ET LES CUL TES DE L'ORIENT QU’ON LUI OPPOSE
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“ciale de Dieu. Laissons de côté les fondateurs pour le mo -
4 D soit dans la réalisation pratique soit ie la
onfession, soit dans la propagation de leur vérité.
C'est un vrai miracle du christianisme que la vie des | grands chrétiens, abstraction faite de tout point de vue 4 D Quand les martyrs ne seraient qu’une nuée de témoins volontaires qui ont souffert la mort, sans la donner et sans haïr ceux qui là leur donnaient; quand les vierges
; ne seraient que les garde-malades et les institutrices des 3 pauvres; quand les fondateurs d'ordre ne seraient que les pères dune postérité bienfaisante pour le genre humain;
- quand les pontifes ne seraient que les chefs de la tribu la - plus pure qui ait jamais instruit et moralisé les hommes ; quand les docteurs ne seraient que les éclaireurs las plus s sûrs qui aient jamais marché à la tête de l'humanité ; enfin, È a quand la sainteté ne serait que l'idéal de l'empire sur soi et du sacrifice à Dieu et au prochain, la religion mériterait | certainement d’être proclamée la meilleure école de vertu que le monde ait connue. J'ajoute que tout moraliste atten- . tif à ce spectacle pourra et devra aisément conclure que la L. nature ne monte pas à ces sommets sans un appui plus haut . qu'’elle-même ; et que si la vie des grands hommes de Plu- tarque révèle des sages, celle des grands modèles du chris-
tianisme atteste des ouvrages divins.
Notre Dieu, en effet, étant essentiellement parfait, doit imprimer aux vertus qu’il inspire les caractères de sa ressemblance, et, par là, défier le succès des contrefaçons. Au
contraire, dès l’instant que la nature, excitée par un faux
type de la divinité, veut imiter nos sacrifices , elle les défigure, et le même effort qui produit les saints dans la vérité: engendre les monstres dans l'erreur. Les grands ascètes du bouddhisme en sont la preuve.
Qu'ont-ils fait de la contemplation ? Une sorte d’annihilation. Le Dieu que nous méditons étant un acte pur dans son essence et un amour immolé sur la croix, à peine descendus de notre prière dans la vie réelle, nous courons à l’immolation pratique, d'autant plus utiles à la terre que nous sommes plus épris du ciel. Le bouddhiste, au contraire, adorant l'être indéterminé, éternellement immobile, que deviendra la perfection sous l'empire de cette divinité inerte? Rien: autre chose que l’inertie ! Quand l'âme maladive des Indous s’est perdue dans cet océan inanimé de l'existence, elle végète plus qu'elle ne vit, suspendue par un balancement idiotique au-dessus de l'humanité. Notre sainteté, à nous, c'est l’action fécondée par l'oraison, la leur, c’est la stérilité du rêve ; la nôtre, c'est le labeur, la leur, c’est un sommeil cataleptique ; la nôtre est un surcroit de vie, la leur est une mort anticipée. Quiconque veut devenir un samanéen parfait, disent les textes inspirés , doit se rendre semblable à un homme à qui l’on aurait coupé les quatre membres. Sans doute, de ce quiétisme visionnaire, il pourra sortir des légions de bonzes et de solitaires hallucinés, pétrifications vivantes de leur loi: mais il n’en sortira pas un Vincent de Paul.
