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bout : nous allons réunir ces lueurs disséminées,
en faveur des esprits incapables d'en composer E eux-mêmes le faisceau. D’autres, procédant avec
la hardiesse du génie, jetèrent des splendeurs qui tenaient plutôt de l’éclair que de la lumière pai-
sible du jour : nous substituerons, à ces éblouis- e sements accablants pour les paupières timides, les clartés sereines et égales, aimées de la majo-
rité des esprits cultivés. En un mot, les maîtres
furent des initiateurs, nous ne serons qu’un vul- garisateur, mais que Dieu soit béni du modeste
don qu’il nous a fait, si, quand un incrédule, fatigué de ses ténèbres, demandera un guide pour
le remettre sur la route, sa fille ou ses amis ont
la pensée de lui offrir ces pages. Devenir l’Ananie
d’un tel aveugle c’est bien plus et bien mieux qu’un succès d’auteur, c’est la plus belle récom-
pense que puisse envier un cœur de prêtre.
Nous osons espérer n’en être point tout à fait
frustré, car si le fond des considérations que nous allons explorer était connu, certainement leur synthèse n'existait pas. L’avons-nous édifiée d’une manière définitive? Nous n’y prétendons pas;
mais ce qui nous console, par avance, des imperfections de notre tâche, c'est qu’elle peut être
utile, même sans être irréprochable. Les bonnes preuves ont, comme les fleurs, un éclat indépen-
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dant de leur agencement; une gerbe de lumière n’a pas besoin d’être régulièrement composée pour éclairer.
La lumière, en effet, voilà le plus beau revêtement que l'esprit humain puisse donner à la vérité, surtout dans la France contemporaine, où tout le monde veut comprendre, à la condition de ne point réfléchir. C’est assez faire entendre que, sans rien ôter à la gravité de notre sujet, nous tâcherons de n’en point augmenter le poids par ces procédés germaniques consistant à obscurcir les choses sous prétexte de transcendance scientifique, et à se perdre dans les airs par un désir immodéré de s'élever. C'elui qui cache le froment, dit Ecriture, sera maudit (1). Terrible menace pour les controversistes qui enveloppent la vérité au lieu de la découvrir, parce qu’ils sont plus occupés d’étonner que de convaincre. D’ailleurs, la règle de goût est ici d'accord avec celle de la conscience : les ténèbres ne sont que l'illusion de la profondeur; il y a quelque chose de plus haut que les nuages, c’est le soleil. Moins que le commun des auteurs, nous serions excusable de lavoir oublié dans ce travail, puisque nous ne prétendons pas ouvrir des sentiers inconnus, mais
(1) Prov, 2-26,
seulement, faire un livre qui tienne lieu de beau- E coup d’autres, même sans les valoir.
Ajoutons qu’il est une qualité plus communica- # tive, plus conductrice en quelque sorte du vraique & la clarté du livre : c’est la sympathie de l’auteur. La chaleur des rayons solaires pénètre là où leur . Jumière n’arrive point. Ainsi l'amour persuade mieux que le talent. Puissions-nous répandre cette touchante explication de la vérité sur toutes les obscurités que nous ne serons pas capable d’éclai- 4 4 rer. Nous en demandons la grâce à Dieu avec un és é esprit bien justement défiant de ses forces; mais 08 aussi avec un cœur non moins certain de lui-même. Cet essai de Préparation évangélique se divise en deux ordres de preuves bien distinctes. Les premières constituent les présomptions directes en faveur de l’affirmation chrétienne; les autres, | des présomptions contre la négation opposée. Les unes et les autres ont leur autorité particulière, #8 et elles pourraient former deux ouvrages séparés : . nous avons cru les devoir rassembler, en veriu me de cette logique qui fait un même faisceau de l'exposé de la thèse et de la réponse aux objections, du côté positif et de la partie négative d’un même sujet. Au reste, ces deux catégories de preuves se rangent, sans effort, sous ce titre 4 synthétique : Bon sens de la Foi. SE
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Les preuves de l'affirmation se déduiront d’une
série de propositions menant graduellement la raison à la foi chrétienne sur les simples indications du bon sens; ces propositions dont l'énoncé peut ne pas offrir la séduction de la nouveauté, sont, néanmoins, traitées à un point de vue qui fait la plus large part aux besoins actuels des esprits.
