‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 61 sur 121 · ET TS · texte numérisé non relu

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dépeuple, et l’homme tend à la domination égoïste dans un désert. Et, après avoir veillé sur les sources de la vie, comme le christianisme garde les nouveau-nés, même

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quand leur mère ne les garde point ! C’est lui qui a fait de l'enfant, trop souvent méprisable à la politique et onéreux à la cupidité, un être touchant et sacré. Tel qui lui insulte, a-t-on dit, lui doit peut-être l'existence. Qui sait si, sans cette religion d'amour, des parents dénaturés ne l’eussent point, à sa naissance, précipité dans le courant d’un fleuve, comme font les Indiens, ou exposé, la nuit, sur la voie publique, pour être enlevé au matin, dans le tombereau d’immondices, comme cela se pratique dans d’autres contrées ? Le baptême a sauvé plus d'enfants, dans les régions chrétiennes, que la guerre n’y fait de victimes (1). Sans compter que la guerre elle-même a perdu de sa barbarie sous l’influence de Jésus-Christ, parce qu’il a refréné, avec les passions qui empêchent l'humanité de naitre, les ambitions qui la jettent en coupes réglées dans les bras de la mort,

Et ce ne sont pas là tous ses bienfaits envers la société

domestique. Il imprime son image sur le front de la paternité, et il fait du respect et de l'amour qui en descendent un sentiment divin. Il consacre nos mères par le souvenir et par le reflet de la sienne, et il leur assure dans la famille une royauté tendre, composée du prestige même de leur faiblesse et de leurs larmes. En Polynésie, il étend sa main tutélaire sur de vieux parents ‘qu’allait égorger la pitié cruelle de leurs enfants, pour les délivrer des infirmités de la vieillesse. Dans l'extrême Orient, il conserve à leurs

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(1) Essai sur l'Indifférence.

nourrissons des mères veuves, condamnées par une législai:

tion atroce, à être brûlées avec le cadavre de leurs époux. Il à fait disparaître de nos maisons cet auxiliaire dégradé, qui avait perdu même la propriété de sa vie, l’esclave, et il

l’a remplacé par le serviteur volontaire, en apprenant aux

serviteurs et aux maîtres que leurs àmes ont été payées du même prix sur la croix. Enfin, après avoir enveloppé tous les vivants de la famille de ses sollicitudes, le Christ a fait encore un Culte particulier de la piété pour les morts, et il leur garantit, non-seulement un souvenir, comme toutes les autres religions, mais encore le viatique de nos prières durant la séparation, ménageant ainsi aux présents et aux absents d’un même foyer des embrassements de cœur jusque dans les tombes. :

O Jésus-Christ! Ô mon Maître! Ô mon Dieu! c’est vous 4

qui présidez à nos unions pour en assurer les félicités trop instables ; c'est vous qui veillez sur nos héritages pour les garder. Nous vous devons notre famille, nous vous devons nos patrimoines, nous vous devons nos vertus, nous vous devons tout, excepté nos malheurs et nos péchés. Pardondez à ceux qui veulent vous renvoyer, et ne leur infligez jamais le châtiment de les exaucer.

Point de Christ, point de société civilisée. Ceci soit dit en réponse à cette école, plus naïve encore que politique, affectant d'expliquer le monde chrétien sans le christianisme,

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