vrai du faux? La réfutation de ces
ces trois Mine > Lé surnaturel & a été vu; 2° ñ Her être constaté ; 30 il peut être discerné.
Spectacle vraiment de que la position relative de
; l'affirmation et de la négation par rapport à la question du
surnaturel! L’affirmation dit, en montrant les annales de \ 1e l'humanité : Le voilà, il parle, il agit , il passe et il repasse PA sous vos yeux depuis six mille ans. Il est aussi certain que 1 les faits auxquels vous croyez le plus; ou il faut l’admettre,
ou il faut nier toute l'histoire qui repose sur les mêmes garanties. Qu'avez-vous à alléguer contre ce fait? La né-
gation répond : Je n’ai pas à le discuter, il n’est pas possible. De cette facon, le vieil axiome ab actu ad posse valet
| consecutio se trouve habilement éludé, au moyen d’un à
# priori qui prime toutes les preuves contraires ; la question n’est pas même examinée , elle est préjugée au profit de la partie adverse; et quand celle-ci à décrété son droit de ne pes combattre, elle se proclame victorieuse.
| Certes, il ne se peut concevoir plus d’outrecuidance, soit | 7 le peu de garanties que l’on donne, soit dans l'excès ie c ue garanties que l’on exige. Le surnaturel, qui est en pos< session d’une adhésion soixante fois séculaire, avait bien le droit de décliner l'obligation de faire la preuve; cepen- : à ‘dant, il la prend à sa charge. Comme Jésus, il se laisseen quelque sorte voir et palper par tous les disciples incré- dules qui veulent bien l’approcher, et il s’entoure de confir- 3 ‘mations testimoniales telles que, sur la dixième partie de ces garanties, on tiendrait pour incontestables les faits les :
plus inouïs de l’ordre naturel.
Consultons d’abord l’histoire du genre humain : Ce n’est pas seulement au berceau des peuples que nous apparait le merveilleux. A toutes les heures de leur vie, plus ou moins, on voit des prodiges se mêler à la trame de … leur histoire. Toujours, on a cru à des interventions supé-rieures. Il n’est pas de siècle, ni de lieu, où la religion ne soit positive, c’est-à-dire composée de croyances et de pratiques qui supposent une révélation, et, partant, fondée sur un Commerce vrai où fabuleux du ciel avec la terre. « Partout où Dieu est adoré, s’écrie un grand orateur, il « l’est en vertu d’une doctrine surnaturelle.. Tournez les « yeux où vous voudrez, entrez dans tel temple qu’il vous « plaira, vous y trouverez, au seuil même, la prophétie et « le sacrement : la prophétie, qui est une parole de Dieu
( contenant des vérités inaccessibles à la raison ; le sacre- « ment, qui est un acte doué par Dieu d’une efficacité supé- « rieure à toules les forces de la nature (1). »
Voilà donc une propension universelle et nécessaire de notre espèce. Sans doute, l'empire des agents surnaturels s’est amoindri, dans l'opinion populaire, à mesure que celui de la science s’est étendu; mais cet empire subsiste encore dans les individus et dans les peuples, quel que soit leur degré de culture et de civilisation ; il ne peut finir qu'avec le monde auquel nous appartenons. Ainsi le veut la loi invariable de l’histoire, Et c’est seulement de nos jours que l’humanité se réveillerait d’un songe qui dure depuis sa naissance? Et ce phénomène, si permanent jusqu'à présent, serait destiné à passer avec le dix-neuvième
(1) Lacordaire, Conférence, XxXN1, t. IL.
tent les done qu'on ue oppose, mais qui ne remontent pas.
Consultons encore l’histoire du paganisme : ; L’idolàtrie elle-même s’est établie et se soutient par des manifestations surnaturelles. Depuis le paradis terrestre, :
px à
où la fausse révélation se mit en concurrence avec la vraie,
la raison humaine marche entre les deux, toujours libre de
# son choix, mais, alors même qu’elle répudie la fausse,
obligée de convenir que ses caractères n° en sont pas moins
% surhumains. Sans doute, ces caractères ne sont qu’une con-
SE trefaçon du surnaturel, une contrefaçon, toutefois, qui en *
4 est la preuve, puisqu'elle est elle-même en dehors du cours de la nature. Rappelez-vous, par exemple, les évocations dé la pythonisse de Saül, les prestiges des magiciens de
ET
4 Pharaon, les initiations de la théurgie et de la science | cabalistique; considérez que chaque religion de l'antiquité |
L a ses dieux, ses trépieds et ses moyens d’entrer en commu- nication avec les puissances invisibles; enfin, constatez
quiln’y a pas une idole qui n'ait sa vertu, ni un sanctuaire À qui ne raconte ses miracles, et vous prendrez en pitié ceux. qui veulent expliquer tous ces phénomènes, ou par des tours de jonglerie sacerdotale ou par l'effet de certains + breuvages excitants ?
