ET LES AUTRES FONDATEURS DE RÉLIGION
- ples de l'Orient, quand leur civilisation renaîtra. En Europe, :
si le monde, par bien des courants, retourne au paganisme, on peut dire qu'il remonte par beaucoup d’autres à Jésus- Christ. En dépit de tous les antagonismes, en effet, Jésus- Christ conserve l'univers pour territoire, et l'élite du genre humain pour population. Aussi, ne nous en laissons pas imposer par quelques blasphématéurs de France ct d’Allemagne faisant opposition à cet incommensurable suffrage; s’ils le couvrent de leur voix, à certaines heures, ce n’est point parce qu'ils le dominent, mais parce que cent hommes qui parlent font plus de bruit que trois cent millions qui dédaignent de parler.
Et ce qui ajoute à ce prodige de la perpétuelle vie de Jésus, c’est que toutes les religions fausses s’attachent, comme des plantes grimpantes, à la puissance temporelle pour être soutenues, et se sont faites servantes pour subsister. Seul, le Christ à fondé l’empire essentiellement spi
rituel, et il le maintient sans les rois, souvent même
malgré eux. S'ils lui offrent leur bras à titre de respectueux appui, il l’accepte ; s’ils le lui refusent, il s’en passe; s’ils le retournent contre lui, il reçoit leurs coups, mais il fait son chemin quand même, et il n’est point de potentat, cependant, qui ait son trône et sa vie plus assurés que Jésus-Christ !
Sa vie est un des phénomènes les plus ineffaçables et les plus indestructibles. Que faudrait-il pour anéantir la mémoire des immortels ordinaires ? À peine l'incendie de quelques volumes et le renversement de quelques statues. Mais Jésus-Christ s’est incarné dans toute la civilisation moderne. Qu’on le frappe dans les croyances , il vivra dans
-les mœurs. Qu'on l’expulse de ses temples, il restera dans notre histoire, il respirera dans notre législation, il règnera dans nos habitudes, il palpitera dans nos vertus; il est en. nous, il est hors de nous, et il est impossible de le suppri= mer sans promener la charrue sur un monde qui s’est façonné à sa parole et imprégné de ses souvenirs. En un mot, enlevez, du sein de l'humanité, Jésus-Christ avec la série de patriarches, de prophètes et d'événements figuratifs qui le précèdent, avec le cortége de saints, de vertus et de transformations sociales qui le suivent, vous ouvrez une sorte d’hiatus dans l’histoire et dans le monde moral devant lequel la raison recule effrayée.
La vie inextinguible de Jésus parmi les hommes fait, non-seulement un crime, mais une folie de toutes ces œuvres d’érudition malfaisante et suspecte, destinées à nous ravir notre Christ, sous prétexte de découvertes historiques. Ces explorateurs n'ont rien découvert que l'Eglise nait connu avant eux, et à quoi elle n’ait répondu: rien découvert, surtout, qui puisse prévaloir contre cette immense présomption : Jésus-Christ est depuis dix-huit cents ans en possession des adorations de l’univers civilisé, et quelques rêveurs du jour auraient la prétention de le mieux connaître que les douze Apôtres qui lui ont donné leur sang? Et, avec quelques subtilités philologiques et quelques suppositions gratuites, ils auraient le droit de renverser le témoignage des évangélistes , la déposition des martyrs, les démonstrations des docteurs, l'autorité des conciles et des saints, et l'unanimité de tant de siècles engagés dans notre acte de foi? Qu'ils ne se bercent pas de ce présomptueux espoir : il n’y a rien de changé dans les
ons du monde chrétien, depuis le concile de Nicée, des évèques mutilés pour la foi se bouchaient les oreilles
. des Pères qui avaient déclaré la Mère de Jésus Mère de Dieu. Aussi, entre le Dieu fait homme et ceux qui ne croient É qu’à leurs propres conceptions, le bon sens ne saurait
Es. il se retourne plus aimant vers son Christ en lui disant: 2 Seigneur, à qui irions-nous après vous (1)? LE > ; Voilà donc deux vies en Jésus-Christ, l’une avant son berceau, l’autre au-delà de son tombeau, qui lui sont uni- 3 quement propres. Que conclure de cette destinée si excep- 2 tionnelle ? ? Que Jésus-Christ est le seul mortel toujours
| vivant sur la terre. Une telle prérogative dépasse par trop de points la grandeur de l’homme pour n’être point surhu-
# | maine. L'Église chante donc une véritable apologie quand
elle accompagne le nom de Jésus de cet éloge qu’un Dieu
| 1 seul peut mériter : Vous qui vivez et régnez dans les siècles
È à des siècles !