Que ces saints ne se présentent donc jamais à la canoni= sation de Rome, car Rome n’admet pas les saints qui ne l'ont été que pour eux-mêmes, La Chartreuse et le Carmel, tous Les déserts de la contemplation chrétienne, sont peuplés
de cœurs qui battent pour le Bite du monde; la religieuse cloitrée elle-même fait à la misère humaine la plus sublime des aumônes, celle de sa prière; sainte Thérèse rivalise de À prosélytisme avec saint François-Xavier ; en un mot, il ny. a point de sainteté parmi nous sans amour. Mais l'effort de l'Indou passant sa vie à noyer son moi dans le moi univer-
sel, c'est l'acte d’un égoïsme titanesque et fou, non un
‘à exemple moral. Et, cependant, Combien de savants persi-
| flent les pieux fainéants de nos cloitres, et se déclarent
édifiés par les ascètes oisifs qui rançonnent les passants sur
les grands chemins du Japon et de l'empire Birman ! Qu'y a-t-il donc dans les vertus de ces derniers qui ne soit la parodie des nôtres ? Remarquez des contrastes que … des voyageurs distraits ne remarquent pas. Le Christ a mis a charité, non-seulement dans quelques individus, mais 3 dans les mœurs publiques, et cela non pas en la stimulant par l'attrait du gain, mais en lui donnant la pauvreté pour compagne. Les moines mendiants de Fao et de Xa-ka échangent les plaisirs des sens contre celui de la fortune, ; ét sont purs comme chez nous certains êtres méprisables
ed bé 3 t -
. enseigne uné mortification suffisante pour que l’âme cons serve sa suprématie, ce qui n’est que surnaturel ; les bonzes
| exagèrent la pénitence jusqu’à l’ostentation volontaire, ce î qui est antinaturel. Enfin, notre Maître nous ordonne de ï cacher nos jeûnes de peur qu’ils ne cherchent des encoura- | gements dans l’admiration des hommes ; les Négotès et les Foquéxus étalent leurs austérités en place publique pour s’attirer des applaudissements, semblables à ces mendiants
; qui avivent leurs blessures et les exposent aux foires pour
sont débauchés, pour l’argent qui leur en revient. Le Christ
| toutes choses, un sa qui constitue l'exactitude de 1 ; proportion, partant, le chef-d'œuvre ; et ce point n'ayant 1 je été trouvé que dans le christianisme, n’y a-t-il pas à | Jieu de considérer ses vertus comme un criterium de sa
. vérité? ;
# nl est un miracle de l’ordre moral aussi étonnant que
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notre manière de pratiquer, c’est notre manière de con=
… fesser notre foi. Douze millions de martyrs de tout sexe, de joie culture re HeSRril de tous PAYS ; mourant dans des” L
fesser une croyance qu’ils auraient pu échanger contre La
vie, et, parfois, contre la gloire, c'est là un témoignage “#
que nulle fausse religion ne peut reproduire. Napoléon traduisait l'impression que son esprit en recevait par ces
mots frappés de son empreinte: « Partout les chrétiens Eee succombent et partout ce sont eux qui triomphent! » Belle … parole et belle preuve à la fois, car il n'appartient qu'aux … choses immortelles de se retremper ainsi dans la mort. Sans doute, les fausses religions ont eu leurs martyrs, mais qu’on les compare aux nôtres sous le rapport du nombre : c’est à peine si les premiers comptent, et c’est à peine si on peut compter les seconds. Qu'on les compare sous le rapport de l'attitude : les premiers sont morts sou= vent avec les mains souillées de sang, parce qu'ils ont ;
He : re | tâche de de la mort en la recevant ; les seconds ont
incliné la tête et ployé les genoux avant de recevoir le der-
nier coup. Les premiers ont succombé dans la haine, Dieu
nè permettant pas à l'erreur la contrefaçon de la charité;
les autres ont aimé jusqu'au dernier soupir, Eros
. donnant au sien cinquante pièces d’or en signe de remer-
Ya
: Dire : :
J. de Britto embrassant son bourreau, et saint Cyprien {
È ciment. Enfin, les premiers ont offensé la raison en visant
au sublime, les seconds ont triomphé de la raison par Vas-
__qw . p itieux : is reg plutô pô-
tres et ces disciples donnant leur sang pour affirmer qu'ils ;
ont vu le Christ ressuscité ; et dites-moi s’il y a possibilité
de refuser sa créance, je ne dis pas à des FHuses Capa=
bles de produire des visionnaires, mais à des faits dont les témoins oculaires se laissent égorger.
‘Enfin, = ae miracle et dernier criterium de l’ordre . moral propre à la vraie religion : sa propagation, Quelle immense entreprise réalisée ! Avec douze pêcheurs, sans lettres , sans fortune, sans influence, qui n’ont à promettre que la honte, la prison et parfois la mort à leurs adhérents, inaugurer, à la place d’un culte caressant pour les passions, la mortification de la chair, la béatitude de la pauvreté, l'amour des ennemis, le mépris de soi-même, le pardon des injures, et placer sur les autels de l'univers un crucifié qui, naguère, perdit l'honneur avec la vie | Et ce but, si étonnant, l’atteindre malgré le préjugé populaire qui protége les anciennes divinités, malgré la politique qui
- cendant du sublime. Aussi, ne me parlez pas de ces Indiens quise font broyer sous les chars de leur dieu : ce n’est là
les déand, malgré la corruption qui les aime, malgré F2 philosophie qui plaide leur cause, malgré le paganisme et. la synagogue qui unissent leurs oppositions, malgré les ; anciens sacerdoces qui se scandalisent, enfin, malgré les empereurs qui lancent des édits sanguinaires, ah! conve= nons que c’est là un prodige bien capable de faire penser ‘4 ceux qui n’en admettent point ! Et, cependant, ce prodige a été fait, Tandis que la création obéit à la loi du dévelop= … pement successif, et que Dieu met un demi-siècle pour la à : formation d’un homme, en moins de cent ans il avait formé sa catholicité, Depuis la haute Asie jusqu'au fond des Se Gaules, les villages et les champs, dit Pline le Jeune, : étaient envahis par la contagion chrétienne, et Jésus se | trouvait, au lendemain de sa mort, le premier potentat de 4 l'univers : Non civitales tantum , sed vicos et agros, christian superstitionis contagio pervagata est.