Je conviens que le charlatanisme des prêtres dut tromper, quelquefois, la crédulité publique; mais les oracles et les fausses divinités auraient-ils exercé une telle domination s'ils avaient toujours menti, et s’ils n'avaient point appuyé leur crédit par quelques prodiges réels? On ne peut l'admettre quand on a le sens de l’histoire. D'ailleurs, le paga-
nisme moderne témoigne du même fait. Les chservateurs les moins superstitieux et les plus véridiques ont vu, dans les merveilles de certaines pagodes, de certains arbres enchantés et de certaines pratiques de l’idolàtrie indienne , des interventions évidemment extra-naturelles, car elles dépassent les forces de toute supercherie humaine. Et cette immixtion d’une puissance supérieure dans les cultes polythéistes ne serait qu’une fantasmagorie ? Mais, en ce cas, la méprise de six mille ans que l’on suppose, est un prodige aussi étonnant que le surnaturel que l’on rejette. Combien plus sage me paraît cette conclusion d’Arago : « Celui qui, en dehors des mathématiques pures, prononce le mot impossible, manque de prudence (1). »
Consultez l’histoire du christianisme :
« Félicitons-nous, écrivait le chancelier d’Aguesseau à « son fils, de ce que les miracles sur lesquels notre foi « repose sont des faits aussi avérés que les conquêtes « d'Alexandre et la mort de César. » Le surnaturel chrétien est, en effet, si bien établi, que sa négation ruine toute certitude historique. Tissé, en quelque sorte, avec la trame de la chronique générale, sa suppression fait tomber, sur toute la ligne, les autres mailles du réseau traditionnel. Il y a plus, par un privilége unique, Les miracles de l'Évangile et des Apôtres ont eu pour historiens des témoins oculaires qui sont morts à l’appui de leur affirmation. Ces témoins étaient trop nombreux et trop divers pour s’accorder sur un mensonge si compliqué ; ils n'étaient pas surtout assez fous pour sacrifier leur vie à leur mensonge. Dans
(1) Annuaire de 1853,
Le
tous les cas, “ n auraient pas Hroivé, au lendemain de leur mensonge, douze millions de complices pour le soute- & ni jusqu’à la mort, ni les Pères de l'Église pour le défendre, | ni dix-huit siècles de la civilisation la plus avancée pour leur servir de dupe. Et ce merveilleux qui, une fois anéanti | par une critique pointilleuse dans l’histoire sacrée, se “ relève encore dans l’histoire profane: ce surnaturel, qui passe des livres du Nouveau Testament dans les annales de … de: l’Église, si bien que celle- ci, étant formée sans préparation a à miraculeuse , serait un plus grand miraclé que ceux que
è ; l'on veut nier, tout cela serait le résultat d’une fraude, constatée au siècle le plus éloigné de son origine? Nous prouverons le contraire en son lieu : pour le moment, j'atteste, contre la négation, l’ invraisemblance de ses Hs thèses.
Enfin, consultez l’histoire contemporaine : Re Le surnaturel ne se dérobe-t-il pas au grand jour des modernes découvertes, et aurait-il besoin, pour s ’accrédi-
ter, de l'obscurité des époques ignorantes ?
J'en appelle d’abord à nos procès de canonisation. Un E gentilhomme protestant, prenant communication, à Rome, des pièces justificatives de plusieurs miracles, s’écria: Si
gation des Rites, parce qu’elle ne les à pas trouvés suffi- samment établis. Après de telles prémisses, hätons-nous de dégager une conséquence : donc, notre siècle lui-même
des miracles, et à des miracles hors de toute con
__ l'Église n’en recevait jamais que d’aussi bien prouvés, nous
Er. n’aurions aucune peine à y souscrire. — Eh bien, répondit
É le prélat à qui il s’adressait, de tous ces miracles, qui vous semblent si avérés , aucun n’a été admis par la Congré- 12
| assiste à
testation, puisque la canonisation des saints est un controle si sévère des faits surnaturels, et que peu de siècles furent aussi riches en canonisations que celui-ci.
