‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 63 sur 121 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LE £ É : SE É: ; 5 5 . . ï Effets individuels réservés à la vraie religion.

. La Après avoir démontré, directement, la divinité de Jésus,

F ous l'avons fait ressortir de l’action divine qu ’elle exerce sur ces trois institutions qui sont les colonnes de l'ordre : la propriété, la famille, la société. Une fois Jésus-Christ supprimé, la propriété est sans droit inviola= e, la famille sans lien indissoluble, la société sans véritacivilisation, et le progrès, mutilé de tous les développe- \

Mais, si nous passons de la société à l'individu, des hom-

es à l’homme tel que la révélation chrétienne l’a formé, ne réalité et le travail dune cause nn dEoE ans doute, chaque religion obtient des sacrifices de ses adhérents, et toute dogmatique engendre une moralité correspondante; mais n’y a-t-il pas, entre la moralité produite par le chris- 1 3 tianisme et celle qui naît des fausses religions, la différence NE si divin à ce qi ne as . Sans ne ne culte

quefois, des privations douloureuses ; mais ne reste-il pas toujours, entre ses observances et les vertus chrétiennes, la distance qui sépare un stoïcisme plus ou moins superstitieux de la sanctification vraiment surnaturelle?

Moins que les fausses religions, la fausse philosophie a le « droit de le nier. Ne pouvant fonder la morale sur les croyan- ces qu'elle renie, elle essaye de la faire reposer sur l'amour naturel du devoir. Pour résoudre une difficulté, elle en a créé deux. Le devoir est malaisé à déterminer, plus malaisé à pratiquer. Il faut la lumière pour le connaitre, il faut l'énergie pour le réaliser, et s’il y a une vertu évidemment divine, dans le christianisme, c’est celle qui élève la volonté

humaine jusqu’à l’héroïsme de la sainteté. D’une part,ila

reculé les limites de la conscience en lui suggérant des déli= catesses inconnues ; de l’autre, il a étendu l'influence de 12 conscience en la rendant capable de sacrifices jusqu'alors impossibles ; et, par là, il a exhibé un témoignage de sa suprême vérité non moins éclatant que ses prodiges matériels, je veux parler de ses vertus. Bossuet a pu dire en ce sens : La foi soutient les mœurs, et les mœurs prouvent la foi.

Oui, l'Évangile a fait une œuvre de puissance divine en nous restituant l'empire sur cet ennemi dont les tyrannies font tant de victimes, la passion. La passion n’est pas seulement, pour nous, l’empoisonnement du bonheur, elle en est l'illusion ; de telle sorte que, renfermant des douleurs et un mensonge, sa plus grande cruauté est moins de nous ravir la félicité, que de nous la ravir en la promettant. Qui pourrait dire ce que les passions ont fait, depuis le paradis ter-

estre, contre le repos de l'humanité | En individualisant la

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question, et en la transportant du drame complexe de l’histoire universelle dans sa conscience, l’homme est effrayé du temps que les passions lui prirent, des ennemis qu’elles lui donnèrent , de la ruine qu’elles entraînent, des remords qui les accompagnent et de la honte qui les flétrit. Rien n’égale amertume de ne pouvoir contempler un front pur sans rougir, assister à la prière de ses petits enfants sans s’accu= ser, entendre une cloche d’agonie sans trembler, entrer dans son àme sans se mépriser. Comme elle est terrible cette économie vengeresse qui fait de la passion, considérée dans ses ivresses, un éblouissement fugitif, une apoplexie de cinq minutes, comme disait Chamfort, et de la passion, considérée dans ses suites, un malheur qui peut durer jusqu’audelà de la vie!

Mais, parmi tous les malheurs de la passion ici-bas, aucun n’est comparable à la tyrannie avec laquelle elle s’impose. Affreux supplice que celui de faire le mal, en visant au bien et en se maudissant soi-même ; car il est, au fond des àmes, jout un royaume intérieur qui, semblable aux pays en révolution, souffre d’inexprimables angoisses quand il n’est pas >ouverné ?

Cela posé, où est le vraigouvernement pour la conscience, sans influences chrétiennes? Les faits ont répondu. Avant jue la conscience eût été corroborée par la force chrétienne, e dernier mot de la misère morale sur elle-même était ce ri désespéré du poëte : Je désire le bien, et je fais le mal. \ujourd’hui, encore, en dehors du christianisme, on légi ime certains vices, afin de n'avoir pas à les combattre, et 'n nie la partie héroïque du devoir, afin de n’être point ccusé de le trahir. C’est que, .pour triompher de cette puis-

sance désordonnée et presque fatale qui se nomme la passion," il ne suffit pas des leviers plus ou moins efficaces de lan morale indépendante ; il faut, dans la volonté humaine, un accroissement surhumain. En d’autres termes, pour égaler le pouvoir de nos vertueuses résistances à celui de no

entraînements pervers, il a fallu rétablir en nous des équilibres perdus; or, seul, Celui qui créa l’homme est capable de le restaurer ainsi. Le miracle d’une telle réparation va nous apparaître vraiment divin dans la réponse à ces ques-" tions doctrinales ; 1° Quel est le moteur de la moralité chré- à

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