‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 42 sur 121 · PS ITS ET · texte numérisé non relu

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dernière exposition ; aux autres, le routinier entètement des bords du Gange et de l’Indus.

Après les prestiges de l'enfer, ceux de la science cher-

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chent aussi à capter nos suffrages, moins dans le but de se faire passer pour divins, que de faire croire que les pro- 7 dipes. divins ne le sont pas. Il est, dit-on, certaines forces inconnues de la nature qui, sollicitées par un agent spécial, produisent l'apparence du surnaturel. Ces forces discipli- : nées, classées et ramenées à un principe générique, forment cette branche spéciale des études de notre siècle, désignée sous le nom de magnétisme. D’après cette doctrine, les

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corps sont plongés dans un fluide universel par lequel ils communiquent; et ce fluide, mis en mouvement par la volonté de certains opérateurs, produit des effets insolites, soit dans les objets matériels qu’il semble animer en les chargeant de ses effluves, soit dans les organismes humains qu'il transforme quand ils servent de véhicule à sa transmission. Sur un tel énoncé, tout esprit raisonnable peut tirer sa conclusion. Cependant, faisons violence à notre sentiment moral en rapprochant l’action divine de cette prestidigitation suspecte, et que le lecteur me pardonne si, pour lui épargner des méprises, j'ose comparer le thaumaturge au magnétiseur.

Quelle différence dans l'hygiène préparatoire! Le magnétiseur est astreint au régime tonique et à la bonne chère, pour conserver la domination de l'énergie musculaire sur ses frêles patients; le thaumaturge tire de l'exténuation produite par la pénitence et des affaiblissements de la ma-

tière en lui-même la force divine de lui commander dans les autres.

Quelle différence dans les sujets de l’opération! Le magnétiseur n’agit que sur des sujets choisis, donnant prise à la Supercherie par une sorte de compérage concerté d'avance, ou sur (les sujets impressionnables donnant prise au fluide par des dispositions Cataleptiques. Le thaumaturge prend le premier malade venu, sourd où aveugle, paralytique ou lépreux, peuple ou simple individu, en lui disant : Je le Veux, soyez guéri; et son commandement est exécuté : Volo mundare.

Quelle différence dans les théâtres de l’action! Le magnétiseur a besoin d’un auditoire sympathique pour que son

£ rayonnement flui dique ne soit pas contra ce qui revient à dire qu ‘il ne convertit guère que ceux qui croient d’ avance.

Le thaumaturge fait éclater sa puissance au sommet des Montagnes, aux bords des lacs, sur les flots de la mer, sur les places publiques, et même à la face des pharisiens qui complotent sa mort, parce qu’il a pour mission, non d’amuser ses adhérents, mais de convaincre ceux qui ne croient pas.

Quelle différence dans le re de leurs procédés! Le

Magnétiseur pratique des passes somnifères et se fatigue

à dégager de lui-même une vertu physique, sujette à mille vicissitudes et à mille avortements; le thaumaturge agit en vertu d’une puissance interne, et, sans apprêts, sans excitation névralgique, sans expériences manquées, il dit d’un malade absent : C'est maintenant qu’il est guéri; et le fils du centurion se lève de son lit d’ agonie.

Enfin, quelle différence surtout dans les effets produits ! À quoi se réduisent, en définitive, les miracles du magnétisme? À quelques phénomènes de divination ou de seconde vue, dans lesquels la part de la vérité n’a jamais été clairement démêlée de celle du charlatanisme. Donc, il n’est pas possible, sans abdiquer bon sens et justice, de mettre les découvertes appelées miraclés de la science en coricurrence avec les miracles surnaturels. Qu’on dise à la physique de s’essayer à suspendre le cours du soleil, à la médecine de nourrir avec cinq pains cinq mille personnes affamées, à la chimie de guérir les aveugles avec un peu de ‘poussière délayée dans un peu de salive, enfin à la physiologie d’arrêter les morts sur le chemim du cimetière pour les res- :

susciter, et alors nous consentirons à regarder les savants I 415

comme les vrais thaumaturges de l’univers. Mais, en atten-

dant, qu’ils se résignent à adorer la puissance suprême sans prétendre rivaliser avec elle, car les savants qui visent au prodige, comme Satan lui-même, ne sont que les faussaires de l’œuvre de Dieu.

On vient de le voir, l’ordre surnaturel est en nous un accroissement de la raison par les visions de la foi, de la moralité par l’accomplissement de la loi, de la force par le secours de la gràce, du sentiment par l'espérance de l’infini; en sorte qu’il renferme les titres de noblesse et l'apologie de notre croyance. On a tout dit, en effet, contre Le naturalisme, quand on a pu dire qu’il nous diminue, tandis que la foi nous dilate, ce qui revient à cette assertion d’un contemporain : Supprimer le surnaturel, c’est décapiter l'humanité, et, au contraire, le règne du surnaturel, c’est l'agrandissement des individus et des nations dans et par le Christ.

Le Christ et son œuvre vont devenir l’objet du livre suivant. En attendant, c’est ici un devoir de conscience pour tout lecteur sérieux de s'arrêter, de s’interroger et de tout disposer pour que la nature soit digne en lui de recevoir les gloires de ce couronnement sublime, le surnaturel.

À cette fin, purifions la nature de ses égoïsmes, et faisons le bien pour mériter de voir le vrai; ce furent les aumônes et les oraisons du centurion Corneille qui lui attirèrent la salutaire visite de saint Pierre. Purifions la nature de tous ces amours-propres d'esprit et de position auxquels Dieu n'aime point à se communiquer; la porte qui conduit aux saintes révélations est basse comme l'entrée du ciel, et les

ee . » VS . ee “à ère à la re dans son âme, de cette lumière divine: a foi. joe double, tenant en même fs de la dire

7 Jean, IX; 11. à < (2) Voir le P. Félix et le P. Matignon, Du surnaturel, de la Des i M. À, Nicolas, M. l’abbé Besson, Des I iracles.

La vraie Religion surnaturelle

le Christianisme,

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