J'en appelle aux effets du culte de Marie. Transportonsnous à Lourdes et à Notre-Dame-des-Victoires, comptons ces nombreux ex-voto; de là, à Fourvière, comptons encore ; de là, à Notre-Dame-de-la-Garde, à Verdelais ; enfin, dans tous les sanctuaires de l'univers consacrés à la Mère de Dieu. Et, en présence de ces témoignages innombrables, perpétuels, d’une intervention bienfaisante et prodigieuse au profit des misères humaines, intervention si frappante que, sur la déposition de neuf cents témoins de toute région, Pie VI institua la fête de Notre-Dame-des-Miracles, on oserait dire que ceux-ci, relégués exclusivement dans la légende, n’entrent point dans l’histoire du présent ?
J'en appelle à tous les observateurs des phénomènes religieux. Qui n’a vu, parfois, certains résultats de la prière scientifiquement inexplicables? Qui n’a surpris alors la science poussée à bout se jetant dans des explications absurdes pour échapper au surnaturel? Et, cependant, ces guérisons opérées à Pibrac, au tombeau du curé d’Ars, à La Salette, en tant de pèlerinages divers, ne seraient qu’illusion de la part des uns et collusion de la part des autres ? Et tous ces remerciments qui montent de la terre vers le ciel, et tous ces secours qu’on invoque du ciel sur la terre n'auraient que l'impossible pour objet et n’exprimeraient qu’une monomanie erronée et incorrigible de l'humanité ?
Enfin, j'en appelle au merveilleux diabolique lui-même, car la médaille du surnaturel peut ètre retournée : elle marque sur ses deux faces. L'âme humaine ayant un be-
quand elle ne le hante point par la vraie révélation, s'y
__ élève par la fausse ; et notre siècle étant réfractaire à la première , en vertu d’une loi dejà énoncée, doit être plus
qu'un autre à la merci de la seconde. Je fais aux causes naturelles, non étudiées, la part qui leur revient dans cer-
taines apparences merveilleuses, mais le mensonge histo-
rique ne détruira jamais l'histoire. Or, je le demande àl'histoire, qui n’a pas de parti pris, ces tables tournantes ou 2e parlantes, ces Mediums s'exprimant dans des langues qu'ils ;
n'ont jamais apprises, ces guéridons tressaillant de joie ou
de colère sous l'impression qu’on leur communique, tout ce que l’on à raconté des convulsionnaires de Saint-Médard, sur la religion du spiritisme, sur les esprits frappeurs, sur ES
les esprits visiteurs, sur leurs manifestations physiques ou
historiques, sur les mœurs et pratiques des démons; en un
mot, tant de faits prétendus naturels, restés sans explica-
tion naturelle, tout cela ne répondrait à rien d'objectif?
Non, cela prouve à ceux qui déclarent les miracles in-
croyables que l'humanité les croit toujours, et à ceux qui
les déclarent impossibles qu'une puissance spéciale en fait sans cesse.
Ne nous écrions donc pas, avec {ant d’autres, si je voyais se un miracle, je croirais. Des miracles! L’humanité en ré
clame, et eïle n’en veut pas!
« où dit qu'un miracle convertirait quand on ne le ot « pas, répond Pascal; les raisons vues de loin paraissent « borner notre vue: mais quand on y est arrivé, on com-
« mence à voir encore au-delà; rien n’arrête la volubilité
« de l'esprit : alors on dit, il n’y a point de règle qui n’ait
« quelque exception (1). » Et c’est pourquoi Notre-Seigneur, qui faisait d'assez grands miracles pour convaincre toutes les oppositions, disait de celle des Juifs : Quand Moïse luimème ressusciterait, ils ne croiraient point. Pense-t-on que l'opposition des philosophes soit de meilleure composition ? Écoutons l’aveu de J.-J. Rousseau : « Pour rien au monde « je ne voudrais être témoin de la résurrection d’un mort ; « au lieu de me rendre crédule, j'aurais bien peur que cela « ne me rendit fou (2). » Comment triompher de ces sophistiques entêtements ? Il faut les plaindre, non chercher à les vaincre, car Dieu, respectant en nous la liberté de la contra diction, peut faire des miracles, mais il ne peut nous obliger à les confesser. Du moins, sachons alors que si nous ne croyons pas, ce n’est point parce que Dieu se cache, mais parce que, selon sa parole, nous ne sommes pas de ses brebis (3).