Leur développement est, en même temps, une exposition de la controverse catholique et un résumé de la doctrine philosophique du jour. Il gravite autour de ces trois pivots : 1° la nature de l’homme appelle une religion surnaturelle; & la vraie religion surnaturelle, c’est le christianisme; 3° le vrai christianisme, c’est le catholicisme.
Une fois cette tâche accomplie, il fallait prendre l'offensive contre l'incrédulité, en établissant que si toutes les probabilités sont pour nous, elle n'en a guère pour elle. Il est aisé, en effet, de prouver, & priori, que toute incrédulité est radicalement frappée d’incompétence et dénuée d’autorité dans l’espêce, parce qu’elle résulte d’une disposition maladive de l'humanité, c’est-à-dire tantôt d’un désordre de la volonté, tantôt d’une faiblesse de Ja raison, tantôt d’une force d'esprit acquise à contre-sens, sorte de pléthore intellec-
tuelle qu’occasionnent souvent des études trop exclusives. De là, trois causes de scepticisme que nous combattons successivement dans la seconde 4 partie : 1° les influences de la passion; 2° celles de l'infirmité intellectuelle; 3° celles que j PU | ; Jerai du spécialisme HR Sans doute, ; l'incrédulité provenant de ce dernier chef rentre dans celle qu’engendre l'infirmité intellectuelle; mais, aujourd’hui, les spécialistes forment une classe si arrogante et si prépondérante parmi nos. adversaires, qu’il nous a paru utile de réduire à |
sa juste valeur leur autorité ARE en matière : de religion. \
Ajoutons simplement, et dans le sen int :
% des âmes à qui nous offrons la lumière, que la?
deuxième partie n’est pas seulement la plus opportune, elle est la moins explorée. Sans doute on trouve partout d'excellentes indications sur un 1 tel sujet, mais le tableau complet de ces points de vue apologétiques n'existe pas. Je regrette que la logique de notre plan ait rejeté à la fin ce qu'il y à de plus utile, peut- être, dans cette œuvre. Aussi nous conseillons au lecteur, qui n’aurait ni le besoin ni l'envie de nous suivre d’un bout à l’autre de notre idée, de prendre le second volume avant le premier.
Que Dieu protége, durant cet apostolat de ca-
RPC SPA Ut ERECT à, Pre
binet, une faiblesse qui serait effrayée d’ellemême si elle n’était point assistée. Il est si difficile de faire passer les âmes d’un bon argument à un acte de foi, que nous désespérerions de cette victoire, si Dieu ne mettait au service de ses défenseurs une force supérieure à la leur : la grâce qui s'impose, parfois, comme un fait souverain et presque inéluctable, à ceux-là mêmes qui ne la reconnaissent pas.
Jalonner notre route comme nous venons de le faire, c’est l’éclairer. D’après l'énoncé de notre dessein, on l’a pu constater, nous ne brisons pas le cadre où nous nous sommes circonscrit, la Préparation évangélique. Entre-t-il dans les desseins de la Providence que nous passions, un jour, de ces rudiments apologétiques à l’enseignement plus élevé que saint Augustin nomme Demonstration évangélique? Après avoir exposé cet aspect extérieur de notre religion, le Bon sens de la Foi, en donnerons-nous Jamais le plan intérieur dans un travail complémentaire et plus à fond, la Raison de la Foi? c’est la le secret de Dieu, plutôt que le nôtre.
En visitant les bords du Rhm, nous avons vu, jadis, des hommes de peine occupés à dégager de constructions parasites la splendide cathédrale de Cologne, et nous sentions une gratitude indicible
pour ces modestes travailleurs ; car, plus le monument se dépouillait de son voile, plus il paraissait sublime. Voilà l’image de l’'humble tâche que nous allons remplir autour du sanctuaire de notre vérité. Aujourd’hui nous déblayons les abords de la Basilique, peut-être montrerons-nous plus tard les magnificences de son enceinte.
; La nature de l'homme demande.
see religion surnaturelle.