Y a-t-il, dans le passé du bouddhisme, un tour de force de sa puissance prosélytique égal à celui-là ? Non, et GE tons que les conquêtes du christianisme durent encore, car 4 seul il maintient, à travers les siècles, la propagation de … sa foi, Quelle amère dérision de lui comparer ce paganisme ] indien, éclos, comme une végétation naturelle, sur le sol 3 qu’il occupe, et qui n'a jamais pu s'étendre au delà ! Religion borne, subsistant sous la garde des gouvernements et Re de l’anesthésie qu’elle provoque, et qui semble ne conserver : | ses adeptes qu’en les endormant pour les empêcher de changer de place. Sans doute, ce culte est ancien, mais, son ancienneté, qu’est-eile autre chose que la caducité, puisque depuis trois mille ans elle n’a pas fait un pas en #4 avant? Sans doute, il est très-répandu, mais depuis long-
ps sa force convertissante est épuisée; se n'a que te
tempérament indo- chinois, et il ne peut se naturaliser
ailleurs, parce qu'il est le délire d’une race, non la religion
de l'humanité. 5e
. Peum ’importe donc qu il embrasse un plus grand nombre
s ‘d’àmes que le christianisme, cela revient à dire que les deux
4 tiers de l'humanité sont encore idolâtres, ce qui est peu
nouveau. Mais l’universalité de la vérité ne consiste pas à
: posséder la plus grande partie du monde, Dieu ne pouvant =
dépendre de la majorité des voix; elle consiste dans son ubi-
Ë quité sur toutes les parties du monde et dans son aptitude i à
3 y vivre et fleurir. La vitalité d’un organisme est bien moins dans l’ampleur de ses formes que dans la puissance de son
souffle, Aussi, le colosse presque éteint du polythéisme
indien n’a rien de menaçant pour nous. Parqué derrière les |
montagnes de la haute Asie, il reste arrêtéaux portes dela
È civilisation européenne sans pouvoir ni pénétrer chez elle, à ni la laisser pénétrer chez lui. Qui se préoccupe aujourd’hui des périls d’une invasion d'idées chinoises ou indiennes? Non, non, le Christ n’a point à pleurer comme Charlemagne déjà vieux, parce que l’on voit paraitre à l'horizon de son empire des vaisseaux destinés à le dévaster. Le saint François-Xavier du bouddhisme n’est point en chemin, ses théologiens ne sont pas encore prêts à comparaître en Sorbonne pour imposer silence à Bossuet; enfin, l'Europe ne songe Fa | nullement à convertir ses églises en pagodes, ni à délaisser . Jésus pour Cakiamouni. Le Christ, au contraire, que fait-il pendant que l’immobilisme indien ne fait plus rien? Il est conquérant sur les terres de Brahma et du lamaïsme. Porté, tantôt par le verbe de l’apostolat, tantôt par l'influence de
he did dde ne ss dieux | sur # se les rivages baignés par les mers des Indes: et je crois à cet avenir, hon-seulement parce que ma foi m'y incline, mais * parce que toutes les évidences de l’histoire le promettent à ma vérité.
Pour ceux qui lisent, je viens d'exposer une thèse utile, Car bon nombre de publicistes, qui ont la prétention de pas- 4 ser en revue les deux mondes, à chacun de leurs articles , 12 écrivent sur ce point, avec des airs perfidement réservés, | des énormités dangereuses, à propos de vieilles erreurs qui F4. le sont très-peu. Qui croirait, par exemple, qu’un de ces … révélateurs à osé charger son honneur philosophique de la responsabilité de cette phrase : La doctrine des vichnuvites dépasse de Loin la théologie chrétienne. Pitoyable conclusion , £ si on connaît la théologie chrétienne, et pitoyable procédé, 2 si on ne la connaît pas. Laissons ces assertions coupables aux prises avec la raison indignée de la er euro- ra En éeuno.
Pour ceux qui ne lisent pas, ce chapitre paraîtra de in $ huit siècles en retard. Eh quoi! pourront-ils nous dire, vous traitez le bouddhisme ainsi qu'une sorte d'église rivale de la véritable? Mais le bouddhisme, comme le fétichigines
: comme le culte des astres, comme le autres nuances dela mème erreur, c’est l’idolàtrie ; renvoyez donc vos adver- Saires à l'Apologétique de Tertullien et à la Somme contre les Gentils, mais ne prenez point la peine de frapper ceux qui se croient des initiateurs et qui ne sont que des revenants. Les auteurs de ce raisonnement ont le tort de ne pas com-