Supposée en nous l’intention sincère de confesser les miracles, y a-t-il possibilité de les constater ? Champ de bataille de beaucoup d’arguties anciennes et nouvelles! Toutefois, elles n’obscurciront jamais ces principes de sens commun : s’il s’agit de miracles présents, nous les devons croire sur le témoignage de nos yeux ; s’il s’agit de miracles passés, nous les devons accepter sur le témoignage de l’histoire, une fois qu’elle est reconnue pour véridique.
Et, pour cette constatation, nous avons des connaissances suffisantes. Ne prétextons pas, en effet, qu’afin d’être cer- . fain d’une dérogation aux lois de la nature, il faut connaïtre la totalité de ces lois. Il suffñt de savoir que la nature se
(1) Pensées.
(2) Lettres de la Montagne.
(3) $, Jean, 10, 25-26,
comporte d'une manière invariable dans tel ordre de faits déterminés. Si l’objection était fondée , la science ne pour- rait jamais définir un ordre général de phénomènes, tant | que l’ordre universel ne lui serait pas manifesté. Par conséquent, nous pouvons dire aux savants : Tel est votre droit de formuler une loi de la nature, tel est notre droit ma E d'affirmer la dérogation à cette loi, et autant vous êtes assurés de ne vous point tromper en disant que la mort est «à une règle commune, autant nous le sommes en disant que É la résurrection est une exception à cette règle. re L'inconnu ne saurait être appelé en témoignage contre ï ÿ le connu, et dès l'instant que vous êtes scientifiquement î certains d’une série de faits, vous l’êtes qu’elle ne sera pas ii k démentie par une autre. Si l'on répudiait vos découvertes : ei 4 sous prétexte que les constatations d'aujourd'hui peuvent Ë être démenties par celles de demain , vous répondriez que à “ ù l'éventuel ne peut rien prouver contre le démontré, et que la science à venir élèvera son édifice sans changer ses fon-
dements. S'il en est ainsi, vous êtes pris à votre propre sa- ri | gesse. C'est parce que vous êtes certains que les eaux sui- À | vent nécessairement leur pente, que nous le sommes du 28
prodige qui suspend leur cours. Parce que vous êtes cer- | A __ tains des lois de la pesanteur, nous le sommes qu’un corps ke: humain tenu en l'air, sans support, est une exception à ces
lois. Enfin, parce que vous êtes certains que les morts ne reviennent pas, nous le sommes qu ’il y a une action divine | dans la seconde vie de ceux qui reviennent. Ainsi, la science | ï = ge détruit elle-même par les arguments qu’elle emploie contre nous, et nos certitudes ont en ceci les mêmes bases
que les siennes,
Pour la constatation du miracle, nous avons encore des motifs de conviction suffisants. Étrange paradoxe, de prétendre que la certitude d’une loi de la nature primant celle de la dérogation, celle-ci ne saurait être certifiée par un témoignage suffisant. La dérogation étant dûment constatée, elle devient aussi indubitable que la loi elle-même. La nature, en effet, dépose dans le premier cas, elle dépose avec plus d'autorité dans le second ; car, que la nature physique soit modifiée au profit des âmes, c’est un miracle raisonnable ; mais que la nature morale soit bouleversée au point que l’homme cesse d’être certain même de ce qu’il voit, c’est un miracle impossible, puisqu'il implique la négation de la raison de l’homme et de celle de Dieu.
Donc, ne nous en laissons point imposer par ce tour de sophistique bien connu : « Tout Paris viendrait me dire « qu'un mort est ressuscité à Passy, je n’en croirais rien: « il est plus possible que tout Paris se trompe, qu’il ne l’est « qu’un mort ressuscite (1). » Qu'est-ce à dire, si cela dit quelque chose? Quinze cent mille témoins ayant vu, dans la même minute, Lazare au tombeau, exhalant l'infection d’un mort de quatre jours, et Lazare sortant du tombeau avec tout l'éclat d’une vie florissante, ne mériteraient point créance ? Mais si tant de Spectateurs, différents par l’éducation et par les intérêts, ont cru contempler ce qui n’était pas et toucher ce qu’ils ne touchaient pas, il y a là autant de dérogations à la nature que de témoins; et, pour rejeter le miracle d’une résurrection, on admet quinze cent mille miracles d’hallucination,
(1) Lettres de ta Montagne.
. Lei y + e ER | ASE here de Cu DU SURNATUREL,
LA
Et soyez en garde contre cette justification paradoxale du même principe : que pour croire des faits surnaturels , il faudrait en avoir des raisons surnaturelles, Sans doute,
le comment des faits surnaturels ne peut être expliqué que
par une connaissance surnaturelle, mais l'existence de ces faits tombe sous le témoignage naturel, comme tous les S événements de l’histoire. La preuve du miracle reste done suraaturelle du côté de Dieu qui opère, mais naturelle du côté de l’homme qui constate, car elle ne s'adapte que par ses aspects finis à l’esprit humain. En d’autres termes, la preuve du miracle en est l’explication par rapport à la à pensée divine ; elle n’en peut être que l'attestation par rapport à la pensée humaine. Ériger en principe que le surna- : turel ne saurait être cru sans moyen de contrôle surnaturel, et, partant, qu’il faudra sans cesse un miracle subséquent pour garantir le miracle précédent, c’est, à la fois, demander à Dieu de faire ordinairement les chosesextraordinaires, et condamner l’homme à poursuivre incessamment la vérité dans un cercle vicieux, puisqu'il vérra toujours le miracle : S- sous ses yeux, sans le pouvoir jamais appréhender dans sa
créance.
4 __ Enfin, nous avons, dans cette affirmation, des garanties
suffisantes. Quelques-uns requièrent, pour la constatation
du miracleenvisagé comme dérogation aux lois de la nature,
à la connaissance de toutes ces lois : neus avons vu qu'il
suffit de connaitre la loi à laquelle il est dérogé. Quelques
‘autres requièrent, pour la constatation du miracle pris me comme fait surnaturel, des moyens de vérification surnaturels : nous avons vu que, s’il faut une intelligence supé-
rieure à la nature pour le comprendre, il suffit du témoi-
gnage naturel pour l’attester, parce que, si la chose se passe au-dessus de la raison, le fait tombe sous les sens. Maintenant, voici de récents antagonistes qui exigent, pour arriver à la même certitude, des garanties scientifiques ; de telle sorte qu’en dehors de l’Institut de France ou du siége de ses commissions, il faudra écrire partout ce distique fameux :
a Défense à Dieu De faire miracle en ce lieu,
Oui, on veut des commissions pour inspecter les œuvres divines, et pour regarder, en quelque sorte, dans les mains de la toute-puissance si elle ne tient point, er agissant, des instruments de falsification.
Mais, d'abord, nous l'avons vu, cette commission existe à Rome. Devant elle, les plaidoiries du naturalisme contre les faits surnaturels sont écoutées ; à son tribunal, la science à ses avocats tout aussi bien que la religion; et l'Église n’admet un miracle qu'après dix ans de débats contradictoires, poursuivis devant le jury le plus consciencieux qui puisse être imaginé. Que sont, en comparaison, ces commissions scientifiques, où, quand les intérêts et les passions ne sont pas en jeu, un membre parle, deux écoutent, quatre sont absents, et tous signent de confiance, et où, quand les intérêts et les passions sont de la partie, il faut d’incroyables efforts et des siècles pour rallier quelques esprits à l'évidence? Je puis ajouter que cette commission a toujours existé. Pensez-vous qu'avant la création de l’Institut, l'humanité ne put se rendre un compte certain des miracles ? Les foules n’ont-elles pas, pour certifier les faits
Fe DU: SURNATUREL.
te, Ua même Batorité que les docteurs et les licenciés ? : Vous qui demandez des enquêtes quand on vous demande des actes de bon sens, voulez-vous savoir quelles ont été - les commissions instituées par Dieu dans le passé, afin de Fe juger de ses interventions ?
Pour les miracles de Moïse, ce fut la cour d'Égypte et i: tout le peuple juif; pour ceux d'Élie, la cour d’Achab et les prêtres de Baal; pour ceux de Daniel, la cour de Perse et les ministres de Balthasar; pour ceux de Jésus-Christ,
tout le monde moderne, qui possède mieux que des diplô-
mes en garantie de son affirmation, puisqu'il a, comme
preuve du merveilleux évangélique, les merveilles de sa
: civilisation. Après cela, pouvait-on exiger des congrès de chimistes, de physiologistes et de critiques dans des siècles É.
: où ces sciences n'existaient même pas ? Est-ce que Dieu
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devait attendre, pour faire des miracles, et le monde pour les croire, que Napoléon eût fondé les cinq académies ? Les douze Apôtres, versant leur sang pour attester qu'ils ont je vu Jésus-Christ tour à tour vivant, mort et ressuscité, et le persuadant à l’univers, n’ont-ils pas au moins l'autorité Ë de douze commissaires pensionnés par l’État ? Aussi, quand F la critique vient me dire que jusqu'ici il n’y à pas eu de miracle scientifiquement constaté, je me demande si elle < songe ou si elle raille, et, adjurant contre elle les siècles, les martyrs, les saints, le Thabor, le Calvaire , le mont des ‘Oliviers, tous les souvenirs chrétiens en un mot, je lui “réponds : La vengeance du surnaturel contre vous, C’est 5 à sa vérité historique, sans
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que vous ne pouvez attenter compromettre votre honneur scientifique.
La fameuse commission existe donc, et élle a existé telle
exe telle que le ie ose la réclamer. re messieurs
‘voudraient que le thaumaturge vint prendre leurs” ord avant de faire le miracle, alors que Dieu ne fait le mirac que pour imposer les siens? Ils prescriraient à Dieu leur : heure et leur jour ! Ils nommeraient ses juges, et ils lui assigneraient le théàtre, les conditions et les limites de son opération ! Mais si n prodige ne se fait pas chez eux, il : é n'aura point de valeur? Et s’il a l'Europe pour témoin, non | un petit congrès de savants, il ne sera point scientifique ? Et s’il obtient la foi de mille adhérents plus savants encore que les arbitres officiels auxquels on voudrait le soumettre. cela ne comptera pas ? Et si, après une première épreuve tous les arbitres ne sont pas convaincus, Dieu devra indéfiniment recommencer jusqu’à ce qu’ils soient tous renver- | és par l'évidence, sous peine, pour Dieu, de n’avoir point +3 Junanimité des voix au procès-verbal ? Et, enfin, l'huma= nité devra attendre à la porte de ce petit concile que l'on … décide de ses destinées par procuration, sans qu’elle ait 4 même le droit de vote en si capitale délibération ! En vérité, 4 je ne sais ce qui me domine, à cette idée, de la pitié ou de
la révolte ? Sommer Dieu de monter sur les tréteaux dressés par une science impie pour qu’il ait à s’exhiber devant elle, . et prostituer ainsi l'exercice de la puissance divine DE
l’amusement de l'esprit humain, ce n’est plus chercher la vérité, c’est lui insulter.
Le surnaturel à été vu, il peut être constaté : montrons qu’il peut être discerné. Il y a, dans le monde, deux con refagons du surnaturel divin, avec lesquelles il court la
inguer. première est le surnaturel prestigieux, ou la
RIT manifestation inexpliquée de certaines forces cachées de la
nature. D.
| Que les démons ester, c'est-à-dire qu’en punition du
Se plus criminel abus de la liberté qui puisse être commis , ces # “its coupables aient été à qu ‘ils ont volontairement fui, et voués au mal qu'ils ont
jamais détournés du bien
volontairement embrassé; que, non contents d’aimer le mal cils y poussent le monde, par haine de son auteur et de la ice qui les châtie; que, dégagés de la matière et agis- santavec la rapidité des esprits, ils exercent sur la création un empire supérieur à tout pouvoir naturel; que Dieu à souffre cette lutte, sans lui permettre de prévaloir, et qu'il > F- en ait fait à la fois la condition de notre moralisation , après É nous avoir armés pour notre défense, et la condition de sa
de
propre gloire, en dégageant l’ordre moral du désordre appa-
Re de
3 rent d’un tel antagonisme, c’est là un dogme à tout instant justifié par des phénomènes indéniables (1).
| Le démon peut donc opérer certaines révolutions dans la
1 nature; mais quelle sera la marque de ce supra-naturel : de faux aloi? Elle ressortira de l’application d’un principe
* bien simple : Les effets participent de la nature de la cause. Par conséquent, telle est la cause des miracles, tels sont les k ; miracles eux-mêmes, et ceux-ci sont toujours spécifiés et 3 estampillés, en quelque sorte, par la ressemblance de leur
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auteur. Donc, le démon n’imprimera jamais la beauté morale à
(1) Voyez les œuvres de M. de Muville, Des esprits, etc,
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